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Archives de Tag: auteur

Le prochain

Une idée lumineuse

Elle m’a regardée droit dans les yeux. Elle m’a dit toute l’émotion ressentie chaque fois qu’elle me lit et puis, après quelques secondes d’hésitation, reprise de souffle et pointe d’agitation, elle m’a demandé ce que serait le prochain avant de vraiment oser se lancer :

« Tu devrais écrire une histoire d’amour, un roman un peu érotique, parce qu’avec tes mots… Ce serait… »

Elle a rougi, s’est arrêtée.

J’ai joué la rime pour plaisanter : « Avec mes mots ? Est-ce que je devrais fournir le vibro en guise de promo ? »

Elle a ri (ouf !) puis a repris : « Non, vraiment, tu devrais écrire une histoire d’amour, mais je parle d’un truc puissant pas un truc gnangnan ».

Je lui ai dit que je ne pourrais pas, qu’il y a Cohen et puis Duras. Que le plus beau, ils l’ont écrit et que lorsqu’on les lit, on se dit que tout est dit.

Pour le frisson je l’ai envoyé vers Sade…

Il en est des livres comme des enfants, à peine a-t-on accouché du premier que l’on nous demande quand on fera le suivant.

« Le prochain ? C’est pour quand ? Non, parce que nous, on attend ! »

Le prochain n’est pas loin, il est déjà là, au creux de tout ce que je ne sais pas, il est Albert au désespoir et au milieu de son couloir… à moins que je ne me laisse entraîner vers d’autres contrées, vers celle-ci qui me titille le système hédonique et qui ne comporte (pour le moment) qu’un paragraphe unique…

 
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Publié par le août 16, 2017 dans littérature

 

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100 !

Munitions prêtes

On va passer la barre des 100, lecteur souteneur et motivant, incessamment.

Évidemment, ce chiffre a de quoi provoquer légers gloussements et amicales moqueries de la part d’auteurs comme Marc Levy mais moi, ça me remplit.

100… En assez peu de temps, finalement… À peine plus d’un mois, même pas accompagné d’un demi (sauf ceux bus aux terrasses des cafés mais on n’a pas le droit de les compter, à ce qu’il paraît).

Alors, forcément, au centième de seconde où l’on aura effectivement passé les 100, j’ai bien envie de fêter ça. Je ne sais pas quoi mais j’y réfléchis, ne t’inquiète pas (et puis ça me fera de l’entraînement pour fêter mes ans quant à leur tour, ils se seront cumulés jusqu’à 100).

Je n’ai qu’un regret, celui de ne pas être en mesure de savoir QUI sera le 100ème acheteur-lecteur. Comme dans ces magasins où tombent cotillons et langues de belle-mère à la seconde où le 100ème client vient dépenser son argent dans de la crème fraîche et des onguents.

J’aurais adoré lui offrir une fête toute personnelle avec musique, champagne et petits fours en ribambelles.

Reste une option : fêter le 100ème lecteur-commentateur, mais il est possible que je fête le centenaire de mes ans un peu avant puisque sur 100, seuls 11 lecteurs m’ont ouvert leur coeur en s’y soumettant, on est donc loin des 100% (pour le moment).

 

 
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Publié par le août 4, 2017 dans littérature, triturage de cervelet

 

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De ci, de là

je suis d’ici

Où que je sois, je ne me sens jamais de là.

Sauf là-bas.

Là-bas où la mer est vagues et marées, où elle sait nous submerger avant de se retirer comme pour nous demander de faire l’effort de la poursuivre, d’aller jusqu’à elle pour y plonger.

Où que je sois, je ne me sens jamais d’ici sauf en elle. Je pourrais lui en vouloir d’avoir tenté un jour de m’emporter, de m’avoir retournée dans ses rouleaux, tirée par les chevilles vers un fond sableux jusqu’à l’étouffement mais il n’en est rien.

Je ne l’avais pas vue depuis près de vingt ans et le soir de mon arrivée, la jupe relevée haut sur les hanches, laissant les vagues envelopper-fouetter mes cuisses, je lui ai soufflé combien elle m’avait manquée.

Je l’ai dit avant même d’avoir conscience de le penser et j’ai senti ma gorge se serrer… Je n’avais pas réalisé combien cette phrase était vraie avant de la prononcer.

 
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Publié par le juillet 24, 2017 dans triturage de cervelet

 

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Sans repos

Somewhere over the rainbow

5H00, mon corps sursaute, mes yeux s’ouvrent, je proteste, c’est trop tôt ! Je tourne, me retourne, me détourne de cet appel du corps et de l’esprit, je n’ai pas fini ma nuit ! Sais-tu à quelle heure je me suis endormie ?

5H15, toutes les alarmes internes s’enclenchent : debout ! lève-toi ! Ça hurle comme une urgence… Je mets l’oreiller sur ma tête, seul bouton OFF à ma portée.

5H30, face à l’insistance de mes neurones (couplée à celle, non moins pugnace, des cellules de tout mon corps), je cède, je me lève (fait quand même un peu chier)…

05H45, chien promené, poules nourries, sèche-linge lancé, café avalé, jambes excitées. Ok, leur dis-je, on va marcher.

05H50, je pars, je marche, je respire, j’absorbe goulument la nature tout juste éveillée, les nuages chargés de pluie, le soleil qui tente une percée. J’accélère, je cherche à me fatiguer, m’épuiser mais tout semble au contraire me revigorer.

06H00, je stoppe et contemple un arc-en-ciel. De l’autre côté, les champs baignés par une lumière magnifique, onirique sous des cieux de plus en plus sombres. La pluie arrive mais le soleil cherche à résister. Je repars.

06H30, je marche plus fort, plus vite. Les premières gouttes filent sur mon visage… Je ralentis en espérant que l’averse s’abatte sur moi, me secoue, me fouette, me détrempe et me donne le tournis avant d’être à l’abri.

07H00, des kilomètres sont avalés, j’ai pourtant la sensation de ne pas avoir terminé. Je pourrais marcher toute la journée, rien ne semble pouvoir me fatiguer.

Je reste sans repos, somewhere over the rainbow.

 

 

 

 
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Publié par le juillet 1, 2017 dans triturage de cervelet

 

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Voilà, j’ai fini

33 000 tout juste et par hasard

Voilà, j’ai fini, terminé, achevé mon roman, le premier… C’est incroyable l’effet que ça fait. Cette hystérie, cette envie de sauter partout et, pour être franche, sais-tu les premiers mots venus à mon esprit quand j’ai senti que j’en finissais ?

« Putain de bordel de merde : je l’ai fait ». Grossier, c’est vrai, mais est-ce que ça compte quand c’est de la grossièreté joyeuse ?

Je ne sais pas si vous aimerez ce roman autant que mes nouvelles (qui se vendent bien, mieux que je ne l’espérais) mais je suis satisfaite. Satisfaite de ce que j’ai écrit, de l’amour et du travail que j’y ai mis.

Satisfaite de chacun de mes personnages que j’ai aimés à différents degrés, dans lesquels il y a des parts de moi ici et là, et satisfaite surtout de ne pas avoir lâché, d’être allée au bout, de ne pas avoir renoncé à cause de Doute (tu te souviens ? Je t’en ai parlé) et toute sa clique. J’ai la conviction d’avoir dit tout ce que j’avais à dire dans cette histoire, la conviction de ne pas m’être trahie et, encore une fois, d’être allée au bout sans flancher et ça, lecteur, ça n’a pas de prix.

Maintenant ça va aller vite, très vite, je me relis, vérifie la cohérence, traque la faute d’inattention. Je vais le confier à mon panel de lecteurs, sélectionnés pour leur intransigeance, leurs goûts variés et leur franc parlé.

Et ensuite, lecteur, je vais avoir besoin de toi comme jamais.

Je vais bientôt te solliciter, je vais bientôt tout t’expliquer et tu comprendras pourquoi ce projet ne peut se faire sans toi. Tiens-toi prêt…

 
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Publié par le juin 15, 2017 dans triturage de cervelet

 

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Quand ce sera fini

Les cerises d’Ariane

Quand j’en aurai terminé (et ça ne va plus tarder), durant le temps de repos nécessaire à une relecture complète (sache que je commence à sélectionner mon panel de lecteurs intransigeants), la première chose que je ferai sera de replonger dans la lecture (d’autres romans, bien sûr).

Quand ce sera fini, c’est vers « Belle du seigneur » que je me dirigerai. Même si je l’ai déjà lu, même si tant d’autres livres m’attendent, depuis quelques jours il m’appelle et je sais que c’est celui-ci que je lirai en premier.

Parce que c’est la saison des cerises et que chaque fois que je vois ce fruit au rouge suffisamment particulier pour qu’une couleur porte son nom, je pense à Ariane et à Solal (ceux qui ont lu ce roman comprendront, les autres… qu’attendez-vous, nom de non ?!).

Parce qu’il est l’un des livres les plus envoûtants qu’il m’ait été donné de lire, avec le génie d’une écriture dont la forme change selon que l’auteur nous offre le point de vue de Solal, d’Ariane ou d’Adrien, mais toujours avec une précision de dentelière.

Parce que, pour moi, ce livre est toute l’essence du plaisir de lire et qu’il vient me rappeler (s’il en était besoin) pourquoi j’aime la littérature.

Évidemment, en le relisant, je me dirai que ce que j’ai commis est insipide (peut-être même pourri). Un peu comme un candidat de télé-crochet qui écouterait La Traviata juste avant son audition… Il me faudra alors résister à la tentation de tout envoyer valser, il me faudra tenir pour aller au bout de ce projet.

 
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Publié par le juin 1, 2017 dans littérature

 

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T’as l’bonjour d’Albert

Statistiques rassurantes

Cette nuit, j’ai reçu la visite d’Albert. Alors que je dormais, il s’est assis sur mon lit et m’a dit : « Dis donc La Vilaine, y’en a plus que pour la gamine, tu m’oublies ? ».

Albert était en colère et je n’ai pu qu’acquiescer face à ses reproches justifiés. Il a continué : « Tu m’as planté au milieu d’un couloir, t’avais pourtant l’air d’y croire à mon histoire, qu’est-ce que tu fous ? Je croyais que t’en avais terminé avec la petite chétive et sa famille dépressive ? » (Albert peut être un poil vulgaire).

C’est vrai que je l’ai abandonné dans un moment bien particulier et je ne peux que comprendre qu’il en soit un peu fâché. J’ai donc tenté de le rassurer, lui ai demandé de patienter, je lui ai montré les statistiques pour le rasséréner. On ne saurait écrire deux histoires en même temps sans risquer de se mélanger les touches, lui ai-je dit en espérant qu’il ne prendrait pas la mouche. J’ai ajouté que s’il n’avançait plus sur le papier, il était bel et bien dans un coin de ma tête et que je savais très exactement où j’allais l’emmener dès que j’aurais achevé d’engraisser la nouvelle, dès qu’elle serait assez forte pour porter tout un roman. Je lui assuré que l’on en approchait, que sa courbe de poids était régulière et encourageante.

Je lui ai assuré qu’il serait le premier au courant, forcément et que tandis que je laisserai le tapuscrit de l’enfant reposer quelques semaines pour mieux le corriger, je serai tout à lui. Je l’ai un peu flatté aussi, je lui ai vendu un peu de rêve en lui expliquant que jusqu’ici, je ne me pensais pas capable d’une relation stable et durable, d’une histoire longue comme un roman mais que, grâce à la petite, justement, il n’était pas impossible que notre histoire, son histoire, dure plus longtemps que les quelques pages d’une nouvelle.

Je l’ai senti dubitatif mais il est reparti sur la pointe des pieds et a laissé la nuit se terminer.

Ce que je ne t’ai pas dit, Albert, c’est que la nuit, je doute encore de ce que nous deviendrons : elle, toi et moi. Car si je suis motivée, il me faudra tout de même rallier tout un tas de forces extérieures, réseauter, promouvoir, quémander du partage et du relai, de la note et des critiques (en somme faire un peu chier), et ça, ça me demandera un grand coup de pied dans le gros derrière de ma peur de déranger.

 

 

 

 
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Publié par le mai 10, 2017 dans triturage de cervelet

 

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