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Le blog de l’inutile

©La Vilaine -Photo par La Vilaine

Lors d’une anodine et virtuelle conversation entre co-blogueuses, un faquin s’inquiétait que l’une de nous aille à son tour ouvrir un blog. Son trouble était tel (on eut dit qu’elle allait compromettre sa réputation ou perpétrer un méfait des plus irréparables) qu’elle l’interrogea sur les raisons de sa violente réprobation par un simple mais efficace « T’as quoi contre les blogs ? ». La réponse fut tout aussi directe : « c’est une concentration d’inutilité».

Reconnaissons à ce jeune impétueux un certain courage. Venir au milieu de blogueuses leur expliquer que ce qu’elles font n’a pas le moindre intérêt aurait pu lui valoir de se faire arracher la carotide sans autre forme de procès.

Reconnaissons-lui, également, une malice bien campée, car il faut tout de même posséder une sacrée dose d’humour pour nous demander par la suite dans son argumentaire approximatif, ce qui nous motivait à « partager » nos écrits au lieu de les conserver dans un journal intime, alors même qu’il nous questionnait sur Facebook (quintessence du partage d’inutile) et qu’au vu de son profil, il y semblait fort actif.

Mais sa provocation est tombée à plat, sans plus de bruit qu’une feuille de papier toilette dans la cuvette (du moins avec moi, j’ai senti que mon Gounjou bouillonnait de lui démontrer toute l’étendue de son erreur). Car loin de me sentir insultée, j’en ressentis presque une fierté. Oui, sans doute, mon blog est inutile et parfaitement futile. Je l’assume et même, si besoin était, le revendique.

Toute notre vie s’articule autour de l’utile, du productif, du lucratif, tels de petits Charlots des « Temps modernes », nous gesticulons, nous nous agitons, brassant désespérément l’air de nos bras et cherchons à attraper à l’aide des mains qui les prolongent, tout ce qui saurait nous assurer un avenir moins sinistre. Alors, oui, j’aime à penser que j’ai du temps pour le futile et l’inutile, pour l’inepte, l’inconséquent, parce que c’est réjouissant et salvateur dans ce monde où tout se doit d’être fructueux. Parce que c’est rafraîchissant et joyeux, autant que de sauter à pieds joints dans les flaques boueuses, de danser sous la pluie, de plonger tout habillé dans une piscine ou de s’essayer en pleine nuit au trampoline. J’aime à penser que d’autres partagent encore cet amour des petits riens qui ne servent à rien, perdent leur temps en me lisant, et s’arrêtent parfois en plein élan, pour se figer et contempler un rai de lumière dans lequel ils ont cru apercevoir une chimère…

 
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Publié par le décembre 6, 2011 dans triturage de cervelet

 

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La gentillesse aux toilettes

Je comprends par avance que vous puissiez vous interroger sur une possible régression scatologique de votre Vilenie, les lieux d’aisance et toilettes étant redondants dans mes billets en ce moment, n’y voyez rien de Freudien, j’ai passé il y a fort longtemps cette phase du développement psychosexuel de l’enfant.

C’est l’actualité riche de ce dimanche qui me pousse à m’interroger sur l’étonnante concomitance des deux journées mondiales de ce treize novembre : la journée mondiale de la gentillesse et celle, tout aussi planétaire, des toilettes. Vous noterez, qu’étonnamment, si la journée mondiale de la gentillesse s’affiche fièrement sur tous les murs de Facebook, celle des toilettes est bien moins relayée (vous me direz, rien d’anormal, on laisse rarement la porte ouverte sur la cuvette). C’est pourquoi, dans le but avoué de réparer cette injustice éhontée, j’avais décidé de me dévouer, de braver les quolibets, et d’offrir une tribune aux cabinets ! Mais très vite, mon esprit s’est encore évadé en roue libre, et tout en dévalant la pente vétilleuse de mes pensées, il n’a fauché qu’une seule et unique interrogation : quel étrange hasard du calendrier a fait se rencontrer ces deux journées ?

Et puisque j’ai animé l’une de mes héroïnes du seul but de renoncer à la gentillesse, puisque je lui ai fait prêter un muet serment, au dessus des toilettes, justement : « La gentillesse dans un monde d’égoïstes et de brutes, ça ne mène à rien à part finir en paillasson élimé (…) je vais te laisser un temps infini pour te rebeller, je vais te donner toute ma patience, mais en échange tu vas me le jurer : quand tu seras vieille, tu seras méchante », j’y ai vu comme un signe, me suis sentie investie d’une grande mission…

Je me suis donc mise en quête de la réponse à cette question, et avec une forme de professionnalisme journalistique, j’ai compulsé les nombreux articles sur le sujet (enfin… Nombreux pour la journée melliflue, bien plus rares pour celle des latrines) pour tenter de découvrir qui de l’Organisation Mondiale des Toilettes (je n’invente rien, la World Toilet Organization est tout ce qu’il y a de plus sérieuse, vous pouvez envoyer vos dons) ou du Mouvement Mondial pour la Gentillesse (je n’invente rien non plus, je n’aurais pas osé, vous ne m’auriez pas crue) avait taquiné l’autre en décidant d’un jour de célébration. Sans surprise, le Mouvement-Joli-Mignon a l’antériorité sur la date arrêtée, c’est donc la chasse d’eau qui a été tirée en second.

On peut alors légitimement se demander, si de ce choix il faut voir un lien de cause à effet, ou encore un message caché sous la forme de la promesse de Marie-Agnès, de mettre sa gentillesse bien camouflée sous ses fesses pour enfin gagner sa part de liesse « La gentillesse, vous pouvez la mettre aux toilettes ! ».

 
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Publié par le novembre 13, 2011 dans Actu, triturage de cervelet

 

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Le Dernier Jugement

Le jugement dernier - infographie par La Vilaine

Alors même que je vaque tranquillement à des occupations aussi passionnantes et vitales que le visionnage d’une ânerie à la télévision, on sonne à ma porte. Étonnant, je n’attendais personne en particulier et ai suffisamment averti mes connaissances de mon peu de goût pour les surprises et les visites à l’improviste.

Bon gré, mal gré, je me dirige en traînant du chausson vers l’entrée et commets l’erreur fatale d’ouvrir prestement la porte sans avoir pris la peine de demander au préalable à l’intrus de décliner identité et mot de passe, et de se prêter à une reconnaissance vocale, digitale et morphologique.

Les yeux plissés par cette soudaine luminosité, je découvre, baigné par l’aura solaire de cette journée, un couple endimanché qui me sourit de ses soixante-quatre dents, et avance de concert un pied verni vers le pas de porte. En trois nano-secondes, j’identifie mes cauteleux venus tout exprès pour me persuader du misérabilisme de ma vie sans foi. Petit guide du sauveur à la main (que j’identifie immédiatement comme une possible « arme par destination »), ils m’informent rapidement de ma fin toute proche et des mille sévices qui m’attendent là, toute désintégrée que je vais être dans l’heure par le Diable qui, n’en doutons pas, me convoite et me surveille depuis des lustres, la bave aux lèvres, voyant en moi une âme de peccamineuse pour agrandir son cheptel le jour du jugement dernier. Heureusement qu’ils passaient par là pour me sauver !

Tout va bien jusqu’à ce que, à court d’arguments (et de patience) pour convaincre à mon tour mes sauveurs de mon manque d’intérêt pour leur gentille prédication, je tente un peu plus fermement de refermer ma porte et leur claquet, parce que, « c’est pas le tout, mais j’ai une lessive à faire, je ne suis pas croyante, vous avez une carte pour que l’on se rappelle si je veux adhérer plus tard ? » C’est à ce moment précis, que leur visage d’angelot se pare de millier de petites rides de contrariété et que de la brebis égarée je deviens dans leur bouche la Vilaine sorcière, la marie-couche-toi-là, l’inconsciente, le suppôt supporter de Satan et de tous les diables tapis sous ma robe indécente.

Je referme (enfin claque serait plus juste) la porte sur mes nouveaux amis, sacrifiant par ce geste un orteil ou deux, et allume mon ordinateur afin de consulter les divers messages de la journée, je me perds sur quelques sites, lis quelques nouvelles et découvre avec stupeur que mes prédicateurs sont partout. Des réseaux sociaux aux commentaires des articles d’information en ligne, PARTOUT vous dis-je !

Ne me dites pas que vous ne l’avez pas remarqué ?

Bien sûr, ils ne prêchent pas tous la même parole, mais regardez bien autour de vous. Avec l’avènement des blogs et de l’accès immédiat à l’information, chacun juge l’autre avec une sévérité et une intolérance grandissantes, tout persuadé qu’il est d’avoir opté pour les seuls choix valables, qu’il s’agisse d’opinions politiques, de confessions religieuses ou de choix alimentaires, il se rengorge de « savoir mieux », se moque des autres chemins pris, vous met au pilori, parce que vous n’êtes pas comme lui.  Il se glisse dans l’antre de votre ordinateur, tente de vous persuader que vous vous trompez, brandit fièrement ses vérités et ne comprend pas pourquoi vous ne vous agenouillez pas les bras en croix, en chantant halleluia !

Heureusement, mon ordinateur est un portable, je peux donc le refermer en le claquant sur leur nez…

 
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Publié par le juin 4, 2011 dans triturage de cervelet

 

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Les chaînes de bonne conscience

© La Vilaine (photo et montage)

Je reçois régulièrement des chaînes de solidarité par courriel, je lis des statuts Facebook m’enjoignant à copier une pensée solidaire, et je suis toujours agacée par ces messages qui  atterrissent systématiquement dans ma poubelle virtuelle, sans plus de cérémonie.

Ces « chaînes de l’espoir » sont à mes yeux des chaînes de bonne conscience, un clic, deux clics, et l’on est quelqu’un de bien, quelqu’un qui pense aux plus démunis, aux plus malheureux, à ceux qui souffrent.

Ce n’est pas que je sois sans cœur, loin s’en faut. De nombreuses causes me touchent, comme beaucoup j’ai perdu des proches et plus qu’à mon tour, mais non, je ne partage pas, je ne fais pas tourner, parce que je veux que l’on agisse pas que l’on affiche… Car au final, combien de ceux qui transmettent et pensent le temps de recoller un texte impersonnel et pré-écrit par on ne sait qui, font quoi que ce soit dans la « vraie vie » ? Comme il est aisé de se reposer sur un copier-coller, pour bien dormir ça doit aider…

Ce sont les formulations qui sont terriblement dérangeantes et qui me poussent à ce billet coléreux, on cherche à culpabiliser celui qui ne s’associe pas au mouvement. Prenons l’exemple de la pensée pour les malades du cancer, que je vous cite : « Un malade du cancer n’a qu’un seul vœux pour 2011 et qu’un seul rêve, celui de guérir… je pense que 97 % des Gens ne copieront pas ceci sur leur mur, mais je pense que mes propres amis seront les 3% qui le feront au moins pour une heure, en souvenir de ceux qui en sont morts (♥) et surtout pour ceux qui le combattent de toutes leurs forces… » Alors quoi ? Si je ne copie pas ce merveilleux message sur mon mur c’est que je ne suis qu’une pourriture qui s’en tamponne de ses morts ? Qui ne pense pas à eux ? Qui se moque royalement du combat contre la maladie ? Et bien non, mes pensées pour mes disparus sont de l’ordre de l’intime et ne s’étalent pas sur un mur virtuel ou sur un mail viral.

Quant à ceux qui inscrivent dans ce type de messages « d’habitude on fait tourner des chaînes qui ne servent à rien » j’adorerais qu’ils m’expliquent en quoi celle-ci a la moindre utilité. Il doit être ravi le SDF que l’on croise chaque matin sans lui tendre la main, que l’on pense virtuellement à lui, ça doit rudement compenser sa faim et réchauffer son corps glacé…

 
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Publié par le janvier 8, 2011 dans triturage de cervelet

 

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Je ne suis pas une Face-Fille-Facile

Non, La Vilaine est beaucoup de choses, mille faiblesses et mille défauts, mais pas une Face-Fille-Facile. Qui sait d’ailleurs s’il ne s’agit pas là d’un vilain défaut tout compte fait… Et bien soit ! Il est assumé et même revendiqué !

Photo par La Vilaine

Oh j’imagine sans difficulté vos petits sourcils froncés et les questions qui vous brûlent les lèvres. Où donc cette drôle de fille veut-elle encore nous emmener ? Prenez une aspirine, installez-vous confortablement, je vous explique…

C’est que je viens de recevoir encore une cordiale demande d’amitié Facebookienne, d’un pur inconnu et que ledit étranger me l’adresse sans un mot. Et Votre Vilenie a tout de même sa sensibilité, elle a beau ne pas être un modèle de romantisme, tout au fond bien planqué, elle a tout de même des petits principes de princesse aux petits pieds…

D’ailleurs, pour peu que vous suiviez mon blog avec un tout petit peu d’assiduité, vous avez déjà identifié l’incongruité de ces démarches face à ma parano assumée sur le sujet !

Alors j’adresse à mes nouveaux amis potentiels un petit mot avant de leur donner ma main. Et je fais de ce petit message, une sorte de premier rendez-vous, n’acceptant pas de laisser se glisser dans le lit de mon mur, comme ça, si vite et sans préliminaires, qui que ce soit… Je ne suis pas une Face-Fille-Facile, je défends un minimum la vertu de mon profil !

Et force est de constater, que déjà, l’envoi de ce message suffit à les décourager, ne voyant sans doute pas mon second degré un peu particulier, je mets fin à un début même pas démarré, confortée dans mon idée que même sur un réseau social virtuel, on ne s’invente pas des affinités…

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Publié par le mai 9, 2010 dans triturage de cervelet

 

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Face à facebook (2ème partie)

Oui, donc deux semaines (bientôt trois) que je découvre le joyeux monde amical de Facebook et que, je dois vous l’avouer, j’ai déjà frissonné d’agacement contenu sur le contenu à plusieurs reprises.

A peine passée la ligne de cette nouvelle dimension, les quelques réglages effectués, les amis (les vrais, si, si) contactés, l’intrusion commence. Facebook, tout bien fichu dans son omniscience, me propose tout un tas de nouveaux amis à ajouter absolument. Voilà qui n’est pas fait pour rassurer une parano déjà bien ancrée sur le monde merveilleux des réseaux sociaux. Je suis tracée, chacune de mes recherches est répertoriée et recoupée avec les recherches d’autres membres afin d’en déduire nos possibles affinités et familiarités. George Orwell si tu m’entends, tu n’étais pas loin de la vérité, la forme t’étonnerait sans doute et sans aucun doute le fait que l’on s’y inscrive sans contrainte, fous que nous sommes !

vilainefacebook

Infographie par La Vilaine

Encore totalement vierge sur le tissu Facebook, j’explore les possibilités de ce labyrinthe avec l’avidité d’une pucelle découvrant Sade, en passant de la page d’un contact à un autre, et en viens à un second constat : j’étais bien plus heureuse avant de découvrir les dates de naissance de certaines de mes relations ! Donnez-moi rapidement un valium, de la téquila, un masque anti-rides et un oreiller pour y faire couler mon mascara ! C’est donc ça facebook ? Un instrument de torture à l’encontre des naïves qui pensaient être fraîches comme la rosée ? Briseur de rêve ! Assassin de Père Noël !

Je chasse d’une main mes ridules ridicules, que le mascara coulé a cruellement accentuées, et plonge ma sonde exploratrice un peu plus en avant de ce gros colon que je viens tout juste de coloniser (ou est-ce l’inverse ? Dans le doute, je réajuste mon assise pour une meilleure étanchéité).

Le ravissement n’est plus bien loin, et une fois de plus il se fait par le truchement de mon ami Frédéric Fredj, qui, non content de m’avoir offert sur un plateau gargantuesque des dîners littéraires réjouissants, m’offre de partager avec lui quelques merveilleux amis. Je me rassérène, et entame une petite danse du poulet revigorante (si vous n’avez jamais réalisé les quelques pas de la danse du poulet, vous avez le droit de vous gausser, pour les autres vous savez parfaitement de quoi je parle et affichez déjà un sourire de connivence, je le sais).

Je ne citerai pas ici les personnes qui ont alors rejoint mon petit cercle, pas plus que celles que j’ai eu le plaisir de retrouver, elles se reconnaîtront pour peu qu’elles me lisent. L’important est que je l’avoue, oui, je suis ravie de m’être inscrite et de pouvoir dès lors échanger avec quelques personnes qui ont toute mon amitié ou toute mon admiration, certaines ayant même les deux…

Et que oui, je continuerai à m’énerver chaque fois que Facebook aura le culot de me suggérer d’écrire à untel, parce qu’à son humble avis de programme informatique qui ne connaît pas grand chose aux relations humaines, mon silence envers ce contact est trop long. Je continuerai à m’exaspérer de l’aspect intrusif de certaines suggestions, me confortant dans mon idée que l’intimité ne peut être totalement préservée en ce lieu (George, là encore, si tu m’entends). Mais je me réjouirai surtout de partager les passions d’êtres passionnés, de découvrir les visages qui veillent à présent sur mes amis que la distance a éloignés ou encore de pouvoir offrir en quelques mouvements de doigts un moment amusant, agréable ou attachant aux personnes auxquelles je suis attachée…

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Publié par le novembre 13, 2009 dans triturage de cervelet

 

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La Vilaine face à facebook

lavilaine

La Vilaine - infographie par la Vilaine

Voilà très exactement deux semaines que je me suis trahie, deux semaines que j’ai jeté derrière moi mes petits principes étriqués, deux semaines que j’ai chiffonné ma psychorigidité en m’inscrivant sur Facebook dans un grand élan d’inconscience et de légèreté.

Mais peut-être serait-il intelligent (ou juste plus pratique) que je vous fasse part de mes réserves afin que vous compreniez la hauteur de mon infidélité. Jusqu’alors je me refusais radicalement à m’inscrire sur quelque réseau social que ce soit, tout d’abord parce qu’il faut bien l’avouer, j’ai une sérieuse tendance au snobisme pour tout ce qui est populaire. Que ce soit le livre que tout le monde s’arrache, la musique-sur-laquelle-il-faut-absolument-remuer-du-coccyx, le côté « si une majorité de personnes trouvent ça hallucinipatant, c’est que c’est hallucinipatant » m’a toujours donné l’impression désagréable, que pendant ce temps-là, on passe à côté de petites choses bien plus épatassantes parce que bien plus confidentielles (oui, je sais, je suis en pleine phase de néologisme régressif mais assumé).

Sans compter l’agacement face à toutes ces personnes croisées, de la vieille copine de maternelle au politicien briguant la Mairie de ma ville et ma présence sur sa liste, me toisant bouche bée et l’oeil bovin devant mon absence Facebookienne (« Kuuua ? T’es pas sur Facebook ? ») me poussait dans les derniers retranchements d’une mini-rébellion, et me confortait dans mon envie de prendre le maquis de mon petit blog wordpress. J’avais également l’impression que s’inscrire sur Facebook signifiait la perte d’une certaine liberté d’expression et d’un certain contrôle. Car, soyons francs, une fois le pas franchi de la porte du réseau social, immanquablement des amis, de la famille, des connaissances, voire des collègues (!), toqueront à ladite porte par curiosité bienveillante pour certains et plus malsaine pour d’autres. Et qui sait si certains inavouables comportements, surnoms, photographies ne seront pas divulgués aux yeux de ceux envers lesquels vous préfériez conserver une image bien lisse, et puis après tout ça regarde qui votre amitié avec untel ou untel ou la bobine de votre chéri ?

Bref mon petit monde blogueste me convenait parfaitement.

Et puis, après que l’on m’a demandé l’autorisation de publier le lien de mon blog photos sur un mur Facebook, j’ai vu mon tout petit album virtuel flamber sous les visites et vilement, je me suis rendue à l’évidence : ma petite Vilaine, il serait grand temps de virer tes oeillères et de t’asseoir sur tes principes dépassés, les réseaux sociaux, ça a peut-être du bon.

Bon, je l’admets, j’ai triché (un peu)… Aucun renseignement autre que mon pseudo, ma date de naissance (aaah les dates de naissance, j’y reviendrai dans le prochain billet), accès super sécurisé digne de la CIA et liste d’amis bien triée (mon but n’étant pas d’avoir un maximum d’amis sur facebook pour me persuader que je suis un être aimable, je me refuse à ajouter de purs inconnus dans ma liste d' »amis » fussent-ils amis au sens facebook du terme), voilà ma petite compromission hypocrite avec moi-même.

Et me voilà donc, moi, La Vilaine, avec ma page Facebook, mon mur, mes liens et mes photos, pulvérisant comme je pulvérise une angine blanche avec un spray antiseptique, une majorité de mes idées reçues sur les réseaux sociaux… A suivre…

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Publié par le novembre 8, 2009 dans triturage de cervelet

 

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