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Archives de Tag: William Faulkner

« Le bruit et la fureur » de William FAULKNER

Le bruit et la fureurIl est des livres qui vous font vous interroger sur une vie sans lecture. Ce roman de William FAULKNER en est un. Comment peut-on vivre sans lire ? Certes ce troisième roman, dans l’ordre de mon voyage à travers cet auteur, est difficile d’accès, rebutant sans doute pour qui est habitué à une construction usuelle, mais lorsque l’on s’y laisse dériver, on en ressort enivré, secoué.

Chacun des chapitres est écrit selon l’un des personnages de l’histoire, l’histoire d’une famille bousculée. Aucune chronologie n’est respectée (à l’exception du dernier chapitre), on virevolte du passé au présent et du présent au passé au gré des associations d’idées du narrateur. Alors c’est le lecteur qui est bousculé, magistralement bousculé dans ce tourbillon de pensées parfois confuses, rarement explicites, mais toujours limpides si l’on se prête au jeu de l’auteur.

Le bruit, pour les incessants cris de Benjy, narrateur du premier chapitre, innocent au cerveau animal, qui ressent plus qu’il ne comprend, mais qui sent et pressent de tout son être et qui ne peut s’exprimer que par ses hurlements.


La fureur, pour la vie de Caddy, qu’elle dévore au point de s’y perdre et d’y perdre ses frères et son enfant. Sa fureur à aimer, sa fureur dans la révolte, sa fureur de louve cherchant à revoir sa fille.


Le bruit, pour Quentin, frère à l’amour incestueux qui se souvient comme d’autres souffrent, qui écoute obsessionnellement le bruit du temps qui lui reste.


La fureur encore, pour Jason, violent raté. Egoïste et intolérant primaire, raciste, antisémite, qui se complait dans le rôle de victime de l’autre, des autres.


Et puis, soudain, le bruit des chants religieux, la fureur de la croyance et de la tolérance. Le dernier chapitre nous recentre sur Dilsey, et comme souvent chez FAULKNER c’est la femme noire, simple, toute dévouée à des maîtres qui valent si peu, qui est le personnage le plus beau, le plus doux, le plus grand du livre.

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Publié par le juillet 30, 2007 dans littérature

 

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Requiem pour une nonne

Voilà, j’ai refermé « Requiem pour une nonne » de William Faulkner entre la gare de Bois-Colombes et celle de Colombes. Me reste uneRequiem pour une nonne impression étrange, celle d’être un peu passée à côté. Je m’étais réellement délectée de « Sanctuaire » et, aurais-je dû attendre que le souvenir en soit effacé pour lire cette suite ? Je ne le saurai sans doute jamais, mais peut-être y a-t-il là l’explication de ma légère déception.

S’il s’agit bien à nouveau de Temple Drake, sept ans après sa terrible aventure dans une maison close, la construction est tout à fait différente, sous forme de pièce en trois actes. Chaque acte est précédé de chapitres historiques relatant la construction des édifices où se déroule l’action. Albert Camus a regretté de n’avoir pu, dans son adaptation théâtrale, intégrer ces chapitres, j’avoue avec un peu de honte, que ce sont justement ces derniers qui m’ont un peu rebutée. Je suis pourtant attirée par l’Histoire et les histoires de construction (j’avais plus qu’adoré « Les piliers de la Terre »de Ken Follett, qui avait pour toile de fond la construction d’une cathédrale sur plusieurs siècles), mais si j’ai fait l’effort de lire consciencieusement le premier de ces descriptifs, je reconnais avoir survolé les autres afin de parvenir plus vite à ce qui m’avait poussé à l’achat de ce roman : le destin de Nancy Mannigoe, femme noire au service de Temple Drake, condamnée à la peine capitale pour avoir tué un des enfants dont elle avait la charge.

La confession de Temple Drake auprès du Gouverneur, le dialogue final entre les deux femmes, les questions soulevées sur la part innée et la part acquise du vice, l’évocation du pardon et de l’expiation sont en revanche prodigieux et je regrette de n’être plus en âge de passer mon bac, certaine de pouvoir placer cet ouvrage dans beaucoup de compositions de philo !

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Publié par le juin 5, 2007 dans littérature

 

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