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Archives de Tag: jardins

Caresser les abeilles…

Cet après-midi, des envies de photographie m’ont taraudée. D’un cliché à l’autre, un souvenir a déboulé. Ma grand-mère maternelle avait en son jardin rosiers et hortensias, jonquilles et tulipes. D’une main sûre et douce, elle les soignait, s’amusant de n’être pas vaccinée contre le tétanos, elle coupait les fleurs déclinantes, les soutenait d’un tuteur de bois, portait son volumineux arrosoir en d’éreintants allers-retours. Haute comme trois pommes assises, je marchais dans ses pas, imitait ses gestes, en petite gavroche citadine je rêvais d’avoir un jour un aussi joli jardin et la même main experte. Parce que je ne connaissais que peu les jardins, les insectes me terrifiaient et c’est la bouche ouverte d’admiration, que j’observais ma grand-mère cueillir ses fleurs malgré leur coeur bourdonnant d’abeilles. Remarquant mes yeux écarquillés d’enfant, elle me prit un jour la main, s’agenouilla pour être à ma petite hauteur, m’attira doucement vers les roses et se mit à chuchoter sur les ouvrières affairées. Elle me fit remarquer le duvet sur leur tête qu’elle caressa soudain d’un doigt délicat, m’invitant à faire de même afin me dit-elle, de découvrir l’extrême douceur de cette étrange fourrure. Ce fut pour moi un moment d’une grande émotion qui remisa toute crainte bien loin derrière et je sens encore sur la pulpe de mon doigt le velouté des abeilles et le baiser dont ma grand-mère me gratifia.

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Publié par le juin 15, 2008 dans triturage de cervelet

 

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le printemps

SaugeLe printemps est enfin là. J’aime cette saison, la douceur des parfums du jardin commence à se distiller dans l’herbe, les soirées s’allongent, offrant un répit contre le temps. Qu’importe l’heure à laquelle je quitte le bureau, la sensation de m’ensauver de bonne heure est enfin présente. Je marche d’un pas plus lent, comme la majorité des Parisiens que je croise, si pressés d’ordinaire. N’est-ce pas un peu stupide d’ailleurs ? Attendre que le printemps soit là pour prendre son temps ? Et sitôt la saison douce passée, la pluie revenue, chacun repartira de son pas pressé sans contempler le paysage ? Allant d’un point à l’autre, de la maison à la gare, de la gare au bureau, incapables que nous sommes de repérer le moindre détail de notre chemin. Moi-même cheminant chaque jour dans les mêmes rues tel un automate, incapable de les nommer pour indiquer un point de rendez-vous. Honte à moi ! Mais j’oublie comme n’importe qui d’autre mes défauts, prise dans le tourbillon des semaines qui s’enchaînent, des week-ends à organiser du mieux possible en gardant un petit bout, un moindre temps pour profiter de la vie qui file et des gens que j’aime avant qu’ils ne soient plus là ou que je ne sois plus là.

Mais le printemps est là, rentrer chez soi, ouvrir le volet sur la rue, la baie vitrée sur le jardin, toutes les fenêtres, respirer doucement l’air chargé de senteur qui entre dans la maison. Prendre son temps, prendre mon temps, un moment de détente, avoir conscience de ce moment rare, le vivre, l’apprécier. Est-on capables de l’apprécier ? D’apprécier un instant de bonheur quand il a lieu, de le déguster comme un vin rare, de le vivre vraiment, non pas se contenter de le regarder de l’extérieur et d’attendre qu’il se termine pour le regretter ? J’en ai la capacité, je sais m’arrêter pour goûter un moment rare et j’en suis heureuse.

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Publié par le mai 8, 2007 dans triturage de cervelet

 

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