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Archives de Tag: pleine lune

On a marché sous la lune

La lune trop pâle caresse…

On a marché sous la lune, au milieu de la nuit, nous ne l’avions jamais fait. Elle s’est planquée au-delà des nuages, a versé une pluie fine sur nos attentes mais sans parvenir à nous décevoir. Alors, à notre tour, on s’est éclipsés dans la forêt.

On a ri comme des gosses, parcouru un chemin souvent emprunté de bon matin. L’un de ces chemins que l’on croit connaître si bien que l’on se dit que l’on pourrait l’avaler les yeux fermés. Il n’en est rien. Dans la nuit, on a perdu l’équilibre, toute notion d’orientation, nos repères, plus de prises mais sans jamais nous perdre, nous.

On a observé les effets de cette lune que l’on nous promettait plus puissante que jamais. Elle, ma Bienveillante, cheveux défaits, sensuelle, drôle et volubile, offrait son rire à la cime des arbres. Moi, un peu ailleurs, à l’affut de chaque craquement, guettant alentours dans l’espoir que l’animal sorte des fourrés, accepte un face à face, prenne ma place.

Lui, ma Vérité, écoutait tantôt amusé, tantôt incrédule, nos délires funambules.

On a quitté la forêt, on s’est assis sur un banc. On a continué à rire et à aligner nos mots comme les étoiles que l’on ne voyait pas. Des constellations de joies comme si l’on avait quinze ans.

Et puis on s’est levés pour partir et la lune a choisi d’enfin nous saluer. Majestueuse, lumineuse, elle nous a éclairés de cette clarté étrange qu’elle seule sait donner.

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu pour la lune une fascination particulière. Enfant, je lui confiais mes souhaits, je m’en remettais à ce qu’elle voudrait bien faire de moi, l’implorais de faire en sorte que les petits cochons ne me mangent pas.

Adulte, je la salue à chaque fois que je la vois, avec un sourire que d’aucuns jugeraient béat (pour ne pas dire bêta) par réflexe peut-être, parce qu’elle m’émerveille toujours autant, sans doute, parce qu’elle réveille ma part animale aussi, sûrement, la même que celle qui me permet de deviner la neige et l’orage avant même qu’ils ne soient repérés par les milliers de satellites chargés de les traquer…

 

 

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Publié par le août 14, 2017 dans triturage de cervelet

 

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Un collier de perles de rosée

© La Vilaine - Photo par La Vilaine

Ce matin, en buvant mon café sur la terrasse (à force, je suis certaine que vous avez noté que je bois toujours mon café sur la terrasse, qu’il pleuve, vente, neige ou que le soleil en brûle les dalles), j’eus la surprise de découvrir que les araignées avaient redécoré toute la rambarde. Elles avaient en effet tissé une concentration effarante de toiles au centimètre carré, au point que j’aurais pu me penser en plein DT.

Tout en soufflant distraitement sur ma boisson, l’œil pas encore tout à fait rond, j’ai imaginé ce qu’avait pu être leur nuit d’insomnie pour effectuer pareil tour de magie. Avaient-elles échangé quelques mails pour convenir d’un rendez-vous : «Ce soir amies arachnides, pleine lune, temps dégagé, rendez-vous à la brune sur le chalet pour tricoter. Atelier dirigé par Aglaée (experte en réseautage d’araignées), prix de la soirée : deux scarabées.» ?

Avaient-elles cherché à me réjouir, à me réconforter : «Les filles, La Vilaine a un coup de mou, alors cette nuit, je compte sur vous ! On va tout donner, on n’a que quelques heures (elle dort peu pour notre malheur). L’objectif de notre mission : guirlandes de brimborions pour instant d’émotion»?

Était-ce la plus grosse à ma gauche, ou la plus petite tout en bas, qui, peu satisfaite du résultat avait soufflé aux dix autres : «Manque un truc mes papattes… Manque un truc… C’est du bel ouvrage, mais c’est un peu classique, pas bien féérique…», puis tout en se grattouillant le céphalothorax avec l’une de ses six pattes : «Je sais ! Si on profitait de ce brouillard qui ne manquera pas de tomber sur sa matinée, pour enfiler quelques perles de rosée ?»… Sa suggestion avait du lui valoir la foudre de soixante-quatre yeux déjà épuisés, et huit courroucés (Aglaé devait être quelque peu vexée de ne pas être à l’origine de cette brillante idée). Toute la nuit elles ont œuvré, suspendues sous le clair de lune jusque potron-minet, puis elles se sont recroquevillées pour braver l’humidité.

Ce matin, alors que le soleil peinait pour se lever sur ma journée, entre le brouillard et la vapeur s’échappant de mon café, dans l’écrin de bois de la rambarde, les araignées m’avaient laissé un collier de perles de rosée.

 
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Publié par le novembre 11, 2011 dans triturage de cervelet

 

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