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Lettre à Élise

15 Nov
Vous avez un message

Vous avez un message

Parmi mes lecteurs (ça fait un peu bêcheuse, « mes lecteurs », non ? ) il y a ceux qui lisent sans jamais commenter, ceux qui commentent sans jamais lire, ceux qui commentent régulièrement ou de temps en temps et, plus rares, ceux qui m’adressent directement un mail. J’ai reçu récemment un curieux courriel d’une demoiselle, ou plus exactement : un courriel d’une curieuse demoiselle, Élise L.

Élise m’écrit dans ces termes : « Madame La vilaine (elle me donne du Madame, c’est croquignolet, hein ?), votre blog est un des rares que je lis régulièrement. J’aime beaucoup vos billets mais beaucoup moins vos critiques de livres car vous semblez tout aimer, je me demande donc si vous êtes une critique fiable et surtout si vous ne recevez pas des compensations (livres gratuits) par des maisons d’éditions… Si c’est le cas, je trouve qu’il serait plus honnête de le dire clairement sur votre blog plutôt que de publier vos critiques telles quelles. De nombreux blogeurs ne se cachent pas d’être parfois rémunérés ou de recevoir des cadeaux en échange de ce type de pub, il n’y a pas de honte avec ça, mais juste, j’aimerais que vous soyez honnête.»

Tout d’abord, qu’Élise me lise et m’élise parmi ses favoris me réjouit, que dis-je ? m’électrise (j’ai l’électrocution facile). Mais surtout, ce courrier m’a amené à penser qu’il n’est pas impossible que d’autres se disent ce que m’écrit Élise. Vous me suivez ? C’est pourquoi il m’apparaît important de lui répondre ici plutôt que là.

Ma Chère Élise,

Votre critique, qui pourrait paraître un peu insolente, est fort intéressante. Contrairement à l’électrocution, je suis plus résistante à la vexation c’est pourquoi je vais tenter de vous expliquer l’origine de l’impression que vous me rapportez.

Élise, Chère Élise, je crois, sans trop m’avancer, pouvoir dire que je me connais assez bien. Il est vrai que je me pratique depuis un certain nombre d’années et de la pratique naît l’expérience et quelques accointances. Je sais donc, à peu près, ce qui me plaît. Forte de cette connaissance, je choisis mes lectures sans trop d’aventures. Je lis la première page, une au hasard et comme le sujet m’importe assez peu pourvu que l’écriture, elle, m’emporte un peu, je me goure rarement.

Mais, rarement étant fâché avec jamais, ça m’arrive tout de même de temps en temps d’autant que je suis d’un tempérament plutôt exigeant en ce qui concerne le divertissement (livres et films, même combat !). Et c’est là, Élise, ma Chère Élise, que je suis peut-être une de ces exceptions de la blogosphère. Je n’ai aucun goût pour la mise au pilori. Pour ma part, ce dont j’ai envie c’est de vous donner envie (comme le chantait Johnny). Perdre du temps à écrire un article sur un livre qui m’a déjà fait perdre du temps en le lisant, ce serait quand même une grosse perte de temps, non ?

Sans doute que cela doit en défouler certains d’exécuter un écrivain jugé moyen, mais je n’ai pas le sadisme nécessaire pour que cela puisse me satisfaire. Alors non Élise, ma chère Élise, point d’articles « sponsorisés » (c’est comme ça que l’on dit dans le blogo-jargon), pas non plus de mollesse dans mon esprit critique, juste la croyance un peu absurde qu’il est plus agréable (et utile) de partager ce qui a fait mon délice plutôt que ce qui m’a déplue et que j’aurais tôt fait d’oublier.

Vous allez m’opposer (ne le niez pas, à votre mine un peu chafouine, je le vois, je le devine, vous n’êtes pas du genre à en rester là) que j’ai participé un temps à l’ambitieux projet des « Agents littéraires » et qu’ils m’adressaient des bouquins. Soit, je vous l’accorde dans ma grande miséricorde mais, mais, mais, si vous me lisez aussi bien que vous me le confiez Élise, ma Chère Élise, vous vous souviendrez que ce sont les rares livres qui ne furent pas épargnés, car je m’étais engagée à les lire, les critiquer et publier ce que j’en avais pensé quel qu’en soit le résultat.

J’espère que vous voilà rassurée quant à mon honnêteté, et si ce n’est pas le cas que voulez que je vous dise Élise, ma Chère Élise ? Tant pis…

« Madame » La Vilaine

P.S. Si toutefois vous aviez des plans pour recevoir des tonnes de livres gratuitement en échange de mon humble jugement, je n’ai rien contre, ma « to-read pile » maigrit à vu d’œil… Qu’on se le dise, Élise !

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8 Commentaires

Publié par le novembre 15, 2013 dans littérature, triturage de cervelet

 

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8 réponses à “Lettre à Élise

  1. Nicolas

    novembre 16, 2013 at 1:54

    Ahhahahahahha kiffffffffffffff

     
  2. Hachette publication

    novembre 16, 2013 at 8:12

    Madame La Vilaine,
    Je vais donc continuer à vous faire parvenir nos publications, pour prendre plaisir à lire vos « critiques »… enfin on se comprend !

     
  3. sabnic

    novembre 18, 2013 at 12:17

    Mots contre maux ,voilà une confession fort bien écrite ,Madame La Vilaine, cette joute vous va à merveille ! Même si je suis fort loin des préoccupations vénalo-littéraire de votre correspondante , je ne peux m’empêcher de saluer au passage votre verve et de remercier cette Elise qui nous donne ainsi l’occasion d’en apprécier toute la saveur …

     
  4. Marcorèle

    novembre 19, 2013 at 2:31

    Fallait pas te faire appeler La Vilaine, cela porte à confusion… 😉

     
  5. Lily

    janvier 28, 2015 at 12:47

    J’aimerais rajouter la catégorie nouveau lecteur du blog: apprecie tout le blog et le devore

     

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