RSS

Archives d’Auteur: lavilaine31

Danser la vie

Salomé

Il y a toujours un moment, où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où, le trop plein, le quotidien, la morosité, appelez ça comme vous voudrez, ce diable qui vous attrape par les chevilles et tente de vous entraîner là, au fond, tout au fond, aux tréfonds, un moment où ce diable fait face à elle, à ce moment où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où je sais, un moment où je sais et où je sens sa force, son pouvoir de résilience, sa lumière, sa transe, au moment où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où elle dépose un frisson, un frisson à mes pieds, un doux frisson qu’elle fait remonter autour des malléoles comme un baiser papillon, un imperceptible frisson, ce moment où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où je sais, un moment où je sens.

Il y a toujours un moment où elle enserre mes mollets de ses doigts longs, taquine mes genoux comme pour en tester les réflexes rendus mous, avant de se faufiler un peu partout et jusque dans mon cou, c’est maintenant, c’est ce moment où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où je sais, où je sens plus violemment.

Il y a toujours un moment où dans mon ventre, dans mon bassin, dans mon dos, dans mes jambes, elle se glisse comme dans une antre, ce moment où elle m’appelle et me chuchote à l’oreille :

« Danse, danse, ici, là, maintenant et n’importe quand mais surtout danse immédiatement. Danse, lâche les cheveux, lâche les chevaux, danse, danse, car c’est ainsi que tu panses, c’est ainsi que tu penses. »

 

 

 

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le mai 16, 2018 dans triturage de cervelet

 

Étiquettes : , , , , , , ,

Pas si simple

Et transformer

Alors que Jean-Michel Blanquer s’arrache les quelques cheveux que le temps lui a encore laissés juste pour tricotiloter sur la suppression ou non du passé simple, je pense à eux.

Je pense à eux, ces amis, mes amis au passé pas si simple.

Je pense à eux et à comment ils ont composé avec, certains avec virtuosité.

Je pense à eux et à comment le passé simple ou compliqué marque toute une vie, une destinée.

Je pense à comment l’on conjugue sa vie pour en tirer un futur qui ne soit pas antérieur, un futur simple avec un seul impératif : un avenir plus-que-parfait ou, à tout le moins, avec aussi peu d’imparfait que possible.

Je pense à eux, à mes amis et aux inconnus aussi.

Ceux que l’on croise et dont on perçoit toutes les révisions sur le visage.

Je pense à eux et je sais.

Je sais le chemin qu’ils ont fait, je sais les choix et les renoncements, je connais les choix, résolument.

Je pense à eux.

Le passé simple n’existe pas, il n’existe que des choix et les réformes intérieures prennent du temps.

 
Poster un commentaire

Publié par le mai 9, 2018 dans Actu

 

Étiquettes : , , , , ,

Entre les côtes qui naviguent

Juste là…

C’est là.

C’est infime et énorme à la fois, c’est là. Juste là, entre les côtes qui naviguent, entre la côte qui s’abime et se déplace en frappant la poitrine.

C’est là.

C’est effrayant et grisant, ça porte le nom du changement.

C’est là.

C’est un vertige qui balaye des ruines et des vestiges, qui nettoie, restaure et nourrit, c’est une transmutation qui ne dit pas son nom.

C’est là.

C’est au départ angoissant et étourdissant.

C’est là.

Et puis se réveiller un matin et s’apercevoir que la peur s’en est allée, avec le dernier rêve, sur la pointe des pieds dès potron-minet.

C’est là.

Et c’est devenu léger… Léger comme le sommeil retrouvé.

C’est là, entre les côtes qui naviguent, bien à l’abri derrière le sternum, ça berce les vertèbres et étire les lèvres en sourire.

C’est là.

C’est la certitude et la confiance, c’est quatre mots simples et lourds de sens : « Maintenant, tout ira bien« .

 
Poster un commentaire

Publié par le mai 4, 2018 dans triturage de cervelet

 

Étiquettes : , , , , , ,

Présent !

Merci !

Tu as répondu présent, lecteur assidu, tu étais là, dans cette petite bibliothèque où l’on est rapidement à l’étroit dès que l’on est plus de trois.

Tu es venu à vingt, un chiffre qui rime avec ce que j’aime bien partager pour dire mon amitié.

Je pensais que tu m’aurais empruntée dans cette bibliothèque, alors je n’avais pas prévu de venir avec un gros stock de moi. Je pensais qu’au mieux, tu aurais déjà ton exemplaire sous le bras mais ce n’était pas le cas. Tu m’as dévalisée, tu m’as émue et dévalisée avec ton attention toute attentionnée, tes questions toutes préparées de frais (aussi frais que les chouquettes délicatement posées sur la table autour de laquelle nous avons conversé), tes regards tantôt émotionnés, tantôt amusés.

Ah tu peux te vanter, lecteur, de m’avoir prise par surprise en une seule et unique prise !

Tu étais jeune, tu étais vieux, tu as voulu les fleurs et Marie-Agnès Dupin, tu as voulu savoir laquelle j’étais, tu as vite compris que j’étais toutes et aucune à la fois, rien et personne tout comme toi, moi qui ne suis rien sans toi, sans tes yeux pour me lire, sans tes mots pour me partager, sans tes doigts pour m’agrémenter de ton avis en mode public et « virtualisé ».

et merci !

Alors laisse-moi te remercier, lecteur qui répondu présent à vingt comme si tu étais cent, laisse-moi te dire qu’ensuite j’ai dansé toute la journée seule dans mon appartement, parce que je crois que je ne m’y ferais jamais, je ne me lasserais jamais de te raconter ce que j’ai dans le coeur, dans la tête, que je ne serais jamais blasée de jacasser avec toi, jamais fatiguée de t’écouter ME raconter par ton prisme à toi.

Je te dirais bien trois mots mais je crois que c’est un peu tôt (attendons le quatrième rendez-vous, ce sera moins fou-fou) et puis, tu le sais (ou pas, d’ailleurs), j’ai ma pudeur même si elle est souvent bien planquée derrière mon air rieur.

Alors je te dis juste :

Merci…

 
Poster un commentaire

Publié par le mai 4, 2018 dans littérature

 

Étiquettes : , , , , , , , ,

Et dévorer le monde

Un oiseau de foi

T’es-tu déjà réveillé, lecteur ensommeillé, avec une foi particulière et intense ? Avec la sensation que tu allais conquérir, avaler le monde ? Que quelque chose de lumineux allait te tomber droit dans le bec, en plein sur la tête ?

C’est la certitude avec laquelle je me suis levée.

Là, à l’intérieur, logée dans le ventre, frappant dans le coeur, une force… et dans l’estomac un appétit, une envie de dévorer, d’embrasser le monde tout entier et la conviction qu’il est à ma portée, que mes bras sont assez larges pour l’enserrer.

Une énergie à te déplacer les montagnes, à gober les monts et les merveilles, comme si quelqu’un avait soufflé à mon oreille durant mon sommeil une sublime nouvelle.

Comme si quelque magie, quelque sorcellerie s’était produite durant ma nuit, un sort soufflant sur mon sort, une voix pour m’indiquer la voie, un train plein d’entrain à ne pas louper, une fusée, une envolée.

Reste à découvrir où placer tout ce prana, comment, où, à quel endroit.

Reste, encore une fois, à ouvrir les yeux, à les placer dans le coeur, à observer, pour saisir ce qui doit être concrétisé, un oiseau de proie en plein vol, un oiseau de foi en moi…

 
Poster un commentaire

Publié par le avril 27, 2018 dans triturage de cervelet

 

Étiquettes : , , , , ,

Nouvelle lune

Suivre son chemin

Je sais, lecteur terre à terre, en lisant ce titre, tu hausses du sourcil, pince de la bouche, tripatouille ta moustache (si tu en possèdes une, sans quoi peut-être tricotes-tu de la mèche de cheveux s’il t’en reste un peu), tu protestes, je t’entends presque :  » Encore un billet lunaire, est-ce une obsession ? Une monomanie ? Un manque d’inspiration ? » et je ne peux te donner tort mais, vois-tu (du moins lis-tu), je suis sensible à la lune et cette dernière m’envoie régulièrement en l’air à coups d’insomnies et de portes défoncées comme par des courants d’air en mode tsunami.

Alors forcément, ça grignote un peu de place dans mon espace cérébral et puisque j’en renverse la moitié ici (de mes tergiversations cérébrales, pour le reste, je prends garde à laisser le lieu aussi propret que quand j’y suis entrée), conséquemment, ça produit du billet sur le sujet.

Bref, je suis sensible à la lune et celle-ci, la nouvelle, devrais-je dire la DERNIÈRE nouvelle lune promettait du chambardement à te mettre par terre et comme je n’étais plus à un petit chamboulement près, je me suis dit « Ok, on y est ». Je sais, lecteur sage du coeur, j’ai une part naïve… Par « on y est », je pensais vraiment que j’y étais et même en plein dedans, j’aurais dû mieux lire la mise en garde et les effets secondaires désirables ou non.

Cette dernière nouvelle lune, celle du 16 avril pour être précise (vérifie ton agenda et réfléchis bien aux vingt-quatre/quarante-huit heures qui ont suivi… précédé ET suivi), voici donc ce qu’elle nous promettait : « Cette nouvelle lune nous emmène sur les sentiers de l’accomplissement, de l’action, de la mise en route. Vous n’étiez pas prêt ? Alors accrochez-vous, car tout va tourbillonner autour de vous, et vite » (pas besoin d’explication de texte jusque là, en gros, ça va envoyer du bois) et en effet, lecteur, ta Vilaine, telle Dorothy, a été soufflée par une tornade avant de retomber en plein champ, nattes défaites, robe retroussée. 

Passée la torpeur et une fois le reptilien remis en veille, telle Dorothy (encore), j’ai choisi de suivre la route de briques jaunes en sautillant (reste tout de même à acheter les chaussures rubis, en revanche, je vais éviter la robe bleu à petit col blanc, laquelle, à mon âge, serait un délire un peu déviant) car, vois-tu (enfin lis-tu), deux options existent face aux perturbations atmosphériques (et périphériques), fermer les yeux, résister et s’interroger ou… les écarquiller tout grands et se laisser porter, abandonner toute résistance, offrir à l’Univers sa confiance, saisir ce que le chemin dépose devant soi, bras, jambes et coeur ouverts, tête en arrière pour recevoir un peu de cette poussière que l’on dit d’étoiles.

Et tant pis si ça ne faisait en rien partie du plan.

Et tant mieux si ça ne faisait en rien partie du plan.

Il se pourrait bien que le cadeau ne soit pas seulement au bout du chemin…

Il se pourrait bien que le chemin aussi soit le cadeau.

 

 
Poster un commentaire

Publié par le avril 26, 2018 dans triturage de cervelet

 

Étiquettes : , , , , , , , , ,

Danser dans la forêt

Forêt de hêtres – Gustave Klimt

C’était une soirée différente. Une soirée illuminée par des amies et par une lune que l’on disait bleue, pleine et de sang.

Une soirée où l’on partageait l’amitié et le vin, où les conversations à coeur ouvert allaient bon train, où l’on grignotait des chips et des bouts de vie.

Et puis une envie de forêt comme une respiration à reprendre rapidement a lancé une vrille. On a enfilé nos chaussures, nos manteaux, on a filé au milieu de la nuit droit vers les bois.

Je te passe, lecteur, le parcours santé nocturne et aviné, je t’épargne les fous rires et les rires fous, les présentations à mon arbre et comme nous l’avons toutes trois enlacé pour le remercier.

Une fois notre tour de n’importe quoi presque achevé, l’une de nous a eu cette phrase magique qui a lancé la seconde vrille : « On rentre en La La Land ? », aucune de nous n’a demandé de quoi il s’agissait, on savait.

Elle a lancé la musique avec l’enthousiasme d’une enfant, on percevait ses yeux brillants. On a dansé dans la forêt sur le chemin du retour, on a couru dans les champs, sauté, chanté, on s’est regardées comme on se regarde vraiment, en se voyant, en se comprenant, on s’est serrées-collées comme pour sceller ce qui devait l’être, pour se dire l’indicible, le beau et l’invisible, tout ce qui ne s’achète pas, ne s’enferme pas, cette nuit-là, on a fêté la liberté comme jamais.

 
3 Commentaires

Publié par le avril 25, 2018 dans triturage de cervelet

 

Étiquettes : , , , , ,