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Le paradoxe de la valise

Des livres et du bonheur

J’ai mis dans ma valise dix exemplaires de mon livre (et ceux de ma génération qui ont cette vilaine propension à avoir un juke box pourri dans la tête, devraient avoir une certaine chanson pour enfants dedans à la lecture de cette phrase).

J’ai mis dans ma valise, aussi, les exemplaires des livres de Sorj Chalandon, Michèle Gazier et Michèle Lesbre, dévorés en amont, mon côté bon élève m’ayant poussée à les lire avant pour échanger avec conviction.

J’ai mis dans ma valise trois vêtements, peu de choses, pas besoin de tant.

Mais, surtout, j’ai mis dans ma valise de la joie, du bonheur, de l’excitation. J’ai laissé les attentes, elles écraseraient la joie et me chargeraient pour rien. J’aime mieux y aller tout juste vêtue d’un brin d’ivresse, je ne crains pas de prendre froid.

C’est rudement lourd une valise pleine de joie et de bonheur. Bien plus lourd que tout le reste du contenu.

C’est paradoxalement incroyablement léger une valise remplie de joie et de bonheur, c’est une plume volée à des ailes encore faites de duvet.

À demain, amis Parisiens.

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Publié par le octobre 9, 2017 dans littérature

 

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Ce que je te dois

Voyage

À toi, cher lecteur, qui a mis tant de coeur à me lire et me commenter, sache que le concours Plumes Francophones est terminé.

Je ne l’ai pas remporté mais je, ou plutôt Mildred, est arrivée parmi les cinq finalistes (sur 1541 participants du monde entier, c’est sans doute plus qu’elle n’aurait pu espérer dans son monde de solitude).

J’ai eu la chance d’être conviée à la cérémonie, invitée sur Paris, TGV réservé et bondé de Japonais surexcités, hôtel charmant ayant abrité les amours de Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, confortable, doux, avec (comme fait exprès) des couloirs recouverts d’un papier peint à fleurs…

J’ai eu le bonheur de retrouver Paris, seule, elle et moi pour vingt-quatre heures. Arpenter les couloirs du métro dans lequel je n’avais pas mis mon 35 fillette depuis 8 ans, retrouver les réflexes des correspondances, entendre les musiciens parfois bien maladroits chanter et jouer quelque chose que l’on ne reconnaît pas, déjeuner dans une brasserie en observant le trafic incessant de voitures et de piétons, se voir demander sa main par des gamins sondeurs, une adoption par des punks à chien rieurs. Le sourire aux lèvres partout, tout le temps, tout m’évoquait la joie d’être là, d’avoir ce moment à moi.

Puis la cérémonie en elle-même où je suis arrivée en courant, avec retard (je me suis gourée de sens sur le boulevard, j’ai tout de même regretté quelques minutes les talons hauts chaussés), la chance de voir mon livre présenté, défendu même, par le Président d’Amazon France (« un très beau livre, un livre attachant ») avant que Yasmina Khadra, parrain de l’événement, commente à son tour de la plus belle des manières : « Il y a un style très maîtrisé, la souveraineté de son texte, de son univers, c’était fantastique » (tu peux voir ça en cliquant ).

La rencontre avec une autre finaliste, Julie Deh (« Comme un oiseau », un livre à lire absolument), talentueuse, drôle, charmante, une parfaite et immédiate entente qui nous a collées l’une à l’autre toute la soirée pour affronter le buffet, le champagne, les échanges avec un jury qui n’a cessé de répéter qu’il était conquis (et Yasmina Khadra déclarant n’avoir aucun conseil à me donner).

Interview filmée de fin de soirée (il y avait du champagne, dois-je te le rappeler ?), non préparée, pas forcément assumée, on verra plus tard, pour le moment il faut savourer. Retour à pied dans la nuit parisienne, s’étendre dans ce grand lit confortable, seule, bien avec soi-même.

Tout ça, lecteur, je te le dois.

Le concours est fini mais pas l’histoire de ce livre, continue de le faire vivre, continue d’en parler car je le sens, lecteur, toi et moi, ce n’est pas une histoire sans lendemain.

 
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Publié par le octobre 8, 2017 dans littérature

 

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Le prochain

Une idée lumineuse

Elle m’a regardée droit dans les yeux. Elle m’a dit toute l’émotion ressentie chaque fois qu’elle me lit et puis, après quelques secondes d’hésitation, reprise de souffle et pointe d’agitation, elle m’a demandé ce que serait le prochain avant de vraiment oser se lancer :

« Tu devrais écrire une histoire d’amour, un roman un peu érotique, parce qu’avec tes mots… Ce serait… »

Elle a rougi, s’est arrêtée.

J’ai joué la rime pour plaisanter : « Avec mes mots ? Est-ce que je devrais fournir le vibro en guise de promo ? »

Elle a ri (ouf !) puis a repris : « Non, vraiment, tu devrais écrire une histoire d’amour, mais je parle d’un truc puissant pas un truc gnangnan ».

Je lui ai dit que je ne pourrais pas, qu’il y a Cohen et puis Duras. Que le plus beau, ils l’ont écrit et que lorsqu’on les lit, on se dit que tout est dit.

Pour le frisson je l’ai envoyé vers Sade…

Il en est des livres comme des enfants, à peine a-t-on accouché du premier que l’on nous demande quand on fera le suivant.

« Le prochain ? C’est pour quand ? Non, parce que nous, on attend ! »

Le prochain n’est pas loin, il est déjà là, au creux de tout ce que je ne sais pas, il est Albert au désespoir et au milieu de son couloir… à moins que je ne me laisse entraîner vers d’autres contrées, vers celle-ci qui me titille le système hédonique et qui ne comporte (pour le moment) qu’un paragraphe unique…

 
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Publié par le août 16, 2017 dans littérature

 

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100 !

Munitions prêtes

On va passer la barre des 100, lecteur souteneur et motivant, incessamment.

Évidemment, ce chiffre a de quoi provoquer légers gloussements et amicales moqueries de la part d’auteurs comme Marc Levy mais moi, ça me remplit.

100… En assez peu de temps, finalement… À peine plus d’un mois, même pas accompagné d’un demi (sauf ceux bus aux terrasses des cafés mais on n’a pas le droit de les compter, à ce qu’il paraît).

Alors, forcément, au centième de seconde où l’on aura effectivement passé les 100, j’ai bien envie de fêter ça. Je ne sais pas quoi mais j’y réfléchis, ne t’inquiète pas (et puis ça me fera de l’entraînement pour fêter mes ans quant à leur tour, ils se seront cumulés jusqu’à 100).

Je n’ai qu’un regret, celui de ne pas être en mesure de savoir QUI sera le 100ème acheteur-lecteur. Comme dans ces magasins où tombent cotillons et langues de belle-mère à la seconde où le 100ème client vient dépenser son argent dans de la crème fraîche et des onguents.

J’aurais adoré lui offrir une fête toute personnelle avec musique, champagne et petits fours en ribambelles.

Reste une option : fêter le 100ème lecteur-commentateur, mais il est possible que je fête le centenaire de mes ans un peu avant puisque sur 100, seuls 11 lecteurs m’ont ouvert leur coeur en s’y soumettant, on est donc loin des 100% (pour le moment).

 

 
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Publié par le août 4, 2017 dans littérature, triturage de cervelet

 

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De ci, de là

je suis d’ici

Où que je sois, je ne me sens jamais de là.

Sauf là-bas.

Là-bas où la mer est vagues et marées, où elle sait nous submerger avant de se retirer comme pour nous demander de faire l’effort de la poursuivre, d’aller jusqu’à elle pour y plonger.

Où que je sois, je ne me sens jamais d’ici sauf en elle. Je pourrais lui en vouloir d’avoir tenté un jour de m’emporter, de m’avoir retournée dans ses rouleaux, tirée par les chevilles vers un fond sableux jusqu’à l’étouffement mais il n’en est rien.

Je ne l’avais pas vue depuis près de vingt ans et le soir de mon arrivée, la jupe relevée haut sur les hanches, laissant les vagues envelopper-fouetter mes cuisses, je lui ai soufflé combien elle m’avait manquée.

Je l’ai dit avant même d’avoir conscience de le penser et j’ai senti ma gorge se serrer… Je n’avais pas réalisé combien cette phrase était vraie avant de la prononcer.

 
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Publié par le juillet 24, 2017 dans triturage de cervelet

 

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Sans repos

Somewhere over the rainbow

5H00, mon corps sursaute, mes yeux s’ouvrent, je proteste, c’est trop tôt ! Je tourne, me retourne, me détourne de cet appel du corps et de l’esprit, je n’ai pas fini ma nuit ! Sais-tu à quelle heure je me suis endormie ?

5H15, toutes les alarmes internes s’enclenchent : debout ! lève-toi ! Ça hurle comme une urgence… Je mets l’oreiller sur ma tête, seul bouton OFF à ma portée.

5H30, face à l’insistance de mes neurones (couplée à celle, non moins pugnace, des cellules de tout mon corps), je cède, je me lève (fait quand même un peu chier)…

05H45, chien promené, poules nourries, sèche-linge lancé, café avalé, jambes excitées. Ok, leur dis-je, on va marcher.

05H50, je pars, je marche, je respire, j’absorbe goulument la nature tout juste éveillée, les nuages chargés de pluie, le soleil qui tente une percée. J’accélère, je cherche à me fatiguer, m’épuiser mais tout semble au contraire me revigorer.

06H00, je stoppe et contemple un arc-en-ciel. De l’autre côté, les champs baignés par une lumière magnifique, onirique sous des cieux de plus en plus sombres. La pluie arrive mais le soleil cherche à résister. Je repars.

06H30, je marche plus fort, plus vite. Les premières gouttes filent sur mon visage… Je ralentis en espérant que l’averse s’abatte sur moi, me secoue, me fouette, me détrempe et me donne le tournis avant d’être à l’abri.

07H00, des kilomètres sont avalés, j’ai pourtant la sensation de ne pas avoir terminé. Je pourrais marcher toute la journée, rien ne semble pouvoir me fatiguer.

Je reste sans repos, somewhere over the rainbow.

 

 

 

 
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Publié par le juillet 1, 2017 dans triturage de cervelet

 

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Voilà, j’ai fini

33 000 tout juste et par hasard

Voilà, j’ai fini, terminé, achevé mon roman, le premier… C’est incroyable l’effet que ça fait. Cette hystérie, cette envie de sauter partout et, pour être franche, sais-tu les premiers mots venus à mon esprit quand j’ai senti que j’en finissais ?

« Putain de bordel de merde : je l’ai fait ». Grossier, c’est vrai, mais est-ce que ça compte quand c’est de la grossièreté joyeuse ?

Je ne sais pas si vous aimerez ce roman autant que mes nouvelles (qui se vendent bien, mieux que je ne l’espérais) mais je suis satisfaite. Satisfaite de ce que j’ai écrit, de l’amour et du travail que j’y ai mis.

Satisfaite de chacun de mes personnages que j’ai aimés à différents degrés, dans lesquels il y a des parts de moi ici et là, et satisfaite surtout de ne pas avoir lâché, d’être allée au bout, de ne pas avoir renoncé à cause de Doute (tu te souviens ? Je t’en ai parlé) et toute sa clique. J’ai la conviction d’avoir dit tout ce que j’avais à dire dans cette histoire, la conviction de ne pas m’être trahie et, encore une fois, d’être allée au bout sans flancher et ça, lecteur, ça n’a pas de prix.

Maintenant ça va aller vite, très vite, je me relis, vérifie la cohérence, traque la faute d’inattention. Je vais le confier à mon panel de lecteurs, sélectionnés pour leur intransigeance, leurs goûts variés et leur franc parlé.

Et ensuite, lecteur, je vais avoir besoin de toi comme jamais.

Je vais bientôt te solliciter, je vais bientôt tout t’expliquer et tu comprendras pourquoi ce projet ne peut se faire sans toi. Tiens-toi prêt…

 
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Publié par le juin 15, 2017 dans triturage de cervelet

 

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