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Archives de Tag: auteur

Allers et retours

Je te vois…

Hier soir, j’ai reçu le merveilleux commentaire de Pascale sur mon article précédent. Tu l’as peut-être lu, lecteur, ou peut-être pas. Au-delà de l’opinion qu’elle livre sur mes écrits et qui me remplit le coeur (comme à chaque fois que je lis tes commentaires, lecteur, j’en suis retournée et émue), elle s’est interrogée sur la frustration possible de ne pas avoir de retour sur mes billets.

Alors, je veux la rassurer, et peut-être en rassurer d’autres : comme elle l’a dit, « on ne fait pas ça pour ça« , pour moi, écrire est un besoin avant tout, écrire me fait du bien, écrire est comme me nourrir. J’écris ici et ailleurs, chaque jour, sur différents supports, certains de ces écrits restent et resteront à jamais dans le duo intime que je forme avec mon ordinateur, d’autres sont des lettres, des mots (toujours trop longs sans doute) glissés-donnés à ceux à qui ils sont destinés, d’autres enfin alimentent un long document qui prendra, tôt ou tard, la forme de mon prochain roman. Il est donc vrai que je n’écris pas, en priorité du moins, « pour ça » mais ce serait mentir que de ne pas te dire que je le fais aussi « pour ça ».

Parce que je t’écris, comme elle le dit très justement, et je sais que tu me lis. La magie d’Internet m’offre une vigie : je sais combien viennent me lire chaque jour (et vous êtes souvent proches de la cinquantaine les jours de nouveaux billets), je sais ce qui est lu, je sais si tu cliques sur ce lien ci ou celui-là. En somme, même sans retour palpable, je sais que tu me visites, de façon quasi fantomatique, je vois ton ombre sous forme de graphique et, au-delà des statistiques, je sens ta présence derrière ton écran, à l’instant même où je pianote sur les touches, là, en écrivant ce billet, je te sens derrière ton écran, c’est bien à TOI que j’écris.

Parce que ce qui m’anime, t’anime peut-être parfois, parce que ce qui me fait rire, te fait peut-être rire comme moi. Parce que la vie, pour moi, c’est du partage et que les livres, les lettres, les mots, en sont un des plus beaux.

Alors je profite du si joli commentaire de Pascale pour te remercier, lecteur attentionné, de ta présence sans cesse renouvelée (et grandissante), pour tes « j’aime », tes partages de publication, tes commentaires et même l’absence de tes commentaires, je te remercie pour les graphiques que tu animes en courbes et qui ne lassent de m’étonner, je te remercie aussi (pour les plus fidèles et anciens lecteurs) pour le soutien que tu as porté à mes livres et espère que tu seras récompensé par le prochain.

Merci.

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Publié par le septembre 15, 2019 dans triturage de cervelet

 

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Sens dessus dessous

encore un rayon

On a cru que c’était fini, on a fermé les fenêtres, on a sorti les pulls, on s’est blotti sous les plaids, on a senti ce froid qui reste à l’intérieur et que seule une douche brûlante parvient à apaiser.

On a cru que c’en était terminé alors on a bougé les meubles comme pour bouger l’humeur, comme pour hiberner, se préparer à cocooner, ça avait du sens de les changer de sens, ça avait du Vian, ça avait un air de jours qui s’écument.

On a cru que c’était achevé, il a même neigé, on a trouvé que ça piquait cette brutalité, tous nos sens en étaient paralysés.

Et puis, le tout s’est réchauffé, comme le regain des lits de mourants, l’été a tout redonné dans un sursaut de fierté.

Alors on se précipite pour profiter des derniers rayons, on prend d’assaut les plans d’eau, on bavasse en terrasse, on cherche à oublier que, bientôt, ce sera vraiment terminé.

Comme une soudaine fugue, comme on retient le temps, on prend tout ce qui peut l’être et qui peut nous ramener à la liesse de l’été.

Alors on s’accroche comme des désespérés, comme si une saison pouvait nous sauver, comme si seul un été pouvait nous remplir, nous donner, nous libérer.

On a cru que c’était fini, que c’en était terminé, on a cru que c’était achevé, qu’on l’avait rêvé.

Mais tout s’est réchauffé et tant qu’il y est, ce n’est pas totalement terminé, tant qu’il y a été, on n’a pas rêvé, c’est que l’on y a été…

 

 
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Publié par le septembre 14, 2019 dans triturage de cervelet

 

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Trois mots

Sujet, verbe, complément

Il y a ces trois mots que certains refusent de prononcer, parce qu’ils sont usés à force d’avoir été prononcés, parce que, pensent-ils, les actes valent bien plus que les mots, parce que… tout un tas de bonnes raisons.

J’ai fait partie de ceux-ci, j’en ai fait partie presqu’une vie. Hormis pour mon enfant, j’ai toujours estimé que ces mots étaient creux lorsqu’il s’agissait du dialogue amoureux. Je ne sais plus qui disait qu’une fois qu’on a dit « je t’aime » tout est dit, que dire de plus, il n’y a plus rien à dire après. J’ai validé ce postulat autant que j’ai validé toutes les raisons entendues, lues çà et là pour ne pas les dire.

Il y a dans ces trois mots quelque chose de plus grand que nous, une boîte de Pandore que l’on craint d’ouvrir, une mise à nu, un point de non-retour qui ne découle pas uniquement du postulat cité plus haut, non, il y a aussi une forme d’abandon que l’orgueil, l’égo (appelez ça comme il vous plaira) se refuse à donner. Un peu comme si une fois ces trois mots prononcés, le rejet (par non réponse, moquerie, ou par un « moi non plus ») s’enveloppait tout à trac d’un voile d’affront insurmontable, d’une humiliation encore plus cuisante que s’ils avaient été tus.

Il est paradoxal (et tu sais, lecteur, combien j’aime les paradoxes) de constater combien ces trois mots, pourtant positifs, généreux, doux, peuvent effrayer. Car ils effraient aussi l’oreille de celui qui craint l’engagement, la déconvenue, ou encore (et surtout) de celui qui ne partage pas ces sentiments et les reçoit aussi abruptement qu’une grenade dégoupillée. Ils sont violents à recevoir lorsqu’ils ne sont pas partagés, il est vrai. Qu’est-ce que l’on en fait ? Que répondre à celui ou celle qui vient de poser son coeur sur la table, qui vient finalement de se foutre à poil lorsque l’on ne partage pas ses sentiments ?

Et puis vient un jour où ces mots vous brûlent les cordes vocales, vous piquent la langue, vous étouffent, parce que c’est lui, parce que c’est elle. Soudain, cette petite phrase qui nous semblait simpliste (sujet, verbe, complément), presque méprisée, cette petite phrase devient obvie et balaie les certitudes d’une vie. Il arrive cependant que l’on continue de les taire, par couardise, peur du rejet, peur du ridicule aussi parce que sans doute que tout plein d’autres les lui ont déjà dits. On se mord nerveusement les lèvres, on ne les murmure que dans sa tête (et même là, on se sent un peu con), on retient son souffle et l’on surveille chacune de ses phrases, histoire de s’assurer qu’ils ne vont pas nous échapper dans un moment d’égarement. On cherche à les maîtriser comme on cherche à maîtriser la danse de ses sentiments, quitte à pencher dangereusement vers l’alexithymie.

Et puis vient un jour où on nous les dit, ces trois mots, et où, tout soudainement, on les trouve incroyablement beaux, comme une musique que l’on a envie d’écouter en boucle, jusqu’à une hypothétique satiété. Parce qu’au fond, si effectivement les mots paraissent bien pâlichons face aux actions, si ceux-là sont particulièrement galvaudés, selon ce que l’on met dedans en les prononçant, selon la délicatesse avec laquelle on les inscrit dans une vie et tout particulièrement s’ils en avaient été jusqu’ici absents, ils prennent tout leur pouvoir et l’on se laisse émouvoir comme jamais.

Ne t’abstiens jamais, lecteur amoureux, ne retiens jamais ces trois mots-là, ils peuvent bouleverser une vie.

 
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Publié par le septembre 12, 2019 dans triturage de cervelet

 

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Explication de textes

Entre les pages

Eh oui, lecteur-parent-d’élève, je continue de te donner des sueurs avec mes titres racoleurs sur fond de rentrée scolaire. Mais comme hier, sois rassuré, le titre, contrairement à ce qu’il laisse présager, n’est pas en lien direct avec ta réunion de rentrée parents-professeur durant laquelle, l’espace d’une soirée, tu te diras que cette année pour ton rejeton, ça devrait aller. Parce que la maîtresse aura encore l’air enjoué du tout début d’année, que le directeur te vendra un programme comme autant de progrès éducatifs inédits et que les sorties scolaires sembleront enfin en adéquation avec tes convictions.

Cependant, contrairement à mon article d’hier sur les équations, c’est bien d’école, de collège et de lycée dont je vais te parler pour servir mon propos. Enfant, j’étais plutôt bonne élève (hormis les mathématiques et la physique, mais ça tu le sais). J’avais un goût tout particulier pour le français (ça aussi, vu que tu es malin, tu le savais) et encore plus prononcé pour la littérature et tout ce qui allait avec (surprise !).

Je me prêtais avec un enthousiasme frisant l’hystérie à tout ce qui était rédaction, lecture et… explications de textes. Là, pour tout te dire et pour vraiment en venir au coeur de mon sujet, si j’aimais décortiquer les écrits des auteurs, aussi loin que je me souvienne, une part en moi ne cessait de se révolter sur ce que l’on pouvait y dénicher : au fond, si ça se trouve, me répétais-je, l’auteur n’a absolument jamais voulu glisser quoi que ce soit d’autre entre les lignes que ce qu’il a écrit. Au fond, ne cessais-je de m’opposer à moi-même, il a juste trouvé que tel mot avec tel mot, c’était beau, sans sous-entendu, sans la moindre once de subliminal ou de subtilité capillotractée. Je brûlais d’avoir la possibilité de contacter l’auteur (chose impossible dans la majorité des cas pour une raison simple : l’auteur était décédé de longue date, on étudie peu les auteurs vivants, c’est embêtant).

Chaque année, je tentais naïvement d’exposer cette objection à l’instituteur ou, plus tard, au professeur et ça m’a poursuivie jusqu’en philosophie où j’ai enfin eu une oreille pour m’entendre et toutes largesses pour argumenter.

Aujourd’hui que j’écris, qu’il s’agisse de mes articles ici, de mes nouvelles publiées ou de mon roman, je suis confrontée à mon tour à l’interprétation de mes propres textes, comme lorsque j’ai été invitée à partager avec des élèves qui étudiaient « Les fleurs roses du papier peint« . Parfois de façon très juste (je suis du genre à glisser de la subtilité capillotractée) et parfois ce que d’aucuns y voient me laisse toute sidérée (je me laisse aussi souvent guider juste par la musicalité).

Une chose est certaine, c’est qu’à chaque fois, je repense à ce petit moi, élève appliquée qui était plutôt douée pour débusquer du sens caché, de la métaphore, de la figure de style et du message déguisé dans le texte d’un auteur tout en ayant l’impression de lui faire dire tout un tas de choses qu’il n’avait jamais pensées.

 

 

 
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Publié par le septembre 8, 2019 dans littérature

 

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Fragile

Attention, fragile

Te souviens-tu, lecteur cinéphile, de cette phrase prononcée par l’éditeur du héros dans « Casse-tête Chinois » de Klapisch ? En visioconférence, il lui lançait que le bonheur n’avait rien d’intéressant, que seul le drame pouvait donner des romans et ajoutait même que la vie, c’est le drame.

Pourtant….

Il est intéressant le bonheur parce que, paradoxalement, il est porteur de tourments.

À moins d’être né dedans, dès que l’on touche le bonheur, viennent d’étranges sentiments angoissants et, en premier lieu, celui de le perdre.

Car bien vite, on s’aperçoit de sa fragilité, c’est un fil, un simple fil de soie qui peut se rompre sous un geste, un étirement à distance, un souffle, un rien.

Il est précieux le bonheur et, comme toutes choses précieuses, il convient de le protéger. Il ne suffit pas de le vivre pleinement, il faut aussi veiller dessus comme l’on veille un enfant.

On ne le laisse pas en friche, le bonheur, on n’y déverse pas n’importe quoi (je viens de vivre un traumatisme odorant d’épandage à deux pas de chez moi, ceci explique cette métaphore-là).

Non, on l’enrichit, on l’aère, on le nourrit car il n’est jamais définitivement acquis.

Le bonheur, c’est un feu de joie et, comme tout feu, il peut s’éteindre si tu ne l’entretiens pas.

Il n’est pas toujours confortable, le bonheur, il ne faut pas s’endormir dessus.

Alors oui, n’en déplaise à ce personnage, le bonheur est intéressant, comme tous les paradoxes, comme tout ce qui entraîne une danse des sentiments.

 
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Publié par le août 30, 2019 dans triturage de cervelet

 

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Coléoptère

il est temps

Tu l’as brûlée ta carapace, piétinée, déchirée puis brûlée.

Alors maintenant, il va falloir apprivoiser le bon comme le mauvais.

Elle avait son utilité, ta carapace, elle te protégeait du pire, du violent, du tourment, du/des maltraitant(s).

Elle avait ses raisons, ta carapace, les raisons du passé.

Elle avait du brillant, cette carapace, des dorures et des diamants pour éblouir le chaland.

Elle avait ses défauts, ta carapace : elle te coupait du corps, du coeur et des sentiments. Elle gênait les ailes et les élans.

Tu t’es d’abord déshabillé, pour reprendre du corps, renaître au corps, sentir, effleurer, toucher.

Tu as ensuite ouvert un espace entre tes veines, ces autoroutes qui mènent au coeur, tu as jugé ça déjà bien assez vaste, tu as marqué un temps qui t’a semblé une vie quand ce n’était qu’une heure.

Et à présent tu découvres les antres de ton âme, maintenant qu’elle est tout à terre, la carapace. Tu découvres des parts de toi inexplorées, pas toutes glorieuses, pas toutes aimées, tu flippes un peu (avoue), tu es paumé.

Regarde le cadavre de ton inutile carapace, il est grand temps de l’abandonner, plus que temps d’y croire et de s’abandonner.

 
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Publié par le août 25, 2019 dans triturage de cervelet

 

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En l’air

En l’air

Ne faites pas de promesses en l’air, ne me dites pas que vous serez là, que l’on fera ceci ou cela…

Je suis comme une enfant, je vous crois, je vous espère.

Ne promettez rien dont vous ne soyez certain. Je fais des plans, pas sur la comète, seulement dans ma tête…

Ne me donnez pas d’espoirs si c’est pour les décevoir.

Ne dites rien dont vous ne soyez certain. Je préfère vous voir vous taire que de me sentir à terre.

Pesez vos mots, n’en prononcez pas un de trop.

Ne proposez rien dont vous ne soyez certain. Je préfère décliner de peur d’être blessée.

Ne me soufflez pas que cela vient de moi, je ne changerai pas.

Je continuerai de croire avec cette naïveté qui permet d’aimer.

 

 
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Publié par le juin 16, 2019 dans triturage de cervelet

 

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