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« Sororité »

C’est un immeuble particulier, une résidence majoritairement féminine qui transpire la solidarité.

Ce sont des mères célibataires, des femmes qui en ont bavé, des guerrières pleines de lumière et d’amitié.

C’est un peu un remake de « Friends », appart’ ouvert où l’on peut débarquer pour rire, danser ou pleurer, n’importe quand, n’importe comment, sur la pointe des pieds ou en ouragan.

C’est un bâtiment de coeur, une bâtisse de soeurs, un endroit où l’on partage le peu que l’on a, où l’on donne autant que l’on reçoit.

C’est un lieu de vie qui rebondit, un logement où l’on veille, où l’on se sourit, où l’on écoute sans espionner, juste pour s’assurer que rien ne viendra perturber le jour ou la nuit de la voisine d’à côté.

Ce sont des murs ouverts entre lesquels on s’amignote, où l’on trinque et l’on grignote à ce qui va, à ce qui secoue, à tout ce qui devrait être et tout ce qui ne devrait pas.

C’est un immeuble particulier où les boites de mouchoirs sont autant de paliers vers l’amitié.

C’est un bâtiment de coeur, une bâtisse de soeurs, où l’on échange des compétences, du temps, de la tolérance et parfois des féculents.

C’est un immeuble particulier, c’est un lieu de vie… c’est la vie.

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Publié par le juin 14, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Naître

Allons-y, c’est tout droit

Ce matin, Edouard Baer s’interrogeait sur Nova. Avec une étrange synchronicité, il s’interrogeait presque comme moi.

Je te livre en substance, lecteur interrogateur, l’objet de son triturage de conscience (si tu aimes cet homme autant que ma tendance assumée à la sapiosexualité ou, si plus simplement, tu es curieux d’entendre le tout, va ) : « Faut-il avoir pleuré pour rire ? Avoir été malheureux pour être heureux ? » (en gros, hein).

Ce qui m’habite depuis peu, c’est de savoir si l’on peut reconnaître le bonheur, le vrai, le simple, le fulgurant, le pur, et le tout aisément.

Plus largement (parce que quand ça se lance dans mon cerveau, ça s’arrête rarement) : comment fait-on, lecteur heureux, pour reconnaître quelque chose que l’on ne connaît pas (oui, c’est bientôt le bac, petit bachelier qui révise sans te reposer, voici un sujet pour l’option philo, un entraînement en mode « vous avez quatre heures »…) ? Ce « re » qui induit « à nouveau », reconnaître, connaître à nouveau et si l’on ne sait pas, si l’on ne connaît pas, on fait quoi ?

Alors, tu vas me dire (et tu n’auras pas tort) que ce n’est pas si compliqué, que je ne fais aucun effort, qu’il suffit d’écouter attentivement les petits battements, la chair de poule, les émotions, les sentiments. Que ça tape ici et là, entre les côtes, je le sais, je te l’ai moi-même déjà dit  et que, d’un coup, les larmes te montent sans que tu saches vraiment pourquoi, un peu tout ça en même temps, un peu tout ça à la fois. Oui mais quand même…

Tu m’accorderas que pour reconnaître, il faut connaître (j’ai un côté psychorigide ou légèrement buté, je sais)…

Alors virons le « re » pour commencer et éviter de recommencer et puis tiens, soyons flamboyants, soyons fous, soyons éblouissants, virons le « con » et tous ceux de son peloton sauf à le voir comme une partie de notre anatomie, ne gardons que « naître » et envoyons le reste paître.

Parce que naître, c’est encore plus ébaudissant, c’est carrément espatrouillant, parce que naître c’est entrer de plein fouet dans la vie, parce que : « on naît le bonheur », ça susurre à l’oreille de belles promesses…

 
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Publié par le juin 13, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Sur le frigo

Des fleurs dans le métro parisien

Elle m’a écrit, elle m’a envoyé un message court, simple, percutant.

L’un de ces messages qui t’envoient en l’air et bouleversent un peu tes projets, ton chemin.

Elle m’a écrit quelques mots sur mes mots.

Quelques uns de ces mots qui t’alignent, te ramènent à ce que tu avais un peu oublié, ce que tu avais un peu laissé de côté juste parce que ton combat était ailleurs et sans doute aussi parce que cette bataille-là te semblait terminée.

Elle m’a percutée sur une ligne entrecoupée d’un point qui lance un début, elle m’a redonné un souffle sur une exclamation.

Elle a écrit : « T’es une écrivaine. Une vraie de vraie ! » depuis un train et la page 100 des « Fleurs roses du papier peint« .

Et depuis le métro, elle a enchaîné. Elle a parlé de Gilda qui lui rendait sa respiration, elle a dit qu’il fallait se battre pour ce livre, encore et encore, elle a dit qu’elle m’aiderait, qu’elle y croyait.

Et j’ai pensé : elle a trouvé un vieux dessin et l’a accroché sur le frigo…

Ce roman est sorti il y a un an, je l’ai laissé vivre sa vie, j’ai lu tes retours, tes commentaires, lecteur extraordinaire, je m’en suis réjouie. J’étais heureuse et satisfaite parce que c’était déjà plus que beaucoup, et puis le temps, la vie, les rebondissements et parfois quelques ennuis, d’autres projets, une autre vie, avancer sans se retourner.

Elle m’a écrit avec enthousiasme et foi en moi. Elle m’a forcée à me retourner et à penser, qu’en effet, cette histoire-là n’est peut-être pas terminée, que Mildred peut encore grandir, pousser, aller te conquérir sur une plus grande portée.

Il y a des rencontres qui t’envoient en l’air et bouleversent un peu tes projets, ton chemin.

Il y a des rencontres qui, en plus de te remplir le coeur, te poussent à aller encore plus loin.

Il y a des rencontres qui sont deux mains : une qui se saisit de la tienne ; l’autre, paume vers le ciel, qui te tend très exactement ce dont tu as besoin.

Il y a des rencontres qui sont demain…

 

 
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Publié par le juin 12, 2018 dans littérature

 

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La petite mécanique

Et se laisser dériver

Hier, j’aurais soulevé des montagnes, aujourd’hui je peine à me soulever.

Va la comprendre, lecteur survolté, la petite mécanique énergétique qui nous habite.

Alors on cherche comme si on y était obligé. Oui, on cherche, on enquête, on introspecte, d’où vient la fuite ? d’où vient la perte ?

On réfléchit en PPP*, on intellectualise, on mentalise en PPC**.

C’est la faute aux trois nuits hachées, celles où se sont glissées des petits pieds doux et légers aux coups de tête bulldozers, aux bras toile d’araignée qui viennent se poser sur un visage non reposé ?

C’est la faute à ce virus qui te transforme en Chloé ?

C’est la faute à la lune, nouvelle et belle à se coucher sous elle ?

C’est la faute au téléphone rendu muet, ça décompresse, ça relâche enfin, ça décompense, une suroxygénisation ?

Hier, j’aurais soulevé des montagnes, aujourd’hui je peine à me soulever.

Faut-il la comprendre, lecteur surexcité, la petite mécanique énergétique qui nous habite ? Ne vaut-il mieux pas l’accepter ?

Ne crois-tu pas, lecteur soudainement épuisé, qu’il te faut l’accueillir, qu’il te faut la cueillir ta petite mécanique avec ses coups d’éclat, ses coups de mou, ses coups de fracas.

Ne penses-tu pas qu’il est plus sage de l’aimer à peu près autant que celle qui te rend tout sautillant ? Et même (soyons fous, soyons grands), de lui trouver une belle utilité ? Celle d’aller regarder en-dedans, tu sais, là où tu évites d’aller ordinairement, parce que c’est un tabouret inconfortable et que tu préfères te caler bien profondément dans le vieux canapé mouf-mouf, celui tout mou dans lequel on peut se lover des heures durant sans ressentir la moindre tension musculaire ?

Hier, j’aurais soulevé des montagnes, aujourd’hui je peine à me soulever… alors j’en profite : inconfort pour inconfort, je vais regarder en-dedans.

 

 

 

*PPP : Position Parallèle au Plafond

**PPC : Position Parallèle au Ciel

 
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Publié par le juin 9, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Danser la vie

Salomé

Il y a toujours un moment, où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où, le trop plein, le quotidien, la morosité, appelez ça comme vous voudrez, ce diable qui vous attrape par les chevilles et tente de vous entraîner là, au fond, tout au fond, aux tréfonds, un moment où ce diable fait face à elle, à ce moment où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où je sais, un moment où je sais et où je sens sa force, son pouvoir de résilience, sa lumière, sa transe, au moment où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où elle dépose un frisson, un frisson à mes pieds, un doux frisson qu’elle fait remonter autour des malléoles comme un baiser papillon, un imperceptible frisson, ce moment où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où je sais, un moment où je sens.

Il y a toujours un moment où elle enserre mes mollets de ses doigts longs, taquine mes genoux comme pour en tester les réflexes rendus mous, avant de se faufiler un peu partout et jusque dans mon cou, c’est maintenant, c’est ce moment où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où je sais, où je sens plus violemment.

Il y a toujours un moment où dans mon ventre, dans mon bassin, dans mon dos, dans mes jambes, elle se glisse comme dans une antre, ce moment où elle m’appelle et me chuchote à l’oreille :

« Danse, danse, ici, là, maintenant et n’importe quand mais surtout danse immédiatement. Danse, lâche les cheveux, lâche les chevaux, danse, danse, car c’est ainsi que tu panses, c’est ainsi que tu penses. »

 

 

 

 
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Publié par le mai 16, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Pas si simple

Et transformer

Alors que Jean-Michel Blanquer s’arrache les quelques cheveux que le temps lui a encore laissés juste pour tricotiloter sur la suppression ou non du passé simple, je pense à eux.

Je pense à eux, ces amis, mes amis au passé pas si simple.

Je pense à eux et à comment ils ont composé avec, certains avec virtuosité.

Je pense à eux et à comment le passé simple ou compliqué marque toute une vie, une destinée.

Je pense à comment l’on conjugue sa vie pour en tirer un futur qui ne soit pas antérieur, un futur simple avec un seul impératif : un avenir plus-que-parfait ou, à tout le moins, avec aussi peu d’imparfait que possible.

Je pense à eux, à mes amis et aux inconnus aussi.

Ceux que l’on croise et dont on perçoit toutes les révisions sur le visage.

Je pense à eux et je sais.

Je sais le chemin qu’ils ont fait, je sais les choix et les renoncements, je connais les choix, résolument.

Je pense à eux.

Le passé simple n’existe pas, il n’existe que des choix et les réformes intérieures prennent du temps.

 
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Publié par le mai 9, 2018 dans Actu

 

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Entre les côtes qui naviguent

Juste là…

C’est là.

C’est infime et énorme à la fois, c’est là. Juste là, entre les côtes qui naviguent, entre la côte qui s’abime et se déplace en frappant la poitrine.

C’est là.

C’est effrayant et grisant, ça porte le nom du changement.

C’est là.

C’est un vertige qui balaye des ruines et des vestiges, qui nettoie, restaure et nourrit, c’est une transmutation qui ne dit pas son nom.

C’est là.

C’est au départ angoissant et étourdissant.

C’est là.

Et puis se réveiller un matin et s’apercevoir que la peur s’en est allée, avec le dernier rêve, sur la pointe des pieds dès potron-minet.

C’est là.

Et c’est devenu léger… Léger comme le sommeil retrouvé.

C’est là, entre les côtes qui naviguent, bien à l’abri derrière le sternum, ça berce les vertèbres et étire les lèvres en sourire.

C’est là.

C’est la certitude et la confiance, c’est quatre mots simples et lourds de sens : « Maintenant, tout ira bien« .

 
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Publié par le mai 4, 2018 dans triturage de cervelet

 

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