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Archives de Tag: parole de vilaine

Comme un arbre que les rayons viennent réveiller

comme un arbre

Tu la sens la chaleur ?

La vie qui remonte lentement depuis tes pieds, le long de tes jambes, s’infiltre dans ton ventre, irrigue tes veines et tes artères ?

Comme un arbre que les rayons du soleil viennent réveiller, la douceur de cette journée vient rallumer tes cellules alourdies par l’hiver.

Sa langue chaude se glisse dans ton dos, tes épaules se détendent, ton plexus s’ouvre, prêt à laisser entrer la joie qui palpite au fond de ton estomac.

Tu la sens cette journée parfaite et son redoux qui enflamme tes joues ?

Aujourd’hui tu fêtes l’amour ou tu ne le fêtes pas.

Tu le fêtes par envie, par conviction ou par un léger sentiment d’obligation.

Tu ne le fêtes pas parce que tu argues que c’est commercial ou que tu n’as pas besoin de ça.

Quel que soit ton choix, tu le sais, c’est , un peu partout, dans la vie, dans TA vie, dans l’infime, dans l’immense comme dans le mini et ce, tous les jours, chaque jour, pas seulement aujourd’hui, pas uniquement dans un « elle » ou dans un « lui ».

Comme un arbre que les rayons du soleil viennent réveiller, tu transformes ce que tu respires, tu inspires à te transformer et rien, absolument rien, ne saurait t’arrêter pourvu que tu y mettes ce que, aujourd’hui, tu fêtes ou ne fêtes pas, selon ton choix.

Belle Saint Valentin, à toi, lecteur.

 

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Publié par le février 14, 2019 dans triturage de cervelet

 

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Vise les étoiles

vise les étoiles

Elle a secoué cette année 2018, elle a soufflé, tempêté, mis ta tête en bas et tes pieds en l’air, elle t’a filé le vertige au pied de la falaise, elle t’a poussé, tu as sauté.

Alors, bien sûr, tu n’as pas tout aimé mais elle t’a fait bouger comme jamais, elle t’a fait avancer en bottes de sept lieux, elle a forcé ton corps, ta tête et ton coeur, défoncé tes barrières, explosé tes restes de carapace, KO sur ta terrasse.

Non, tu n’as pas tout aimé, il y a eu de l’inconfortable, des choix difficiles et des conséquences pas plus faciles, des victoires et des échecs, des mouchoirs et des temps secs.

Mais regarde, elle a été belle ton année, elle a été importante, tu as gagné de l’empan, tu as piétiné des peurs, transformé des montagnes en taupinières, tu as fait l’amour et la guerre, tu as tant découvert.

Parce que si c’est facile, parce que si c’est aisé, il n’y rien à en tirer, rien à regarder le jour où tu voudras te retourner sur ton passé pour voir le chemin avalé.

Sois fier de toi et de ton année écoulée. Tu as visé droit, tu as visé juste, là, bien droit dans les bottes de sept lieux dans lesquelles tu nages encore un peu.

Oui, regarde, elle a été belle ton année, elle a nettoyé, réparé, elle t’a apprivoisé. Elle a posé de l’imprévu derrière les arbres, elle t’a appris à ne pas vouloir tout maîtriser, à accepter, à lâcher, à ouvrir ce qui était à triple tour bien verrouillé.

Reste à accueillir 2019, reste à y plonger avec toute la confiance gagnée, avec le coeur encore un peu plus ouvert, avec ce que tu sais que tu es capable de donner.

Vise les étoiles pour ton année, arme-toi de ta sagaie et vise les étoiles, il est probable que tu parviennes à en décrocher…

Bonne année, lecteur.

 
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Publié par le janvier 1, 2019 dans triturage de cervelet

 

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Le jour où j’ai tué La Vilaine

autodafé

Il est des crimes dont l’on prémédite chaque instant, chaque seconde ou étape, des meurtres que l’on étudie avec soin des mois durant.

Il est des homicides que l’on dit passionnels, que l’on commet dans un accès, de colère ou de passion, des assassinats qui adviennent en un instant.

J’ignore dans laquelle de ces deux caractérisations viendrait se ranger le mien si un Juge venait à se pencher sur le sujet.

Cette nuit-là, je me suis éveillée en sursaut, cette nuit-là, une nuit de rentrée des classes, une nuit difficile, de guerre lasse, c’est dans mon ventre, du fond de mes entrailles qu’est montée l’urgence, qu’est survenue l’évidence.

Cette nuit-là, c’est un étrange sentiment qui m’a levée, une sensation d’inachevé, un de ces trucs indéfinissables qui vous poussent à une recherche introspective parce que, merde, on a beau l’aimer, on a beau lui confier toute sa destinée, s’en remettre sagement à sa volonté, parfois, l’Univers semble nous « la faire à l’envers » et l’on aimerait bien comprendre pourquoi.

Cette nuit-là, je me suis allongée sur ma terrasse, bras ouverts, yeux en l’air et j’ai cherché ce qui pouvait bien être encore de travers, pas tout à fait d’équerre, quel message, quel enseignement m’offrait cette journée sérieusement délétère (je ne te raconte pas, lecteur, mais fais-moi confiance, quand j’évoque une journée en enfer, au vu de mon seuil de tolérance, c’est qu’elle l’est).

Cette nuit-là, j’ai pris le temps d’une petite palabre avec le Grand Tout, l’Univers, la Justice étoilée. Cette nuit-là, j’ai compris que j’avais quelque peu baissé les bras, cessé de pédaler, que mon vélo électrique était bloqué uniquement à cause de moi.

Et tout est venu dans un souffle de vent, un peu mélangé comme le sont les feuilles et la poussière lorsqu’elles sont éparpillées par la tempête : celle qui m’a fait renaître, celui qui a déclaré que tout était à ma portée, une histoire d’empan que je n’avais pas jaugé si grand, de pointes des pieds et de talons déchaussés, les mots de celui qui m’a dit qu’il était grand temps de m’aimer (vu mon âge avancé) un peu plus, un peu mieux.

Et là, l’évidence : il faut tuer, non pas Constance, mais La Vilaine.

Parce que les mots ont un sens, les mots ne sont pas anodins ou légers, les mots peuvent coller, vriller et empêcher, les mots sont lourds de sens et de conséquences, j’ai décidé qu’il était temps de me désolidariser de ce sobriquet, de décoller Audrey de La Vilaine, alors cette dernière, je l’ai tuée, effacée, biffée.

Ne te bile pas, lecteur de mon coeur, le blog ne bougera pas, ni son titre ni le contenu qui s’y déverse à chaque fois, non, c’est juste une question d’identité. Pas plus que je ne suis aujourd’hui Marie-Agnès Dupin, je ne veux encore me définir comme La Vilaine, je ne la renie pas, je ne l’oublie pas, je l’aime encore et je sais pourquoi. Mais aujourd’hui, il est temps, grand temps de cesser de me nommer ainsi.

 

 

 
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Publié par le septembre 8, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Et par le feu redémarrer

en fumée

J’ai écrit sur un bout de papier tout ce qui appartient à celle du passé.

J’ai posé les mots du passé pour m’en délester.

J’ai pris un briquet et j’ai allumé.

J’ai regardé les feuilles se consumer.

J’ai ritualisé.

J’ai écrit sur un bout de papier ce qui appartient au passé.

Et j’ai laissé brûler.

J’ai laissé brûler ce que je ne suis pas, ce que je ne suis plus.

J’ai nettoyé par le feu, j’ai désinfecté, j’ai calmement cautérisé.

J’ai réduit en fumée les mots d’un passé chargé.

Puis j’ai rendu les cendres à la terre, j’ai redonné à l’univers tout ce qui ne m’appartient plus.

J’ai joint mes mains en coupelle et je me suis avancée.

J’ai pris l’eau et j’ai arrosé.

J’ai arrosé comme on arrose ce que l’on vient de planter, j’ai rincé comme on rince un tissu entaché.

J’ai nourri, j’ai nettoyé.

J’ai arrosé pour que le reste, la vie, le reste de la vie à présent puisse pousser.

J’ai arrosé pour que le présent puisse à la vie pousser.

 
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Publié par le août 24, 2018 dans triturage de cervelet

 

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The devil on my back

shake it out

Juste entre les omoplates, là où poussent les ailes, il s’est accroché. Il a enserré mon dos et mon buste fermement, glissé ses doigts entre les vertèbres et a tiré-pressé-déchiré.

Juste entre les omoplates, là où poussent les ailes, de toutes ses forces, il a écrasé comme s’il cherchait à empêcher, repousser, écraser, replier.

De ma première cervicale à ma côte en cavale, il a pesé, il a comprimé.

L’ombre s’accroche à la lumière aussi sûrement qu’un papillon se cogne contre un lampadaire.

Alors il a planté ses griffes comme d’autres plantent des racines, il a soufflé le long de la colonne un air glacial et brutal, il a aspiré la moelle, s’est délecté du mal.

« The devil on my back » a étranglé, étouffé, oppressé, stoppé la danse, achevé la transe.

Et plus il comprimait, plus il s’alourdissait sur mes reins et mes hanches, plus il tassait chaque vertèbre, plus sa main étranglait, plus mon corps trouvait sa force.

Deux jours en PPP pour mieux transformer le P en Pied.

Deux jours en PPP pour mieux sauter sur les deux.

Deux jours en PPP sur le canapé et le lendemain s’envoler.

Deux jours en PPP pour comprendre que l’on n’est jamais coincé, qu’il suffit d’une autre main pour tout débloquer, qu’il suffit de deux autres mains pour donner le dernier élan et sauter, parce que, souviens-toi lecteur :

« On peut tout ce qui dépend de notre volonté »*

*Proust

 

 
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Publié par le août 22, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Légère comme la vie

Léger comme le début d’un chemin

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, je n’ai pas voulu que ce soit sa musique qui sonne le glas, qui marque la fin.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, alors j’ai demandé à mon corps qu’il s’éveille seul un peu avant.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, pour m’en assurer je l’ai étouffé de ma main.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, je n’ai pas voulu que ce son me crie à l’oreille : « lève-toi, il est temps ».

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, alors je me suis levée et je l’ai éteint.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, que tout s’arrête sur une sonnerie ? C’eut été bien trop violent.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, je n’en avais pas assez, je voulais d’autres lendemains.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, j’ai refusé ce début de journée, comme un caprice, comme une enfant.

Je n’ai pas voulu entendre le réveil, je voulais le chant des oiseaux, je rêvais de la caresse du vent.

Alors je me suis levée lentement, à pas de chat, sans bruit.

Alors je suis sortie, je me suis étirée dans l’herbe, j’ai écouté respirer la vie.

Alors j’ai regardé le soleil qui se lève sans qu’aucun réveil ne vienne le sonner.

Et puis je suis rentrée, le coeur à la fois lourd et léger. Lourd comme un départ, léger comme le début d’un chemin, comme le début d’une vie.

 

 
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Publié par le août 5, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Pas de lézards

« J’ai gravi la montagne et je suis en plein ciel » Paul Fort

C’est un lieu sans lézards, un endroit haut, trop haut pour qu’ils y parviennent.

C’est un lieu sans lézards où seul le tintinnabulement des cloches pendues au large cou des vaches résonne comme le chant de bols Tibétains par centaines.

C’est un lieu sans lézards où l’on pose et l’on oublie, un lieu qui se vit de l’intérieur vers l’extérieur, de l’extérieur vers l’intérieur, un lieu qui nourrit, un lieu plein d’ailleurs.

C’est un lieu sans lézards, comme une parenthèse que l’on ne refermera jamais tout à fait, parce que du bout des doigts on y a caressé le ciel, la lune et les étoiles, parce que de telles caresses sont des promesses.

C’est un lieu sans lézards, un endroit où l’on sait, où l’on sent, où l’on est.

C’est un lieu dont il faudra bien redescendre pour rejoindre les lézards et les salamandres, mais chargé de ce lieu, changé de ce lieu, parenthèse jamais tout à fait refermée, on dansera sur les cendres pour allumer un nouveau feu.

 
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Publié par le août 4, 2018 dans triturage de cervelet

 

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