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Les oubliés de la bibliothèque

11 Jan

Souvent je ris toute seule…

Ils auraient dû rejoindre la pile de la petit table de chevet en bois, la pile des « to-read », ils auraient dû attendre sagement leur tour mais pour une raison inconnue, ils ont été trianglebermudés (merci Véronique Ovaldé).

Ils avaient été achetés parmi tout un tas d’autres, parce que je n’avais pas su choisir, parce que, comme une camée, je prévois de ne jamais en manquer.

Peut-être ont-ils été rangés à la va-vite dans la bibliothèque par une journée faste de grand ménage (habillé) de printemps. Le temps a passé, les livres se sont enchaînés, ils ont été oubliés.

Et puis, à la faveur d’une recherche effrénée et tremblante (plus rien à se mettre sous la dent, plus rien à avaler), alors que je pousse les livres placés sur le devant de l’étagère pour libérer ceux qui sont derrière, que je souris au souvenir de celui-ci, que je songe qu’il faudrait à nouveau classer tout ça, ils tombent sur moi.

Littéralement, littérairement, ils tombent sur moi, les oubliés de la bibliothèque, les laissés-pour-compte, les pour-plus-tard, ils chutent vertigineusement de là-bas-au-fond-tout-derrière, droit sur mon front.

Un rapide coup d’oeil au beurre noir et pâte feuilletée pour vérifier s’ils sont cornés, annotés, si un passage se rappelle à mon souvenir. Non, ce sont bel et bien des rescapés, des naufragés. Et comme pour s’assurer de ne plus être abandonnés, comme pour s’accrocher à mon regard, pour attiser ma curiosité ou pour me démontrer par A + B page 64, second chapitre que je les ai négligés, ils me percutent d’une phrase, LA phrase, le paragraphe qui va comme un gant à mes actuelles et torturées pensées, qui les enveloppe d’un sens différent, qui les éclaire en un instant.

Comme cet éphéméride perpétuel qui trône sur mon bureau et qui, chaque matin semble connaître de quoi sera faite ma journée, les livres ont ce pouvoir étonnant de ME lire tandis que je cherche à noyer mes pensées.

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3 Commentaires

Publié par le janvier 11, 2018 dans littérature, triturage de cervelet

 

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3 réponses à “Les oubliés de la bibliothèque

  1. xavierbevant

    janvier 11, 2018 at 11:31

    C’est très joliment dit, je suis également surpris du pouvoir magique des livres que l’on croit benoîtement lire et qui nous lisent si bien. Appels ou échos des courants de synchronicité, forts au réconfort. Tuteurs de résilience.

    Post Scriptum: cocasse ce verbe triangulé

     
    • lavilaine31

      janvier 11, 2018 at 11:51

      Très bien dit mon Cher Xavier…
      Oui, Trianglebermuder est un joli néologisme de Véronique Ovaldé (je ne me souviens plus en revanche si c’est dans « Les hommes en général me plaisent beaucoup » ou dans « Ce que je sais de Véra Candida » 😉

       

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