Archive pourmai, 2007

Dialogues de bêtes

Peut-on vraiment apprécier « Dialogues de Bêtes » si l’on ne possède pas un bouledogue ? Peut-on vraiment apprécier « Dialogues de Bêtes » si l’on n’a jamais possédé de chat ? Et lire cet ouvrage quand on a un bouledogue est-il dangereux pour l’intégrité d’un raisonnement qui se voulait non anthropomorphique ? Telles sont les questions que je me suis posées au fil de ma lecture de ce célèbre ouvrage de Colette. 

 

Bien que j’en connaisse l’histoire, je n’ai réellement découvert ce titre que récemment, en recherchant des livres audio pour mes grands-parents. Parmi les nombreux livres retranscrits, se trouvait Dialogues de bêtes, et l’envie m’a soudain prise de me l’offrir pour l’écouter sur mon lecteur MP3 durant mes trajets maison-boulot. Je lis toujours avec délectation dans le train, cette petite demi-heure de perte totale des repères, mal réveillée, secouée doucement par les mouvements saccadés du wagon. A la descente gare Saint-Lazare, je chausse mes écouteurs, enclenche un opéra (en ce moment
La Traviata avec Montserra CABALLE en sublime Violetta) pour marcher d’un bon pas jusqu’au bureau et y parvenir finalement bien dans ma tête, prête à affronter ma journée. Et puis, cette fois-ci, l’idée que l’on me conte une histoire, que l’oubli soit total, m’a poussée à tenter le livre audio. J’ai pensé que Dialogues de Bêtes serait une œuvre idéale, fraîche et joyeuse, que je souhaitais lire depuis longtemps, mais qui par la faute de mille et un autres livres alléchants ne trouvait pas sa place dans ma bibliothèque. Mais je m’égare ! Pour faire plus court, à la suite de l’audition de ces extraits, toute séduite que j’étais, ce volume devait absolument faire son entrée dans ma modeste culture littéraire.

 

C’est donc chose faite. L’écriture est légère mais sophistiquée, un régal ! Et ce régal est amplifié par mon état de propriétaire de bouledogue français (dois-je rappeler que l’un de ces deux héros est Tobby-Chien, bouledogue Français bringé ?). D’où mon inquiétante lubie, comme écrit plus haut, ce livre est-il dangereux pour la santé mentale des propriétaires de bouledogues ? La description parfaite de ce chien qui n’en est pas vraiment un, de ses postures, de ce caractère unique et propre à cette drôle de race, ajoutée aux dialogues qu’il tient avec Kiki-La-Doucette (chat angora paré de toute l’attitude précieuse du félin), ont eu un effet désastreux sur ma personne. Avez-vous déjà vu la palette d’expressions que le faciès d’un bouledogue possède ? Il est déjà si difficile de ne pas leur prêter une psychologie humaine, mais je m’y étais tenue, point d’anthropomorphisme m’étais-je jurée! Et bien, pour le coup, grâce à Colette, je frise la gagatitude, mais une gagatitude bienheureuse que je souhaite à chacun.

A ces messieurs de la Police

En consultant les statistiques de mon blog hier soir, j’eus la surprise d’y voir que mon article sur la photographie Officielle de Monsieur Sarkozy avait été consulté par une petite trentaine de personnes venant toutes d’un forum de policiers. La surprise passée, je dois reconnaître un plaisir amusé face à ces nouveaux lecteurs. Jamais je n’aurais pensé voir soudain une catégorie professionnelle devenir ma majorité de lecteurs ne serait-ce que sur un article. Je me suis donc empressée de rédiger cette nouvelle bafouille afin de vous remercier de votre visite. Oui, oui, c’est à vous que je m’adresse messieurs et sans doute aussi mesdames (parité oblige), vous qui êtes passés et vous êtes arrêtés sur mon modeste blog et ma modeste petite diatribe sur ce cliché. Une petite déception tout de même, pas un d’entre vous ne me laissa un petit commentaire qui m’eut permis non seulement d’assouvir ma curiosité quant à votre opinion sur le sujet (et oui, j’appartiens à la moitié féminine de notre population par nature curieuse comme une fouine)  mais également d’enrichir le débat déjà bien entamé. Allez, à votre prochain passage, n’hésitez pas, faites-vous plaisir et ouvrez-vous à moi !

Wistitiiiiiiii!

La voilà, elle est diffusée, la photographie Officielle de notre nouveau Président. A sa vue hier un rire de cruche m’a secoué les côtes.

 

Quel choix étrange que ce photographe spécialisé dans le cliché des célébrités glamour. Bon, encore sur ce point j’avoue ne pas m’étonner, cela reste dans la droite ligne d’une politique différente et américanisée. Pour le lieu, point d’étonnement non plus, la bibliothèque fut le choix de plusieurs Présidents, bien droits (Pompidou) pour asseoir une image de toute puissance, confortablement assis un livre à la main (Mitterrand) pour symboliser l’intelligence  sereine. Mais quel choix étrange que ce photographe a fait ! Cette vue de trois-quarts en contre-plongée devant la bibliothèque et les drapeaux Français et Européen n’est franchement pas saillante ! Le personnage est mangé par le décor dans un déséquilibre provoqué par le meuble, dont la séparation étagères/coffrage se trouve à mi-torse et par les drapeaux qui semblent coupés grossièrement par un cadrage indécis. Et ce livre tourné de face au niveau de la tête du modèle est troublant ! Est-il placé à dessein, afin que le visage se découpe ? Ou encore pour que l’image subliminale de sa dorure, un (presque) cœur  entre insidieusement dans mon cervelet ? Et ce sourire, mi-figue, mi-raisin, un sourcil relevé, un autre presque froncé, comme s’il n’avait su choisir l’expression adéquate?

Il résulte de tout ce décor et du plan choisi une impression de petit bonhomme engoncé dans son costume, perdu au milieu d’une immense bibliothèque, et face à de trop grands drapeaux. Il semble s’être arrêté un tout petit instant en plein élan, laissant une ou deux secondes à l’artiste pour prendre son cliché. J’ignore quel effet était escompté, quelle symbolique, mais je suis certaine que ce n’était pas celui qui fut produit sur ma personne. A savoir une série de questions telles que ; parviendra-t-il à lire tous ces livres ou en a-t-il trop pris ? Parviendra-t-il à se saisir des ouvrages qu’il a placés au plus haut de cette bibliothèque Présidentielle ? Et si le vent se lève, si la tempête souffle, ne va-t-il pas disparaître derrière ces deux titanesques drapeaux ?

Je déclare le Festival de Cannes ouvert!

Zapping intensif hier. Le Festival de Cannes est lancé ! Le tapis rouge est en place, les photographes sont derrière les cordes, les flashes crépitent à l’arrivée des premiers acteurs. Elle porte une robe champagne, les deux blondinettes l’accompagnant sont vêtues de robes noires, toutes les trois laissent apparaître leurs jambes jusqu’aux genoux, offrant leur féminité sans vulgarité, elles se prêtent à la pose. Les deux jeunes éphèbes ont opté pour un costume simple et efficace, du noir et du blanc. La montée des marches semble naturelle. La porte du Palais de l’Elysée est grande ouverte. Ce sont certes de nouveaux acteurs, certes ils montent les marches sous les cris des photographes dans des tenues de gala mais ce n’est pas le Festival de Cannes ! C’est l’investiture de Monsieur Sarkozy ! Ah bah voilà, je me suis faite avoir, on m’a bien eue !

 

Je continue cependant de visionner ces images, hallucinée par le défilé qui laisse apercevoir de véritables groupies dans un état de transe digne du concert d’un groupe de rock pré pubère hurlant « Nicolaaaaaaaaaaaaaas ! On t’aiiiiiiiiiiime !!! », les photographes qui se vautrent lamentablement dans leur tentative de suivre la course du chanteur à minettes saluant ses fans ! C’est indéniable, la politique a changé…

 

Surfant sur cette pensée de changement, je pense à ces enfants ou ados qui vont courir dans les couloirs de l’Elysée. Je m’interroge bassement sur l’agencement des chambres, la déco. N’est-ce pas la première fois de ma courte vie qu’un Président emménage avec toute une famille à l’Elysée ? Ca va être un sacré bordel là-dedans ! Pourront-ils faire des « surprise parties » avec leurs camarades de classe lors des anniversaires ? Prendre leur première cuite et vomir dans les jardins présidentiels ? Fumer leurs premiers joints en douce dans un des couloirs ? Pour sûr, ça va swinguer au Palais !

 

Et puis une petite pensée pour le Président sortant et sa femme. Au fond on ne nous a pas montré le déménagement, Bernadette a-t-elle pu reprendre tous ses bibelots ? Le lit reste-t-il le même ou repartent-ils avec ? La déco est-elle refaite avant ou après l’investiture ? En voilà des questions fondamentales qui intéresseraient la ménagère de moins de 50 ans !

Fringale littéraire !

Urgence totale, plus de livre, enfin si, un bouquin interlude « Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin », qui me permet des transitions plus que joyeuses entre deux livres,  et « Les Bienveillantes » que faute de moral approprié je ne parviens toujours pas à terminer (non pas que cet ouvrage soit inaccessible, ou mauvais mais juste qu’il est des lectures qui méritent un certain état d’esprit pour être appréciées).

Me voilà donc fonçant durant mon heure de déjeuner pour assouvir ma fringale littéraire, tel un drogué en manque cette bientôt absence de livre m’obsède depuis 3 jours, mais le temps me manquait pour remédier à ce GRAVE problème, me promettant comme de bien entendu, de faire :

1)      Vite : il me suffit pour cela de me diriger vers 2/3 auteurs que je considère comme étant des valeurs sûres (Cohen, Selby Jr, Kundera, Dubois, et j’en passe),

2)      Efficace : ne pas fouiner parmi 10 ouvrages des auteurs précédemment cités, mais en prendre au pif en s’assurant qu’ils ne meublent pas déjà ma bibliothèque,

3)      Léger : n’en prendre que 2, faire un choix, ça changera et mon banquier sera heureux…

J’entre donc d’un bon pas dans la librairie, je descends immédiatement au sous-sol pour les poches (j’ai abandonné l’idée de me trimballer d’énormes ouvrages dans mon sac), et fière de ma résistance à la tentation, je cherche par ordre alphabétique des noms d’auteurs aimés. Je prends tout d’abord William Faulkner « Requiem pour une nonne » (ayant lu la semaine passée « Sanctuaires » et ayant plus qu’apprécié cet univers, que, je dois honteusement l’admettre, je n’avais pas encore éprouvé), puis Colette « Dialogues de bêtes » (que je m’étais promis de lire depuis fort longtemps) et puis paf ! voilà que ça me reprend, mes yeux sont déroutés par ci par là. Tout d’abord les coups de cœur du libraire, puis de fil en aiguille tout y passe, ça y est, je flâne, sus à mes résolutions le temps devient élastique, je tripotte les feuilles, je lis une page d’un pur inconnu, je mets sous mon bras, puis un autre, puis un autre, je contemple les 4 livres coincés malhabilement entre mon avant bras et mon sac, incapable d’en sacrifier 2 pour faire bon compte, et décide que finalement je ne m’en sors pas si mal (pouvant facilement en acheter 10 d’un coup d’ordinaire) et conserve tous mes nouveaux amis (« La malédiction d’Edgar » de Marc Dugain, « ce que la nuit raconte au jour » d’Hector Bianciotti)…

Je remonte rapidement (manière de rattraper mon retard sur ma promesse), sors ma carte pour régler mon vice littéraire, mais voilà, le serpent est là me tendant l’ultime pomme : le libraire range des papiers et me laisse donc patienter sur le comptoir, comptoir prodigieusement bien fourni comme à son habitude de petits pamphlets, essais ou bouquins originaux. Et je craque ! J’ajoute discrètement en tremblotant : « L’art de se conduire dans la société des Pauvres Bougres » d’André Gill (mais sous l’hilarant pseudo de
la Comtesse de Rottenville) et « Le cabinet des curiosités médicales » d’Eric Bouhier.

Et ce soir, je caresse ces petits livres du regard, avec cette éternelle question de gourmande ayant ses gâteaux préférés devant les yeux : qui vais-je manger en premier ?

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