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Archives de Tag: parole de vilaine

Légère comme la vie

Léger comme le début d’un chemin

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, je n’ai pas voulu que ce soit sa musique qui sonne le glas, qui marque la fin.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, alors j’ai demandé à mon corps qu’il s’éveille seul un peu avant.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, pour m’en assurer je l’ai étouffé de ma main.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, je n’ai pas voulu que ce son me crie à l’oreille : « lève-toi, il est temps ».

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, alors je me suis levée et je l’ai éteint.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, que tout s’arrête sur une sonnerie ? C’eut été bien trop violent.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, je n’en avais pas assez, je voulais d’autres lendemains.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, j’ai refusé ce début de journée, comme un caprice, comme une enfant.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, je voulais le chant des oiseaux, je rêvais de la caresse du vent.

Alors je me suis levée lentement, à pas de chat, sans bruit.

Alors je suis sortie, je me suis étirée dans l’herbe, j’ai écouté respirer la vie.

Alors j’ai regardé le soleil qui se lève sans qu’aucun réveil ne vienne le sonner.

Et puis je suis rentrée, le coeur à la fois lourd et léger. Lourd comme un départ, léger comme le début d’un chemin, comme le début d’une vie.

 

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Publié par le août 5, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Pas de lézards

« J’ai gravi la montagne et je suis en plein ciel » Paul Fort

C’est un lieu sans lézards, un endroit haut, trop haut pour qu’ils y parviennent.

C’est un lieu sans lézards où seul le tintinnabulement des cloches pendues au large cou des vaches résonne comme le chant de bols Tibétains par centaines.

C’est un lieu sans lézards où l’on pose et l’on oublie, un lieu qui se vit de l’intérieur vers l’extérieur, de l’extérieur vers l’intérieur, un lieu qui nourrit, un lieu plein d’ailleurs.

C’est un lieu sans lézards, comme une parenthèse que l’on ne refermera jamais tout à fait, parce que du bout des doigts on y a caressé le ciel, la lune et les étoiles, parce que de telles caresses sont des promesses.

C’est un lieu sans lézards, un endroit où l’on sait, où l’on sent, où l’on est.

C’est un lieu dont il faudra bien redescendre pour rejoindre les lézards et les salamandres, mais chargé de ce lieu, changé de ce lieu, parenthèse jamais tout à fait refermée, on dansera sur les cendres pour allumer un nouveau feu.

 
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Publié par le août 4, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Les petites miettes

des petites miettes

Dedans, il ne reste que des miettes et des jouets éparpillés.

Partout, sous la table, sur la table, des miettes et une part de gâteau dont le glaçage a fondu sous la lourdeur de la journée.

Dedans, il ne reste que des miettes.

Partout, sur le lino, des miettes et des bouteilles vides, celles que l’on offre en remerciement pour la venue et les cadeaux.

Dedans, il ne reste que des miettes.

Partout, sur la table recouverte d’une nappe, des miettes et, dehors, des jeux en bois, un appareil à barbapapas.

Dedans, il ne reste que des miettes.

Partout, des miettes et des emballages cadeaux, des feutres et des assiettes en carton.

Dedans, il ne reste que des miettes, de petites miettes qui rappellent qu’il y eut une fête, des rires et des d&anses, des chants et des enfants.

Dedans, il ne reste que des miettes, des petites miettes d’une fête dont il ne reste que des miettes.

 

 

 
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Publié par le juillet 15, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Le prochain

Plongeras-tu avec moi ?

C’est revenu, c’est là, comme un battement de coeur, un rythme cardiaque qui s’emballe.

C’est revenu, un battement de coeur, un battement d’ailes qui palpite entre les omoplates.

C’est revenu, un battement d’ailes, une nitescence, une brûlure incandescente qui enflamme la pulpe des doigts.

C’est revenu, c’est là. L’envie, le besoin, la nécessité d’à nouveau poser sur le papier, d’aligner, de vider ce qui agite mes pensées.

C’est revenu, je ne sais ni comment, ni pourquoi maintenant.

Est-ce le soleil, la danse, les yeux de chat ? L’envie de vivre, de faire n’importe quoi ?

Je l’ignore mais c’est là. L’envie, le besoin, la nécessité, à nouveau de me coucher sur le papier.

Il me réveille, il vole mon sommeil, il chuchote à mon oreille qu’il est là à un ou deux pas.

C’est revenu. J’ai un titre, un début, une fin, c’est revenu ou plutôt ça revient.

Il n’est plus très loin, le prochain…

Seras-tu là ?

Plongeras-tu avec moi ?

 
 

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Une fraction de seconde en absence

sur mes pas

Je suis revenue sur mes pas.

J’avais fait une promesse, celle de revenir voir les élèves qui m’avaient accueillie pour étudier « Les fleurs roses du papier peint » par effraction, pour recueillir leurs impressions une fois la lecture terminée.

Cette fois, je suis venue sans nervosité, je les connaissais (un peu) et j’étais heureuse de les retrouver.

Leur institutrice avait fait en sorte que tout le livre soit lu, à l’exception du dernier chapitre, le chapitre vingt-trois, les quelques dernières pages, les quelques derniers mots. Le dénouement, avait-elle estimé, me revenait de droit, à moi de leur livrer, à moi de leur dire, à moi de leur lire, à moi de lire leur visage, leurs yeux embués, leur bouche entrouverte.

Alors on a commencé par ça. Par la lecture du chapitre vingt-trois : « Et voir enfin les fleurs roses du papier peint ».

J’ai lu, aussi lentement que possible, j’ai scruté chacune de leurs réactions tout en lisant (relisant pour moi, redécouvrant, il y avait longtemps que je n’étais pas allée à cet endroit-là de mon roman, on évite généralement dans les lectures publiques d’évoquer la fin), ma gorge s’est serrée, parce que j’étais revenue sur mes pas, mais j’ai continué sans rien en montrer.

J’ai lu la dernière phrase et, parce que j’étais revenue sur mes pas, j’ai pris un temps pour refermer le livre, un temps court, un temps respirant.

Une fraction de seconde, j’étais revenue sur mes pas. Un an en arrière, au moment précis où j’écrivais ce chapitre vingt-trois, ces quatre derniers mots-là.

Revenue sur mes pas pendant une fraction de seconde je n’étais pas là, pas avec eux, pas dans cette salle, dans cette école en leur présence.

Une longue, une puissante fraction de seconde en absence.

Une ombre furtive posée sur le coeur, une presque transe, une fraction de seconde en absence.

Un instant furtif tête tournée, chemin examiné, vertige éprouvé, une fraction de seconde en apesanteur, des fleurs sur la peau, les yeux dans l’eau.

Et puis je suis revenue à moi, à eux et à leurs yeux à eux, pleins d’attente et de questions.

J’ai accueilli leurs mots, leurs inquiétudes face à la dystopie décrite dans mon roman et, en les écoutant, j’ai su qu’ils avaient compris que tout est entre leurs jeunes mains. Que ce sont eux qui feront que cela arrivera ou non demain.

Je suis revenue sur mes pas, une fraction de seconde en absence, et en reprenant conscience je les ai vus eux, avancer tout droit, décidés et concernés par le monde de demain, prêts à se battre comme Gilda, prêts à lutter comme Mildred, et je les ai aimés tout mon coeur, de toute mon âme pour ce combat.

 

 
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Publié par le juin 29, 2018 dans littérature

 

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Semer

Bookcrossing

Te souviens-tu, lecteur victime d’Alzheimer, je t’avais confié que je voulais m’essaimer, me semer (mais s’aimer c’est compliqué) ?

T’en souviens-tu que j’avais pour projet de me déposer (à tout le moins des exemplaires des Fleurs roses du papier peint) de-ci, de-là, au hasard ? Si toutefois tu as la mémoire qui flanche, que tu ne te souviens plus très bien (lecteur Juke Box, ne me remercie pas), fais un petit effort des doigts et clique . Si tu as oublié, sache que je ne te le reproche pas, moi-même, j’avais un peu négligé cette idée-là, toute centrée que j’étais à fouetter d’autres chats, à tisser un joli réseau d’artisans-distributeurs-soldats (un resto ici, un chocolatier là, un bar un peu plus loin, des lieux vivants et des vrais gens aux valeurs qui s’accordent parfaitement à celles de mon roman – d’ailleurs si toi aussi tu veux me proposer dans un lieu, contacte-moi ici en bas ou sur FB -).

Et puis ce matin, la mine renfrognée des dimanches sans grasse matinée, en farfouillant sur le net (et le moins net, je n’avais pas mis mes lunettes), je suis tombée (sans trop me blesser) sur ça : Bookcrossing.com

Bookcrossing, c’est quoi ? C’est un site tout dédié à l’idée de semer, une graine et un voyage tout à la fois, c’est une action, un petit pas vers les autres, c’est du partage, de l’échange et même un peu de magie. Tu vois, lecteur, ce livre que tu as tant aimé (et je ne te cause pas de moi mais de celui que tu voudras, celui qui t’a transporté, que tu as aimé et que tu estimes assez pour désirer qu’il soit lu par d’autres, beaucoup d’autres, qu’il soit découvert et aimé, celui que tu racontes dès que l’occasion t’est donnée, celui que tu introduis avec des points d’exclamation enthousiaste, celui pour lequel tu mords tes lèvres afin d’en dire assez mais surtout pas trop pour ne pas gâcher), eh bien ce livre, tu peux le faire voyager très loin.

Pour cela, il te suffit de t’inscrire sur le site Bookcrossing.com, d’enregistrer ledit ouvrage de ton coeur, de l’étiqueter (étiquette à générer sur le site), puis de le « libérer dans la nature » ou, comme l’explique si bien le site, de créer « une Zone de libération officielle BookCrossing » (ou « OBCZ »), un lieu physique où des livres sont régulièrement libérés et/ou attrapés« .

Le plus joli dans tout ça, c’est qu’ensuite, via le site, tu peux suivre le voyage de ton livre : « Quand un nouveau lecteur trouve votre livre, il peut entrer le BCID sur BookCrossing.com et indiquer que le livre a été trouvé. Les commentaires concernant votre livre vous permettent de savoir où il est, qui est en train de le lire, et de le suivre où il va ensuite » et Dieu seul sait jusqu’où il ira.

Alors voilà, je vais libérer un peu de moi dans la nature, je vais me lancer avec élan dans cette (tout petite) aventure réjouissante et je t’enjoins à faire de même parce que la littérature, comme le bon vin, comme le café, comme un repas amoureusement préparé, ça se partage, ça se transmet.

 
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Publié par le juin 24, 2018 dans littérature

 

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ElleS

« Sororité »

C’est un immeuble particulier, une résidence majoritairement féminine qui transpire la solidarité.

Ce sont des mères célibataires, des femmes qui en ont bavé, des guerrières pleines de lumière et d’amitié.

C’est un peu un remake de « Friends », appart’ ouvert où l’on peut débarquer pour rire, danser ou pleurer, n’importe quand, n’importe comment, sur la pointe des pieds ou en ouragan.

C’est un bâtiment de coeur, une bâtisse de soeurs, un endroit où l’on partage le peu que l’on a, où l’on donne autant que l’on reçoit.

C’est un lieu de vie qui rebondit, un logement où l’on veille, où l’on se sourit, où l’on écoute sans espionner, juste pour s’assurer que rien ne viendra perturber le jour ou la nuit de la voisine d’à côté.

Ce sont des murs ouverts entre lesquels on s’amignote, où l’on trinque et l’on grignote à ce qui va, à ce qui secoue, à tout ce qui devrait être et tout ce qui ne devrait pas.

C’est un immeuble particulier où les boites de mouchoirs sont autant de paliers vers l’amitié.

C’est un bâtiment de coeur, une bâtisse de soeurs, où l’on échange des compétences, du temps, de la tolérance et parfois des féculents.

C’est un immeuble particulier, c’est un lieu de vie… c’est la vie.

 
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Publié par le juin 14, 2018 dans triturage de cervelet

 

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