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Des petites phrases anodines

belle journée

Toi, lecteur qui me suis depuis des années, tu le sais, j’ai pour les petits riens un amour infini.

Je suis capable de rester une heure, pieds nus dans le jardin à croupetons, à observer deux limaces se reproduire ou à cesser tout mouvement parce que, là, au bout de cette impasse, les grillons sont si nombreux et leur chant est si puissant que le corps les sent autant que les oreilles les entendent, ça vibre et ça tremble, léger, dans les cervicales et les pieds.

Il en va de même pour les petites phrases, les mots échangés, les salutations du quotidien. As-tu conscience, lecteur, comme une phrase anodine peut être bienveillante ou assassine et faire que ta journée soit nuageuse ou ensoleillée ?

Mildred le sait, Mildred le dit :

« Mildred contrôle l’heure sur l’un des écrans du réfectoire. « Tout le monde est invité », c’est une phrase pourtant anodine… (…) « Tout le monde est invité », c’est une phrase abominablement anodine. »

et je le confirme.

Ce matin, un voisin que je croise peu, qui salue généralement cordialement (du bout des lèvres et en passant), ce matin, alors que je promenais mon chien, tout juste levée, l’esprit encore enfariné, le café non avalé, oui, ce matin, ce voisin qui partait travailler a stoppé sa voiture à ma hauteur. Il a baissé la vitre, a souri et m’a demandé avec un air vraiment concerné si j’allais bien. À cette heure-ci je n’en savais encore rien mais, polie, j’ai répondu que oui, merci.

Puis il a dit : « Je tenais juste à vous souhaiter une très belle journée », il a remonté sa vitre, a de nouveau souri et est parti.

Ça n’a l’air de rien, tu vois ? C’est anodin, n’est-ce pas ? Mais ça a défini la couleur de ma journée. Oui, ce sera une très belle journée.

Alors, ami lecteur, penses-y, tes phrases doivent être choisies, car tes mots du quotidien, même les plus anodins, ont le pouvoir d’illuminer la journée de quelqu’un.

 

 
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Publié par le août 20, 2017 dans littérature, triturage de cervelet

 

Libérée

Otage libéré

Mon voleur m’a rendue. Il est revenu avec moi sous le bras et m’a ramenée à l’endroit exact où il m’avait kidnappée (si tu n’as pas suivi, tu n’as plus qu’à lire ici pour te rattraper)

Il m’avait donc juste empruntée. Il ne savait pas que je ne me prêtais pas à ces airs-là.

Il m’a lue et en rendant mon exemplaire à sa propriétaire, il a juste dit : « je l’ai lu je vous le ramène c’était super merci ! » (c’est elle qui me l’a rapporté).

Ça m’a donné une envie, une idée que je vais t’exposer : une fois le concours terminé et le prix distribué, j’aimerais me semer, m’essaimer dans des endroits secrets, vous poussez à me chercher, à me trouver. Un grand cache-cache littéraire ! Au hasard de laisser faire, au sort de décider entre les mains de qui me retrouver. J’y laisserai un mot, des coordonnées, quelque chose pour te permettre, à toi lecteur engagé par la destinée, de me contacter et de me dire si tu m’as aimée.

S’essaimer pour te trouver, lecteur, c’est s’aimer assez pour risquer de s’égarer.

 
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Publié par le août 19, 2017 dans littérature, triturage de cervelet

 

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Le prochain

Une idée lumineuse

Elle m’a regardée droit dans les yeux. Elle m’a dit toute l’émotion ressentie chaque fois qu’elle me lit et puis, après quelques secondes d’hésitation, reprise de souffle et pointe d’agitation, elle m’a demandé ce que serait le prochain avant de vraiment oser se lancer :

« Tu devrais écrire une histoire d’amour, un roman un peu érotique, parce qu’avec tes mots… Ce serait… »

Elle a rougi, s’est arrêtée.

J’ai joué la rime pour plaisanter : « Avec mes mots ? Est-ce que je devrais fournir le vibro en guise de promo ? »

Elle a ri (ouf !) puis a repris : « Non, vraiment, tu devrais écrire une histoire d’amour, mais je parle d’un truc puissant pas un truc gnangnan ».

Je lui ai dit que je ne pourrais pas, qu’il y a Cohen et puis Duras. Que le plus beau, ils l’ont écrit et que lorsqu’on les lit, on se dit que tout est dit.

Pour le frisson je l’ai envoyé vers Sade…

Il en est des livres comme des enfants, à peine a-t-on accouché du premier que l’on nous demande quand on fera le suivant.

« Le prochain ? C’est pour quand ? Non, parce que nous, on attend ! »

Le prochain n’est pas loin, il est déjà là, au creux de tout ce que je ne sais pas, il est Albert au désespoir et au milieu de son couloir… à moins que je ne me laisse entraîner vers d’autres contrées, vers celle-ci qui me titille le système hédonique et qui ne comporte (pour le moment) qu’un paragraphe unique…

 
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Publié par le août 16, 2017 dans littérature

 

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Sorcellerie

danser dans les vagues

Elle pose un doigt sur ma peau avec une incroyable délicatesse, à peine la pulpe, un seul contact sur mon front, mon plexus et j’ai la sensation que seule une goutte d’eau, fraîche et légère, tombe sur moi.

Elle enserre mes jambes, mes chevilles, puis le bout de mes pieds avec des mains papillon, remonte le long de mon corps, met sa paume droite sur mon ventre, l’autre dans mon dos et je sens bouger toutes mes entrailles.

Elle me parle en chuchotant, me raconte ce que je sais déjà mais qu’elle, elle ne devrait pas, avec une voix posée, envoûtante. Elle sait tout de moi. Elle aligne, elle remet droit ce qui ne l’est pas, recolle ce qui est scindé et provoque des fontaines de tout à la fois.

Elle prend, débarrasse la table de l’accumulation de toute une vie, jette derrière elle, souffle comme on recrache un noyau puis lentement, inspire.

Elle installe ma nuque dans le creux de ses mains coussins et sans qu’elle n’esquisse un mouvement perceptible, elle débloque ce qui est coincé, chasse ce qui appartient au passé.

C’est une sorcière, une sorcière sublime, magnifique, qui me souffle avec un sourire d’ange avant que je ne la quitte, une image qui lui a été inspirée (par qui, par quoi, elle-même ne le sait pas) : « Eh bien, dansez maintenant »…

 
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Publié par le août 15, 2017 dans triturage de cervelet

 

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On a marché sous la lune

La lune trop pâle caresse…

On a marché sous la lune, au milieu de la nuit, nous ne l’avions jamais fait. Elle s’est planquée au-delà des nuages, a versé une pluie fine sur nos attentes mais sans parvenir à nous décevoir. Alors, à notre tour, on s’est éclipsés dans la forêt.

On a ri comme des gosses, parcouru un chemin souvent emprunté de bon matin. L’un de ces chemins que l’on croit connaître si bien que l’on se dit que l’on pourrait l’avaler les yeux fermés. Il n’en est rien. Dans la nuit, on a perdu l’équilibre, toute notion d’orientation, nos repères, plus de prises mais sans jamais nous perdre, nous.

On a observé les effets de cette lune que l’on nous promettait plus puissante que jamais. Elle, ma Bienveillante, cheveux défaits, sensuelle, drôle et volubile, offrait son rire à la cime des arbres. Moi, un peu ailleurs, à l’affut de chaque craquement, guettant alentours dans l’espoir que l’animal sorte des fourrés, accepte un face à face, prenne ma place.

Lui, ma Vérité, écoutait tantôt amusé, tantôt incrédule, nos délires funambules.

On a quitté la forêt, on s’est assis sur un banc. On a continué à rire et à aligner nos mots comme les étoiles que l’on ne voyait pas. Des constellations de joies comme si l’on avait quinze ans.

Et puis on s’est levés pour partir et la lune a choisi d’enfin nous saluer. Majestueuse, lumineuse, elle nous a éclairés de cette clarté étrange qu’elle seule sait donner.

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu pour la lune une fascination particulière. Enfant, je lui confiais mes souhaits, je m’en remettais à ce qu’elle voudrait bien faire de moi, l’implorais de faire en sorte que les petits cochons ne me mangent pas.

Adulte, je la salue à chaque fois que je la vois, avec un sourire que d’aucuns jugeraient béat (pour ne pas dire bêta) par réflexe peut-être, parce qu’elle m’émerveille toujours autant, sans doute, parce qu’elle réveille ma part animale aussi, sûrement, la même que celle qui me permet de deviner la neige et l’orage avant même qu’ils ne soient repérés par les milliers de satellites chargés de les traquer…

 

 

 
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Publié par le août 14, 2017 dans triturage de cervelet

 

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Tout l’univers

tout l’univers

S’allonger sur le sol, bras écartés, yeux grand ouverts au milieu de la nuit. S’émerveiller de ce ciel dégagé à point nommé après une journée mitigée.

Attendre en contemplant le ciel que l’atmosphère enflamme les météores. Tressaillir, écarquiller les yeux à chaque fois que la magie opère, cesser de respirer à chaque traînée de lumière pour mieux inspirer, pour mieux s’inspirer.

Plonger dans la voie lactée, se laisser aspirer et, soudain, prendre conscience que l’on a devant soi tout l’univers. En aimer le vertige, en aimer la beauté, s’abandonner à ses actions, accepter chacune de ses décisions, elles seront justes et ce, peu importe ce qu’elles seront.

Contempler la voûte céleste une main sur le coeur, l’autre sur le bas ventre, là où tout naît, pour se souvenir que tout l’univers est aussi logé ici.

Et filer se coucher serein et apaisé.

 
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Publié par le août 13, 2017 dans triturage de cervelet

 

Gratuit : « Les fleurs roses du papier peint »

Gratis la version numérique !

Voilà gentil lecteur, parce que tu le mérites, que tu me soutiens, que tu m’aides à déployer mes ailes et que tu aides aussi Mildred à grandir, pour te remercier (et parce que, j’avoue, je viens de voir que j’en avais le droit malgré la participation au concours, ce que je ne savais pas), je te fais un petit (un gros !) cadeau :

La version numérique des « Fleurs roses du papier peint », le format Kindle, je te l’offre pour 5 jours, je te l’offre pour ton week-end du 15 août. À compter de demain, le 13 août et ce, jusqu’au 15 août inclus, tu peux donc me lire gratuitement en cliquant ici 

Partage la bonne nouvelle, lecteur ! Partage autour de toi !

En échange, lecteur, n’oublie surtout pas après m’avoir lue, de commenter et noter sur le site d’Amazon et, si tu as aimé autant que ceux qui m’ont lue jusqu’ici, de rejoindre mon armée de soldats de papier.

Je te souhaite un doux moment de lecture…

 
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Publié par le août 12, 2017 dans littérature

 

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