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T’as l’bonjour d’Albert

10 Mai

Statistiques rassurantes

Cette nuit, j’ai reçu la visite d’Albert. Alors que je dormais, il s’est assis sur mon lit et m’a dit : « Dis donc La Vilaine, y’en a plus que pour la gamine, tu m’oublies ? ».

Albert était en colère et je n’ai pu qu’acquiescer face à ses reproches justifiés. Il a continué : « Tu m’as planté au milieu d’un couloir, t’avais pourtant l’air d’y croire à mon histoire, qu’est-ce que tu fous ? Je croyais que t’en avais terminé avec la petite chétive et sa famille dépressive ? » (Albert peut être un poil vulgaire).

C’est vrai que je l’ai abandonné dans un moment bien particulier et je ne peux que comprendre qu’il en soit un peu fâché. J’ai donc tenté de le rassurer, lui ai demandé de patienter, je lui ai montré les statistiques pour le rasséréner. On ne saurait écrire deux histoires en même temps sans risquer de se mélanger les touches, lui ai-je dit en espérant qu’il ne prendrait pas la mouche. J’ai ajouté que s’il n’avançait plus sur le papier, il était bel et bien dans un coin de ma tête et que je savais très exactement où j’allais l’emmener dès que j’aurais achevé d’engraisser la nouvelle, dès qu’elle serait assez forte pour porter tout un roman. Je lui assuré que l’on en approchait, que sa courbe de poids était régulière et encourageante.

Je lui ai assuré qu’il serait le premier au courant, forcément et que tandis que je laisserai le tapuscrit de l’enfant reposer quelques semaines pour mieux le corriger, je serai tout à lui. Je l’ai un peu flatté aussi, je lui ai vendu un peu de rêve en lui expliquant que jusqu’ici, je ne me pensais pas capable d’une relation stable et durable, d’une histoire longue comme un roman mais que, grâce à la petite, justement, il n’était pas impossible que notre histoire, son histoire, dure plus longtemps que les quelques pages d’une nouvelle.

Je l’ai senti dubitatif mais il est reparti sur la pointe des pieds et a laissé la nuit se terminer.

Ce que je ne t’ai pas dit, Albert, c’est que la nuit, je doute encore de ce que nous deviendrons : elle, toi et moi. Car si je suis motivée, il me faudra tout de même rallier tout un tas de forces extérieures, réseauter, promouvoir, quémander du partage et du relai, de la note et des critiques (en somme faire un peu chier), et ça, ça me demandera un grand coup de pied dans le gros derrière de ma peur de déranger.

 

 

 

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Publié par le mai 10, 2017 dans triturage de cervelet

 

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