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Archives de Tag: hiver

Conserves et moi

Des fleurs en salade

Elle m’a regardée avec cet air des hivers qui n’en finissent pas. Elle m’a dit que bientôt viendra le froid, qu’il est presque déjà là. Que le soleil a la flemme, qu’il est comme la lumière du frigidaire, qu’il ne la réchauffe pas.

Elle m’a regardée préparer la salade, y lancer une poignée de fleurs, elle a dit d’en profiter que c’était peut-être les dernières brassées que je pourrais trouver au fond du potager.

J’ai essuyé mes mains.

Je les ai posées sur les siennes et je lui ai dit, d’une traite, sans respirer pour ne surtout pas la perdre :

« On trouvera d’autres soleils auprès desquels se réchauffer, des flambées brûlantes, des couvertures dans lesquelles s’emmitoufler, on mettra des pulls en poils de yak, des pulls plutôt que des sweats parce que les pulls doux et confortables invitent mieux les câlins et on continuera de se bercer dans nos hamacs avec bonnet et écharpe, on fera des conserves d’été, de ratatouille, de bonne tambouille, des coulis de tomates fraîchement ramassées, on les ouvrira quand on aura trop froid, on sera en été rien qu’à les respirer, les jours seront courts mais on aura un temps infini pour profiter de la nuit, observer la lune et les étoiles, dans nos têtes, tu verras, on mettra les voiles ».

Elle a souri, sans doute à cause des poils de yak glissés pour l’amuser, et s’est assise avant de brasser la salade.

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Publié par le septembre 18, 2017 dans triturage de cervelet

 

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Une cuillerée de sucre glace

© La Vilaine

Les flocons tombent sans discontinuer dans une danse hypnotisante de poudre magique, masquant à la vue des villageois le paysage montagneux.

Les animaux se collent les uns contre les autres, échangeant leur chaleur. Les cheminées fument, diffusant dans les rues glacées, une accueillante odeur boisée.

Les hurlements joyeux des enfants dévalant la pente sur leur petite luge-pelle colorée sont autant de petites cuillerées de liesse que rien ne semble pouvoir contrarier. Les joues rosies par le froid, les moufles trempées par les boules de neige, ils se laissent glisser, se bousculent, chutent sans jamais pleurer, car la neige a enveloppé leurs habituelles querelles de son manteau d’indulgence, autorisant tous les débordements sous l’œil bienveillant de maman.

La vie semble s’être suspendue au fil de la météo, il ne viendrait pas même à l’esprit de quiconque de tenter de lutter contre les monticules de poudreuse accumulés devant les portes, chacun est heureusement résigné, il convient juste de s’enfoncer en riant à gorge déployée, d’oublier un temps sa voiture afin de profiter de cette nature transfigurée.

Et de la régularité de ces flocons découle la sensation que cela va durer, pour combien de jours ? Personne ne le sait et personne ne semble s’en préoccuper.

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Publié par le novembre 27, 2010 dans triturage de cervelet

 

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