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Archives d’Auteur: lavilaine31

Les petites miettes

des petites miettes

Dedans, il ne reste que des miettes et des jouets éparpillés.

Partout, sous la table, sur la table, des miettes et une part de gâteau dont le glaçage a fondu sous la lourdeur de la journée.

Dedans, il ne reste que des miettes.

Partout, sur le lino, des miettes et des bouteilles vides, celles que l’on offre en remerciement pour la venue et les cadeaux.

Dedans, il ne reste que des miettes.

Partout, sur la table recouverte d’une nappe, des miettes et, dehors, des jeux en bois, un appareil à barbapapas.

Dedans, il ne reste que des miettes.

Partout, des miettes et des emballages cadeaux, des feutres et des assiettes en carton.

Dedans, il ne reste que des miettes, de petites miettes qui rappellent qu’il y eut une fête, des rires et des d&anses, des chants et des enfants.

Dedans, il ne reste que des miettes, des petites miettes d’une fête dont il ne reste que des miettes.

 

 

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Publié par le juillet 15, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Le prochain

Plongeras-tu avec moi ?

C’est revenu, c’est là, comme un battement de coeur, un rythme cardiaque qui s’emballe.

C’est revenu, un battement de coeur, un battement d’ailes qui palpite entre les omoplates.

C’est revenu, un battement d’ailes, une nitescence, une brûlure incandescente qui enflamme la pulpe des doigts.

C’est revenu, c’est là. L’envie, le besoin, la nécessité d’à nouveau poser sur le papier, d’aligner, de vider ce qui agite mes pensées.

C’est revenu, je ne sais ni comment, ni pourquoi maintenant.

Est-ce le soleil, la danse, les yeux de chat ? L’envie de vivre, de faire n’importe quoi ?

Je l’ignore mais c’est là. L’envie, le besoin, la nécessité, à nouveau de me coucher sur le papier.

Il me réveille, il vole mon sommeil, il chuchote à mon oreille qu’il est là à un ou deux pas.

C’est revenu. J’ai un titre, un début, une fin, c’est revenu ou plutôt ça revient.

Il n’est plus très loin, le prochain…

Seras-tu là ?

Plongeras-tu avec moi ?

 
 

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Une fraction de seconde en absence

sur mes pas

Je suis revenue sur mes pas.

J’avais fait une promesse, celle de revenir voir les élèves qui m’avaient accueillie pour étudier « Les fleurs roses du papier peint » par effraction, pour recueillir leurs impressions une fois la lecture terminée.

Cette fois, je suis venue sans nervosité, je les connaissais (un peu) et j’étais heureuse de les retrouver.

Leur institutrice avait fait en sorte que tout le livre soit lu, à l’exception du dernier chapitre, le chapitre vingt-trois, les quelques dernières pages, les quelques derniers mots. Le dénouement, avait-elle estimé, me revenait de droit, à moi de leur livrer, à moi de leur dire, à moi de leur lire, à moi de lire leur visage, leurs yeux embués, leur bouche entrouverte.

Alors on a commencé par ça. Par la lecture du chapitre vingt-trois : « Et voir enfin les fleurs roses du papier peint ».

J’ai lu, aussi lentement que possible, j’ai scruté chacune de leurs réactions tout en lisant (relisant pour moi, redécouvrant, il y avait longtemps que je n’étais pas allée à cet endroit-là de mon roman, on évite généralement dans les lectures publiques d’évoquer la fin), ma gorge s’est serrée, parce que j’étais revenue sur mes pas, mais j’ai continué sans rien en montrer.

J’ai lu la dernière phrase et, parce que j’étais revenue sur mes pas, j’ai pris un temps pour refermer le livre, un temps court, un temps respirant.

Une fraction de seconde, j’étais revenue sur mes pas. Un an en arrière, au moment précis où j’écrivais ce chapitre vingt-trois, ces quatre derniers mots-là.

Revenue sur mes pas pendant une fraction de seconde je n’étais pas là, pas avec eux, pas dans cette salle, dans cette école en leur présence.

Une longue, une puissante fraction de seconde en absence.

Une ombre furtive posée sur le coeur, une presque transe, une fraction de seconde en absence.

Un instant furtif tête tournée, chemin examiné, vertige éprouvé, une fraction de seconde en apesanteur, des fleurs sur la peau, les yeux dans l’eau.

Et puis je suis revenue à moi, à eux et à leurs yeux à eux, pleins d’attente et de questions.

J’ai accueilli leurs mots, leurs inquiétudes face à la dystopie décrite dans mon roman et, en les écoutant, j’ai su qu’ils avaient compris que tout est entre leurs jeunes mains. Que ce sont eux qui feront que cela arrivera ou non demain.

Je suis revenue sur mes pas, une fraction de seconde en absence, et en reprenant conscience je les ai vus eux, avancer tout droit, décidés et concernés par le monde de demain, prêts à se battre comme Gilda, prêts à lutter comme Mildred, et je les ai aimés tout mon coeur, de toute mon âme pour ce combat.

 

 
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Publié par le juin 29, 2018 dans littérature

 

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Semer

Bookcrossing

Te souviens-tu, lecteur victime d’Alzheimer, je t’avais confié que je voulais m’essaimer, me semer (mais s’aimer c’est compliqué) ?

T’en souviens-tu que j’avais pour projet de me déposer (à tout le moins des exemplaires des Fleurs roses du papier peint) de-ci, de-là, au hasard ? Si toutefois tu as la mémoire qui flanche, que tu ne te souviens plus très bien (lecteur Juke Box, ne me remercie pas), fais un petit effort des doigts et clique . Si tu as oublié, sache que je ne te le reproche pas, moi-même, j’avais un peu négligé cette idée-là, toute centrée que j’étais à fouetter d’autres chats, à tisser un joli réseau d’artisans-distributeurs-soldats (un resto ici, un chocolatier là, un bar un peu plus loin, des lieux vivants et des vrais gens aux valeurs qui s’accordent parfaitement à celles de mon roman – d’ailleurs si toi aussi tu veux me proposer dans un lieu, contacte-moi ici en bas ou sur FB -).

Et puis ce matin, la mine renfrognée des dimanches sans grasse matinée, en farfouillant sur le net (et le moins net, je n’avais pas mis mes lunettes), je suis tombée (sans trop me blesser) sur ça : Bookcrossing.com

Bookcrossing, c’est quoi ? C’est un site tout dédié à l’idée de semer, une graine et un voyage tout à la fois, c’est une action, un petit pas vers les autres, c’est du partage, de l’échange et même un peu de magie. Tu vois, lecteur, ce livre que tu as tant aimé (et je ne te cause pas de moi mais de celui que tu voudras, celui qui t’a transporté, que tu as aimé et que tu estimes assez pour désirer qu’il soit lu par d’autres, beaucoup d’autres, qu’il soit découvert et aimé, celui que tu racontes dès que l’occasion t’est donnée, celui que tu introduis avec des points d’exclamation enthousiaste, celui pour lequel tu mords tes lèvres afin d’en dire assez mais surtout pas trop pour ne pas gâcher), eh bien ce livre, tu peux le faire voyager très loin.

Pour cela, il te suffit de t’inscrire sur le site Bookcrossing.com, d’enregistrer ledit ouvrage de ton coeur, de l’étiqueter (étiquette à générer sur le site), puis de le « libérer dans la nature » ou, comme l’explique si bien le site, de créer « une Zone de libération officielle BookCrossing » (ou « OBCZ »), un lieu physique où des livres sont régulièrement libérés et/ou attrapés« .

Le plus joli dans tout ça, c’est qu’ensuite, via le site, tu peux suivre le voyage de ton livre : « Quand un nouveau lecteur trouve votre livre, il peut entrer le BCID sur BookCrossing.com et indiquer que le livre a été trouvé. Les commentaires concernant votre livre vous permettent de savoir où il est, qui est en train de le lire, et de le suivre où il va ensuite » et Dieu seul sait jusqu’où il ira.

Alors voilà, je vais libérer un peu de moi dans la nature, je vais me lancer avec élan dans cette (tout petite) aventure réjouissante et je t’enjoins à faire de même parce que la littérature, comme le bon vin, comme le café, comme un repas amoureusement préparé, ça se partage, ça se transmet.

 
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Publié par le juin 24, 2018 dans littérature

 

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ElleS

« Sororité »

C’est un immeuble particulier, une résidence majoritairement féminine qui transpire la solidarité.

Ce sont des mères célibataires, des femmes qui en ont bavé, des guerrières pleines de lumière et d’amitié.

C’est un peu un remake de « Friends », appart’ ouvert où l’on peut débarquer pour rire, danser ou pleurer, n’importe quand, n’importe comment, sur la pointe des pieds ou en ouragan.

C’est un bâtiment de coeur, une bâtisse de soeurs, un endroit où l’on partage le peu que l’on a, où l’on donne autant que l’on reçoit.

C’est un lieu de vie qui rebondit, un logement où l’on veille, où l’on se sourit, où l’on écoute sans espionner, juste pour s’assurer que rien ne viendra perturber le jour ou la nuit de la voisine d’à côté.

Ce sont des murs ouverts entre lesquels on s’amignote, où l’on trinque et l’on grignote à ce qui va, à ce qui secoue, à tout ce qui devrait être et tout ce qui ne devrait pas.

C’est un immeuble particulier où les boites de mouchoirs sont autant de paliers vers l’amitié.

C’est un bâtiment de coeur, une bâtisse de soeurs, où l’on échange des compétences, du temps, de la tolérance et parfois des féculents.

C’est un immeuble particulier, c’est un lieu de vie… c’est la vie.

 
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Publié par le juin 14, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Naître

Allons-y, c’est tout droit

Ce matin, Edouard Baer s’interrogeait sur Nova. Avec une étrange synchronicité, il s’interrogeait presque comme moi.

Je te livre en substance, lecteur interrogateur, l’objet de son triturage de conscience (si tu aimes cet homme autant que ma tendance assumée à la sapiosexualité ou, si plus simplement, tu es curieux d’entendre le tout, va ) : « Faut-il avoir pleuré pour rire ? Avoir été malheureux pour être heureux ? » (en gros, hein).

Ce qui m’habite depuis peu, c’est de savoir si l’on peut reconnaître le bonheur, le vrai, le simple, le fulgurant, le pur, et le tout aisément.

Plus largement (parce que quand ça se lance dans mon cerveau, ça s’arrête rarement) : comment fait-on, lecteur heureux, pour reconnaître quelque chose que l’on ne connaît pas (oui, c’est bientôt le bac, petit bachelier qui révise sans te reposer, voici un sujet pour l’option philo, un entraînement en mode « vous avez quatre heures »…) ? Ce « re » qui induit « à nouveau », reconnaître, connaître à nouveau et si l’on ne sait pas, si l’on ne connaît pas, on fait quoi ?

Alors, tu vas me dire (et tu n’auras pas tort) que ce n’est pas si compliqué, que je ne fais aucun effort, qu’il suffit d’écouter attentivement les petits battements, la chair de poule, les émotions, les sentiments. Que ça tape ici et là, entre les côtes, je le sais, je te l’ai moi-même déjà dit  et que, d’un coup, les larmes te montent sans que tu saches vraiment pourquoi, un peu tout ça en même temps, un peu tout ça à la fois. Oui mais quand même…

Tu m’accorderas que pour reconnaître, il faut connaître (j’ai un côté psychorigide ou légèrement buté, je sais)…

Alors virons le « re » pour commencer et éviter de recommencer et puis tiens, soyons flamboyants, soyons fous, soyons éblouissants, virons le « con » et tous ceux de son peloton sauf à le voir comme une partie de notre anatomie, ne gardons que « naître » et envoyons le reste paître.

Parce que naître, c’est encore plus ébaudissant, c’est carrément espatrouillant, parce que naître c’est entrer de plein fouet dans la vie, parce que : « on naît le bonheur », ça susurre à l’oreille de belles promesses…

 
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Publié par le juin 13, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Sur le frigo

Des fleurs dans le métro parisien

Elle m’a écrit, elle m’a envoyé un message court, simple, percutant.

L’un de ces messages qui t’envoient en l’air et bouleversent un peu tes projets, ton chemin.

Elle m’a écrit quelques mots sur mes mots.

Quelques uns de ces mots qui t’alignent, te ramènent à ce que tu avais un peu oublié, ce que tu avais un peu laissé de côté juste parce que ton combat était ailleurs et sans doute aussi parce que cette bataille-là te semblait terminée.

Elle m’a percutée sur une ligne entrecoupée d’un point qui lance un début, elle m’a redonné un souffle sur une exclamation.

Elle a écrit : « T’es une écrivaine. Une vraie de vraie ! » depuis un train et la page 100 des « Fleurs roses du papier peint« .

Et depuis le métro, elle a enchaîné. Elle a parlé de Gilda qui lui rendait sa respiration, elle a dit qu’il fallait se battre pour ce livre, encore et encore, elle a dit qu’elle m’aiderait, qu’elle y croyait.

Et j’ai pensé : elle a trouvé un vieux dessin et l’a accroché sur le frigo…

Ce roman est sorti il y a un an, je l’ai laissé vivre sa vie, j’ai lu tes retours, tes commentaires, lecteur extraordinaire, je m’en suis réjouie. J’étais heureuse et satisfaite parce que c’était déjà plus que beaucoup, et puis le temps, la vie, les rebondissements et parfois quelques ennuis, d’autres projets, une autre vie, avancer sans se retourner.

Elle m’a écrit avec enthousiasme et foi en moi. Elle m’a forcée à me retourner et à penser, qu’en effet, cette histoire-là n’est peut-être pas terminée, que Mildred peut encore grandir, pousser, aller te conquérir sur une plus grande portée.

Il y a des rencontres qui t’envoient en l’air et bouleversent un peu tes projets, ton chemin.

Il y a des rencontres qui, en plus de te remplir le coeur, te poussent à aller encore plus loin.

Il y a des rencontres qui sont deux mains : une qui se saisit de la tienne ; l’autre, paume vers le ciel, qui te tend très exactement ce dont tu as besoin.

Il y a des rencontres qui sont demain…

 

 
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Publié par le juin 12, 2018 dans littérature

 

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