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Archives d’Auteur: lavilaine31

Conserves et moi

Des fleurs en salade

Elle m’a regardée avec cet air des hivers qui n’en finissent pas. Elle m’a dit que bientôt viendra le froid, qu’il est presque déjà là. Que le soleil a la flemme, qu’il est comme la lumière du frigidaire, qu’il ne la réchauffe pas.

Elle m’a regardée préparer la salade, y lancer une poignée de fleurs, elle a dit d’en profiter que c’était peut-être les dernières brassées que je pourrais trouver au fond du potager.

J’ai essuyé mes mains.

Je les ai posées sur les siennes et je lui ai dit, d’une traite, sans respirer pour ne surtout pas la perdre :

« On trouvera d’autres soleils auprès desquels se réchauffer, des flambées brûlantes, des couvertures dans lesquelles s’emmitoufler, on mettra des pulls en poils de yak, des pulls plutôt que des sweats parce que les pulls doux et confortables invitent mieux les câlins et on continuera de se bercer dans nos hamacs avec bonnet et écharpe, on fera des conserves d’été, de ratatouille, de bonne tambouille, des coulis de tomates fraîchement ramassées, on les ouvrira quand on aura trop froid, on sera en été rien qu’à les respirer, les jours seront courts mais on aura un temps infini pour profiter de la nuit, observer la lune et les étoiles, dans nos têtes, tu verras, on mettra les voiles ».

Elle a souri, sans doute à cause des poils de yak glissés pour l’amuser, et s’est assise avant de brasser la salade.

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Publié par le septembre 18, 2017 dans triturage de cervelet

 

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Toutes mes excuses

C’est possible

Voilà, ami lecteur, c’est fait, je ne peux plus reculer : mon billet pour Paris, les Mille-Feuilles, le 10 octobre, est réservé. 

Depuis que c’est fait, c’est étonnant, je souris bêtement, partout, tout le temps.

Non pas que je sois d’ordinaire revêche, je suis d’un naturel joyeux, d’un caractère heureux, ne me demande pas pourquoi, je suis comme ça même dans les pires aléas, ma bonne humeur flanche rarement, une histoire de rayures qui ont la vie dure…

Bref, là, lecteur, c’est encore plus flagrant, je te jure que je souris vraiment bêtement à tout le monde et n’importe quand…

Alors à celui qui me connaît plus intimement ou qui me croise chaque matin (notamment au dépôt de marmots à huit heures vingt), je fais toutes mes excuses si, durant quelques temps, j’ai cet air un peu absent, totalement absurde et un brin agaçant de la nana que rien ne saisit, même pas le froid, même pas la pluie…

Toutes mes excuses d’avance et rétrospectivement (j’ai déjà sévi ayant réservé plus tôt dans la journée) pour ma logorrhée, mon Taux de Conneries/Minute augmenté, mon rien-à-péter-si-ma-vanne-tombe-à-plat, mes danses du poulet, mes chansons chantonnées sans même y penser, vraiment, navrée si toi, de ton côté, tu as le moral dans le fond de tes chaussettes et que ma mine réjouie te semble parfaitement inappropriée.

Mais tu vois, lecteur, une amie m’a un jour dit : « Quand c’est juste, tout se met en place » et je ne peux te raconter tout ce qu’il se passe (sauf si tu as quatre heures devant toi), mais tout se met en place… naturellement, facilement, joyeusement, un truc à bouter Doute à coups de talons aiguilles loin de moi (bon, je peux me targuer de me connaître et je sais que Doute, Flippe et toute sa clique sont tapis pas loin, là, dans un recoin et qu’ils vont me sauter dessus entre deux stations de métro ou dans le couloir du TGV mais pour le moment… je m’en fous, je danse sur « Steal my kisses from you » et en même temps je t’écris).

Toutes mes excuses donc pour mon air un peu con, mais je suis ravie, vivante, heureuse, je vais te rencontrer, je vais trembler, je vais avoir l’impression d’être un CP propulsé dans la cour du collège. Cinq secondes avant que tu arrives, je vais peut-être même regretter, me demander pourquoi j’ai accepté (je n’étais même pas bourrée !!!), mais je vais vivre un truc un peu fou alors j’ai des diamants plein le coeur.

 

 
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Publié par le septembre 12, 2017 dans littérature

 

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L’incroyable invitation

Officialiser…

Voilà, lecteur, c’est officiel. Je t’en avais vaguement causé, je t’avais dit que j’étais invitée mais n’avais pas encore tout à fait accepté et ne t’avais pas révélé où et par qui.

En Octobre, pour oublier que l’été s’en est allé, moi et ma petite valise contenant trois vêtements et tout plein d’exemplaires de mon roman, nous monterons dans le train pour Paris. Pour une soirée, pour une nuit.

Quand Frédéric Fredj m’a téléphonée pour m’inviter à son prochain dîner Mille-Feuilles, moi qui, lorsque je vivais à Paris, faisais des pieds et des mains pour ne pas en manquer un, j’ai cessé de respirer. Invitée ? En tant qu’auteur ? Pour présenter mes Fleurs ? Ça doit être une erreur… Vous dites ? Avec Sorj Chalandon que je suis venue voir en tant que lectrice lorsqu’il a présenté « Mon traître » et qui m’a tant émue ? Attendez, il faut que je retrouve toute ma tête…

Vous ajoutez ? Michèle Gazier ? Dont j’ai tant aimé « Un soupçon d’indigo » ? Ça ne pas… c’est trop…

Michèle Lesbre ? Je crois ne pas avoir encore eu la chance de la rencontrer lors de ces dîners mais…

Je me suis sentie minuscule.

Minuscule et impressionnée.

Petite fourmi s’asseyant à côté de géants.

Chanceuse éponge qui pourra absorber tout ce que ces beaux auteurs accepteront de lui verser. Je m’imbiberai de la moindre goutte.

Et puis, il faudra choisir un extrait, cinq minutes, c’est le temps qui me sera donné. Il me faudra porter la voix, être claire et calme, masquer la timidité, le trouble, les mains tremblantes et peu assurées pour te rencontrer, toi, lecteur. Enfiler ma robe sans peur pour apprécier cette incroyable opportunité de m’installer à la place de ceux que j’ai tant aimé écouter.

(si tu veux venir, c’est par ici que tu peux te renseigner et réserver)

 
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Publié par le septembre 9, 2017 dans littérature

 

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Nipon ni passerelle

Plusieurs exemplaires sont au Japon

Hier soir, la lune était belle à se coucher sous elle. J’avais envie de traîner, de ne pas attendre qu’elle soit totalement pleine pour la laisser me bouleverser. Mais la fraîcheur et ma tenue trop légère ont eu raison de mes ardeurs et elles ont bien fait.

Je suis rentrée et j’ai consulté le rapport du mois d’août, mes statistiques, mes commentaires, les livres vendus.

Il semblerait que des lecteurs japonais m’aient achetée. Imagine lecteur, l’effet que ça m’a fait. D’abord, pour être claire, c’est un certain sentiment d’incrédulité qui m’a habitée : il doit y avoir erreur. Il n’y a ni pont ni passerelle entre moi et le Japon. Pas d’amis expatriés dans cette contrée, pas de voyage prévu ou déjà effectué.

J’étais tellement déstabilisée qu’alors que je me déshabillais dans ma salle de bain (sans y trouver le diable) pour aller me coucher sous le plafond de ma chambre, entre couette et oreillers pour continuer de déguster le dernier Sorj Chalandon, je me suis soudainement aperçue que j’étais en train de me rhabiller.

En fait, je me changeais. J’avais retiré tous mes vêtements du jour et j’enfilais sans y penser ceux préparés pour aller marcher, le lendemain, à savoir ce matin.

Oui, je me changeais, comme ça, sans y penser.

Tu le vois, lecteur, le message que mes gestes tentaient de me souffler ?

(Tiens, pour une fois, je ne t’aide pas, je te laisse te débattre avec mes sublimes subliminaux messages, à toi de trouver.)

 
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Publié par le septembre 5, 2017 dans littérature

 

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Tu dis non, je dis oui

Moi, je dis oui.

 

Tu as cherché à m’atteindre avec ton commentaire, posté sur un vieux blog que les Éditions Léda avait ouvert. Tu as réussi mais pas comme tu le pensais.

Tu as pris un pseudo pour ne pas avoir à assumer ton propos. Un pseudo à la con, un pseudo qui dit « Non » mais à qui ? À quoi ? Sans doute à tout, à moi.

Tu as pris un pseudo mais je sais qui tu es…

Tu es cet être malheureux qui s’imagine que le bonheur est un sac de patates et que mes petites joies sont dérobées directement dans ton sac à toi (si tu ne connais pas ma théorie du sac de patates, clique ).

Tu es cette personne triste qui croit que la faute vient des autres, ignorant que tu es la seule à avoir la maîtrise de ta vie.

Oui, tu as réussi à m’atteindre mais pas comme tu le pensais.

J’ai de la peine c’est vrai mais de la peine pour qui tu es, ce que tu vis. Oui, je suis triste mais triste de penser que tu ne sais pas que ta vie, tes malheurs ou tes joies ne dépendent que de toi et que ta haine, ce n’est qu’à toi qu’elle cause la vraie peine.

Et puis, je te remercie, parce que grâce à toi, je m’aperçois que je suis prête, vraiment prête. Je vais devoir ouvrir ma porte pour porter mon roman, l’ouvrir tout grand. Il y aura beaucoup de gens bienveillants et puis il y aura les gens tristes, comme toi, qui m’accuseront de leur voler les patates de leur destinée.

Sache que même eux, je suis prête à les accepter.

Et tandis que toi tu dis non, moi, je dis Oui à tout, à la vie.

 
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Publié par le septembre 4, 2017 dans triturage de cervelet

 

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Antidépresseur promotionnel

Mildred

Parce que la météo vient te tapoter l’épaule pour te rappeler que, bientôt, l’automne arrive et que dans quelques jours ce sera la rentrée, parce que selon ta vie, cette nouvelle peut te réjouir (oui, toi, parent-lecteur qui n’a eu que peu de minutes de répit depuis soixante-trois jours, sauf peut-être aux toilettes, et encore…) comme te noyer au fond du gouffre (toi, instit’-lecteur qui va devoir trouver motivation et astuces pour intéresser trente-deux humains en devenir), pour tout ça, en ce dernier week-end de vacances scolaires, je vais te bichonner.

Te chouchouter, te cajoler, te câliner, lecteur, avec une dernière offre promotionnelle sur mon roman : « Les fleurs roses du papier peint » en version Kindle, une promo à base de zéro euro à débourser (tu as déjà payé les vêtements neufs, le cartable, la trousse estampillée héros de tes marmots, et tu cours pour dénicher toutes les pièces de la chasse au trésor listée par le corps enseignant, tu mérites de souffler).

Alors à compter de demain, samedi 2 septembre, et jusqu’à dimanche minuit, tu peux télécharger mon roman gratuitement en cliquant ici.

Tu vois ? N’est-elle pas belle, finalement, la vie ?

Et puis il y a dans cette dernière promo un peu d’à propos, la scolarité et ses possibles dérives sont une belle part du gâteau dystopique, quoi de mieux que de le lire juste au moment de la rentrée ?

Allez, lecteur, tu vas voir, ça va aller, quelques jours pour maîtriser la reprise de ce rythme soutenu puis, tel un guerrier du quotidien, tu reprendras tes marques et abattra des montagnes de corvées avec grâce et maîtrise.

Le seul truc, c’est de ne surtout pas oublier de te conserver précieusement des moments de n’importe quoi, des moments différents pour te souvenir que tu es en vie et la lecture, crois-moi, ça en fait partie.

 
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Publié par le septembre 1, 2017 dans littérature

 

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Du sucre et de la pluie

singing in the rain

Ce matin je suis allée marcher, j’avais arrêté quelques jours me pensant fatiguée avant de comprendre que l’énergie c’est justement en marchant au lever du jour qu’elle me parcourt.

J’avais donné rendez-vous à l’un de ces amis à qui je peux dire : « Tu viens on s’allonge par terre et on ne fait rien ? », qui ne prend pas ça pour un délire, qui me suit volontiers peu importe où je compte l’emmener (et même si, vraiment, je le sais).

Ce matin, il pleuvotait léger quand on s’est retrouvés. On a démarré notre parcours, lui, un peu à rebours, pas bien motivé par la météo. Je lui ai dit que nous n’étions pas en sucre, que la plus était fine et légère, qu’on n’avait peu de risques de fondre.

Il m’a regardée avec un petit air de chat mouillé, de chat sous gouttière avec poil dressé, a dit que lui était peut-être tout de même un peu de sucre. Mais il a souri et il m’a suivie.

On est allés dans la forêt pour chercher des arbres-parapluies mais la pluie a redoublé jusqu’au parfait déluge, celui qui te colle les vêtements au corps, te rince la peau, les cheveux, les idées. Il a souri-grimacé, j’ai jubilé : cette pluie-là, je n’attendais que ça.

J’ai regardé les gouttes (énormes) droit dans les yeux, celles qui plongeaient justement dans les miens, les mouillaient, les nettoyaient. J’ai laissé mon visage dégouliner d’eau pas encore tout à fait glacée, mon corps se détremper au point de me sentir totalement dénudée, t-shirt et leggings scindés à ma peau par cette pluie qui tombait à seaux.

Et tandis que je sentais que plus la pluie tombait plus ma vie montait, je l’ai regardé, cet ami précieux, se mettre à apprécier de marcher sous la pluie parce que c’est différent, parce que c’est important les jours différents, ce sont ceux qui mettent de la joie dedans.

Je suis rentrée trempée, pleine de vie et trempée.

Ce matin, j’ai reçu des gouttes de pluie, des gouttes de vie et ça m’a m’a remplie pour la journée.

 

 
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Publié par le août 31, 2017 dans triturage de cervelet

 

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