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Un coup de cul dans l’eau

15 Avr

en secouant quelques arbres, jai tout de même ramassé quelques pommes

Si être publiée est une expérience riche en patates, la suite de l’aventure est un gratin dauphinois oublié dans le four, et je m’en vais vous en conter la recette…

Il n’est en effet pas aisé de promouvoir ses écrits, fussent-ils édités par le truchement d’une maison d’éditions, et votre Vilaine en fait l’expérience à la fois enrichissante et quelque peu désappointante. Car le lecteur est frileux et se dirige l’œil fermé et l’instinct annihilé droit vers les conseils médiatisés, or, le média, tout coincé qu’il est par les budgets publicitaires, se doit de promouvoir sans risque pour attirer le chaland et présente donc des auteurs déjà médiatisés. Et voilà comment le livre se mord la couverture !

Peut-être aurais-je du passer par une émission de téléréalité, écrire sur un sujet d’actualité, surfer sur les vagues du scandaleux, dessiner les courbes d’un régime douteux, diffuser des auto-portraits sulfureux, et mettre ainsi toutes les chances de mon côté pour offrir à mes nouvelles un brin de notoriété. Non, fidèle compagnon de ma Toile de déraison, telle n’est pas ma nature, ce n’est pas la gloriole qui me meut, mais bien la passion ! Alors, j’ai remisé les décolletés outrageux au placard et rejeté le buzz au profit des petites histoires qui m’animent.

Seulement voilà, quand on a écrit, c’est un peu idiot, allez savoir pourquoi, mais une envie d’être lue trotte-menu malgré tout dans un coin de la tête, tant et si bien, que même si l’on se contre-fout de la renommée, on finit immanquablement par chercher à faire tomber les fortifs des médias et des librairies qui ne nous distribuent pas. Et votre Vilaine ne serait pas ainsi nommée, si elle n’était pas quelque peu prête à faire sa radeuse, au moins pour ce en quoi elle croit… Alors, elle tente, elle toque à des portes avec toute sa naïveté, elle gratouille les flancs des gens qu’elle aime bien, elle s’enfonce dans les girons des bonnes publications, en se chantant que sera, sera…

Oui, contre vents et marées, j’ai entrepris d’user et d’abuser et de proposer l’envoi de cet ouvrage aux libraires que j’estime, aux journalistes que j’admire, du plus petit au plus gros rien n’arrêtera mon culot ne fut-il au final qu’un coup de cul dans l’eau !

(Et si vous êtes sages, je vous raconterai dans un prochain billet, qu’en secouant quelques arbres, j’ai tout de même ramassé quelques pommes…)

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4 Commentaires

Publié par le avril 15, 2011 dans littérature, triturage de cervelet

 

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4 réponses à “Un coup de cul dans l’eau

  1. PJ Fiedler

    avril 15, 2011 at 7:32

    Que de plaisir ils se privent, s’ils savaient. Comment peut-on être à ce point oublieux de la pluralité et se vautrer dans le convenu sans vouloir découvrir de nouveaux rivages. Triste sort des  »Robinson » de l’écrit, isolés et esseulés, sur l’île de leur imagination qu’ils voudraient tant faire partager.
    Cela est d’autant plus rageant, que le chercheur d’Or passe souvent à côté de la pépite….
    Enfin, que voulez-vous, ce qui brille attire et il manque à nos modestes écrits, la poudre brillante, des publicitaires littéraires, insolents et peureux face au risque de découvrir de nouveaux talents. C’est un peu comme les banques, ça banque mais pas pour les tout petits…. Arghhhhhhh !!! dirait-il, au verso de la page consacré à une nouvelle fantaisy 😉 On me tue, on me tue !!! Sus à l’ennemi de l’ennui.

     
  2. Stf

    avril 15, 2011 at 8:06

    Damned, le jeux de mot final qui explique le titre inattendu! J’étais plus parti sur une contrepétrie, mais n’ayant pas fait mieux que « Le cocu dans l’Doubs » la surprise fût totale.
    Ceci dit, mes errances Francomptoises de décalage de sons m’ont peut-être fait rater le but premier de l’article que je vais donc relire de ce pas!

     
  3. Jacques Brévent

    avril 20, 2011 at 2:57

    Une bien jolie histoire à l’heure du triomphalisme de l’Argent-Roi. Écrire par passion. Loin des réseaux d’influence. Pour le reste tenter de susciter et voir venir sereinement parce que « déjà enrichi ». L’écrit est un moyen privilégié de communication, alors quoi de plus naturel que cette envie d’être lu, d’être lue ! Un fort bon article je trouve, loin des mascaras souvent trompeurs, des simulacres, des géants artificiels.
    Il reviendra le temps où sincérité, simplicité et donc plaisirs authentiques reprendront la couleur d’or de leurs lettres de noblesse.
    C’est vraiment tout le mal que je vous souhaite ici. Oui, j’adhère à cette manière de voir les choses… Longue route à vous Madame la cuisinière !

     

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