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Archives de Tag: premier roman

Sur le frigo

Des fleurs dans le métro parisien

Elle m’a écrit, elle m’a envoyé un message court, simple, percutant.

L’un de ces messages qui t’envoient en l’air et bouleversent un peu tes projets, ton chemin.

Elle m’a écrit quelques mots sur mes mots.

Quelques uns de ces mots qui t’alignent, te ramènent à ce que tu avais un peu oublié, ce que tu avais un peu laissé de côté juste parce que ton combat était ailleurs et sans doute aussi parce que cette bataille-là te semblait terminée.

Elle m’a percutée sur une ligne entrecoupée d’un point qui lance un début, elle m’a redonné un souffle sur une exclamation.

Elle a écrit : « T’es une écrivaine. Une vraie de vraie ! » depuis un train et la page 100 des « Fleurs roses du papier peint« .

Et depuis le métro, elle a enchaîné. Elle a parlé de Gilda qui lui rendait sa respiration, elle a dit qu’il fallait se battre pour ce livre, encore et encore, elle a dit qu’elle m’aiderait, qu’elle y croyait.

Et j’ai pensé : elle a trouvé un vieux dessin et l’a accroché sur le frigo…

Ce roman est sorti il y a un an, je l’ai laissé vivre sa vie, j’ai lu tes retours, tes commentaires, lecteur extraordinaire, je m’en suis réjouie. J’étais heureuse et satisfaite parce que c’était déjà plus que beaucoup, et puis le temps, la vie, les rebondissements et parfois quelques ennuis, d’autres projets, une autre vie, avancer sans se retourner.

Elle m’a écrit avec enthousiasme et foi en moi. Elle m’a forcée à me retourner et à penser, qu’en effet, cette histoire-là n’est peut-être pas terminée, que Mildred peut encore grandir, pousser, aller te conquérir sur une plus grande portée.

Il y a des rencontres qui t’envoient en l’air et bouleversent un peu tes projets, ton chemin.

Il y a des rencontres qui, en plus de te remplir le coeur, te poussent à aller encore plus loin.

Il y a des rencontres qui sont deux mains : une qui se saisit de la tienne ; l’autre, paume vers le ciel, qui te tend très exactement ce dont tu as besoin.

Il y a des rencontres qui sont demain…

 

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Publié par le juin 12, 2018 dans littérature

 

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Danser la vie

Salomé

Il y a toujours un moment, où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où, le trop plein, le quotidien, la morosité, appelez ça comme vous voudrez, ce diable qui vous attrape par les chevilles et tente de vous entraîner là, au fond, tout au fond, aux tréfonds, un moment où ce diable fait face à elle, à ce moment où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où je sais, un moment où je sais et où je sens sa force, son pouvoir de résilience, sa lumière, sa transe, au moment où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où elle dépose un frisson, un frisson à mes pieds, un doux frisson qu’elle fait remonter autour des malléoles comme un baiser papillon, un imperceptible frisson, ce moment où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où je sais, un moment où je sens.

Il y a toujours un moment où elle enserre mes mollets de ses doigts longs, taquine mes genoux comme pour en tester les réflexes rendus mous, avant de se faufiler un peu partout et jusque dans mon cou, c’est maintenant, c’est ce moment où elle m’appelle.

Il y a toujours un moment où je sais, où je sens plus violemment.

Il y a toujours un moment où dans mon ventre, dans mon bassin, dans mon dos, dans mes jambes, elle se glisse comme dans une antre, ce moment où elle m’appelle et me chuchote à l’oreille :

« Danse, danse, ici, là, maintenant et n’importe quand mais surtout danse immédiatement. Danse, lâche les cheveux, lâche les chevaux, danse, danse, car c’est ainsi que tu panses, c’est ainsi que tu penses. »

 

 

 

 
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Publié par le mai 16, 2018 dans triturage de cervelet

 

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Présent !

Merci !

Tu as répondu présent, lecteur assidu, tu étais là, dans cette petite bibliothèque où l’on est rapidement à l’étroit dès que l’on est plus de trois.

Tu es venu à vingt, un chiffre qui rime avec ce que j’aime bien partager pour dire mon amitié.

Je pensais que tu m’aurais empruntée dans cette bibliothèque, alors je n’avais pas prévu de venir avec un gros stock de moi. Je pensais qu’au mieux, tu aurais déjà ton exemplaire sous le bras mais ce n’était pas le cas. Tu m’as dévalisée, tu m’as émue et dévalisée avec ton attention toute attentionnée, tes questions toutes préparées de frais (aussi frais que les chouquettes délicatement posées sur la table autour de laquelle nous avons conversé), tes regards tantôt émotionnés, tantôt amusés.

Ah tu peux te vanter, lecteur, de m’avoir prise par surprise en une seule et unique prise !

Tu étais jeune, tu étais vieux, tu as voulu les fleurs et Marie-Agnès Dupin, tu as voulu savoir laquelle j’étais, tu as vite compris que j’étais toutes et aucune à la fois, rien et personne tout comme toi, moi qui ne suis rien sans toi, sans tes yeux pour me lire, sans tes mots pour me partager, sans tes doigts pour m’agrémenter de ton avis en mode public et « virtualisé ».

et merci !

Alors laisse-moi te remercier, lecteur qui répondu présent à vingt comme si tu étais cent, laisse-moi te dire qu’ensuite j’ai dansé toute la journée seule dans mon appartement, parce que je crois que je ne m’y ferais jamais, je ne me lasserais jamais de te raconter ce que j’ai dans le coeur, dans la tête, que je ne serais jamais blasée de jacasser avec toi, jamais fatiguée de t’écouter ME raconter par ton prisme à toi.

Je te dirais bien trois mots mais je crois que c’est un peu tôt (attendons le quatrième rendez-vous, ce sera moins fou-fou) et puis, tu le sais (ou pas, d’ailleurs), j’ai ma pudeur même si elle est souvent bien planquée derrière mon air rieur.

Alors je te dis juste :

Merci…

 
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Publié par le mai 4, 2018 dans littérature

 

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Rendez-vous…

Parce qu’il ne faut cesser de raviver ce qui doit l’être, parce qu’il ne faut cesser d’y croire, parce que chacun de tes commentaires sur Les Fleurs Roses du Papier Peint me renverse le coeur et me donne l’élan nécessaire, je te donne rendez-vous.

Le 28 avril, je t’attends pour te présenter mon livre (parce que oui, lecteur, tu es encore quelques uns à ne pas m’avoir lue) dans la charmante bibliothèque associative de Ballaison (74).

Et, si tu m’as feuilletée, lue avec soin ou qui sait ? dévorée, au-delà de t’en féliciter, nous pourrons aussi échanger sur l’histoire, sur comment cela m’est venu, je te livrerais peut-être quelques secrets bien gardés, et tu auras ta gratouille (sur le papier, pas dans le dos, on ne se connaît pas assez) et il se pourrait même qu’on pousse le vice jusqu’à rigoler (un peu… faut pas non plus trop déconner).

Mieux qu’un rendez-vous tinder…

 

Alors viens, lecteur du coin, viens me retrouver (il y aura en plus de quoi te sustenter l’estomac en plus de ton cortex qui le sera déjà, un bon petit déjeuner, un café, des croissants…) samedi 28 au matin.

 
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Publié par le avril 13, 2018 dans littérature

 

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Livre sacré

Marquons

Elle est venue boire un café, discuter de mon intervention dans sa bibliothèque autour d’une boisson chaude et de chocolats…

Elle a foncé droit vers le meuble où était la correspondance de Camus et Casarès, dédaignant la tasse posée sur la table à manger. Elle m’a dit « Alors, c’est donc ça ? » et a entrepris de le feuilleter, lunettes sur le bout de son nez, l’air inspiré.

La seconde d’après, elle s’est tournée vers moi, livre (pavé) à la main et a plongé son regard dans le mien. Un regard mi-courroucé, mi-amusé. Elle a lâché le bouquin sur la table, juste à côté de sa tasse de café fumante, sans me lâcher de ses grands yeux bleu clair.

Elle a dit : « Tu cornes les pages ?! »…

J’ai souri.

« Oui, je corne les pages… »

Elle a tenté un sourcil froncé. J’ai interrompu la flexion et sa réflexion pour en ajouter : « Et tu as vu, j’annote… Je souligne, j’annote, je surligne, j’émarge et oui, je corne ».

Comme une institutrice qui cherche à sermonner gentiment sa jeune élève, elle s’est approchée de moi pour m’expliquer que non, décidément, on ne pouvait pas faire ça, qu’il fallait traiter les livres respectueusement.

Je lui ai répondu que j’aimais y replonger pour retrouver un passage, une phrase, un mot… Que parfois, que souvent, je m’en souvenais en substance mais qu’en les marquant directement dedans, je pouvais reprendre en un clin d’oeil une citation, un bouleversement dans lequel à nouveau m’envelopper pour un instant. Je lui ai raconté le plaisir de découvrir dans des livres ayant appartenus à ma grand-mère, ses annotations, de lire à travers les pages ce qui l’avait marquée et qu’elle avait, conséquemment, marqué directement dedans, combien on apprenait ainsi de bien jolies choses sur les gens.

Elle m’a dit qu’elle avait acheté un petit carnet pour épargner les pages des livres et recopier ce qui l’avait touchée dedans, elle m’a dit que je pourrais en faire autant.

Elle a bu son café et m’a à nouveau regardée en feuilletant le livre distraitement. Elle s’est arrêtée sur une page, sur mon passage. Elle a vu ce que j’avais vu, lu ce que j’avais aimé. Elle a eu un sourire d’une infinie douceur en le découvrant, en me découvrant…

Et puis elle baissé la tête et m’a avoué, à regrets, n’avoir finalement jamais pris le temps de noter quoi que ce soit dans son petit carnet prévu pour ça.

 
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Publié par le février 2, 2018 dans triturage de cervelet

 

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300

Barre des 300

Un petit billet en forme de « Merci », lecteur soldat, lecteur qui se bat pour moi, lecteur inconnu, lecteur ami, lecteur instit’, lecteur bibliothécoeur, lecteur passionné et motivé.

On n’a pas doublé, on a triplé, on a passé la barre des trois cents exemplaires. Alors bien sûr, on n’a pas sauté comme ça en un seul élan, on n’a pas attaqué la barre en un seul bond (ma taille ne le permettait de toute façon pas et la grenouille n’est que dans mon estomac), on a pris notre temps toi et moi, on a accumulé les flocons en douceur et, si j’en crois tout ce que je sais de toi, on continue à les poser les uns contre les autres pour former une boule de neige bien ronde, bien compacte.

Je n’ai à te dire que des riens sur ce billet-ci, que des riens et des mercis, je vais donc faire court (ça nous changera) et te remercier pour tout le coeur que tu y mets, où que tu sois.

Où que tu sois, je te serre dans mes bras pour que tu sentes mon coeur qui bat un peu plus fort grâce à toi, pour que tu saches que chaque jour je pense à toi, à ce bout de moi cartonné calé sous ton oreiller, à tes yeux qui parcourent mes mots accumulés, mes paragraphes, mes pages, mes chapitres, mon roman, ce roman et cette toute petite Mildred que tu rends plus grands.

De mon coté, je te promets de mettre encore tout en oeuvre pour continuer à venir te rencontrer par ici ou par là.

 

 
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Publié par le janvier 22, 2018 dans littérature

 

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L’année de l’envol

Dans TES mains

J’ai mis un peu de temps pour te les adresser mes voeux, lecteur superstitieux et rêveur… J’ai mis du temps mais, à ce que l’on dit, nous avons tout le mois de janvier pour ce faire, tu ne pourras donc pas me taxer d’être totalement tête en l’air.

J’avais besoin de sonder ce que cette nouvelle année pouvait nous apporter, j’avais besoin de farfouiller au fond de mon coeur pour y dénicher l’intention à lui donner. Tu le sais, les voeux normaux à base de bonne année, bonne santé, ne sont pas ma tasse de thé et ne l’ont jamais été. Tu le sais aussi, depuis l’an passé, je sais les accepter et j’en viens même à les aimer. L’an passé, l’année UN, l’année de l’audace, l’année du OUI, l’année de la VIE, a finalement mis une sacrée pression sur celle qui s’ouvre aujourd’hui.

J’ai reçu des messages inspirants depuis ce premier janvier, comme si, tous mes proches amis (mais aussi des contacts plus éloignés) savaient mieux que moi ce qu’il fallait me souhaiter, ce que cette année DEUX devait m’apporter.

« Année conquérante », « Année remplie de jolis mots, de tendresse et de respect », « Année étoilée », « Année de l’envol ».

Voilà, on y est, ai-je pensé, le lien entre 2017 et 2018 est fait. Si la première a sonné le déploiement de mes ailes (grâce à toi, lecteur soldat), si le souffle que chacun y a déposé (et je n’aurais pas assez de ce billet pour citer tous ceux qui, croisant mon chemin cette année même quelques instants, l’ont fait consciemment ou non) a permis de les étirer, de les renforcer, de les muscler, la seconde ne peut être que celle de l’envolée.

Il est temps de se jeter joyeusement dans le vide, sans peur ni vertige.

Alors, doux lecteur, je te souhaite de même pour cette année… Je te souhaite de prendre conscience que tu es, que tu existes, que si tu n’es que promesses, n’attends personne pour les tenir (« Je n’existe pas, j’attends d’exister, je ne suis que promesses » Maria Casarès à Albert Camus*)…

Je te souhaite de découvrir que tu es le seul maître de ton bonheur, que personne ne détient le pouvoir de te rendre heureux si ce n’est TOI, que tu es le seul responsable de ta vie, qu’il n’y a que toi qui peut t’empêcher d’être pleinement toi et ce, même si certaines rencontres peuvent y contribuer (« Cela signifie que j’ai retrouvé avec toi une source de vie que j’avais perdue. On peut avoir besoin d’un être pour être soi-même. C’est ce qui arrive en général. Moi, j’ai besoin de toi pour être plus que moi-même » Albert Camus à Maria Casarès*).

Je te souhaite donc d’être toi, envers et contre tes peurs, de suivre avant tout ce que dicte ton coeur, de prendre le temps de l’écouter et puis, avant la fin de l’année, de t’envoler…

 

*Extraits de Correspondance 1944-1959 / Marias Casarès Albert Camus – Éditions Gallimard

 

 

 

 
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Publié par le janvier 9, 2018 dans triturage de cervelet

 

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