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Le retour des martinets

mai 12, 2008 · 1 Comment

J’étends mon linge dans les dernières heures de ce soleil estival, comme toujours durant ces tâches, mon esprit se détache vers d’autres pensées que celle de mes mains qui déploient les vêtements avec soin pour éviter autant que possible la corvée du repassage. Un bruit me sort de ma torpeur, me fige sur place, j’écoute sans respirer comme si la moindre prise d’air était susceptible de rompre mes chances de saisir à nouveau ce son tant attendu. A nouveau il transperse le silence, des sifflements stridents comme un cri percent le ciel. Mon visage s’éclaire, mes yeux s’écarquillent, je ne suis que trop familière de ce chant annonciateur des beaux jours.

Une immense joie m’envahit, une joie d’enfant, une hystérie bienveillante ! En un saut j’enjambe le pas de porte pour me retrouver au milieu du jardin, je cours, je tourne, je virevolte la nuque renversée pour les apercevoir, j’ai le vertige et je m’en moque, je veux les voir car leur passage est furtif et fou. Enfin les voici, dans leur course impétueuse, leur joute aérienne qu’ils renouvelleront chaque soir au coucher du soleil, et je me bercerai du doux rêve que ce n’est que pour me saluer moi, que leur vol m’est dédié à moi qui les écoute en frémissant. Ils sont revenus les martinets de mon jardin, leur ponctualité m’enchante, nous sommes bien en mai puisqu’ils sont là.
Jeune Martinet tombé du nid

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Tri sélectif, tri affectif…

février 27, 2008 · No Comments

J’aime tout particulièrement les moments incongrus où, au détour d’une rue, on capte un moment de grande intimité de nos congénères. Un moment court, de quelques secondes, qui met en lumière un trait d’humanité révélateur. Pas voyeuse, la Vilaine se contente de cette ellipse pour méditer et entrer dans l’autre et ses intimes pensées, ses beautés et ses tares.

Nos citoyens, enfin conscients de leur devoir de préservation de la planète s’évertuent chaque soir à trier leurs déchets dans les trois poubelles distinctes distribuées à cet effet par les mairies, à sortir lesdites boîtes les jours requis, ce qui demande il est vrai, une certaine mémoire, les jours et heures de passage des camions de ramassage variant selon les déchets collectés.

Ce soir, cheminant d’un bon pas vers mon asile, je suis entrée dans une rue adjacente à la suite quasi directe des éboueurs du mardi soir, les percepteurs de papier, carton et plastique. A une vingtaine de pas, du grabuge : une dame dont la voix âgée se détache en une litanie « y’a que des journaux, j’vous dis, y’a que des journaux » tout comme sa silhouette sur le trottoir peu éclairé, s’accroche de toutes ses maigres forces à sa poubelle au couvercle jaune.

Voici donc ce que l’on nomme la honte, la honte que la rue entière sache qu’elle a mal trié ses ordures, car afin que le bon citoyen puisse comprendre en un instant le pourquoi du comment  ses rognures n’ont pas été relevées, le centre de tri a mis en place une petite astuce. Sceller la benne contenant le déchet mal trié par du gros scotch blanc portant de belles et grosses lettres vertes : ERREUR DE TRI. Mais voilà, le revers de cette joyeuse idée c’est que la boulette est soudain affichée à la vue de tout le voisinage, et chaque gentil voisin en sortant promener son chien pour sa pisse matinale, peut constater que Madame Chuchemahue n’a pas correctement trié ses épluchures !

Ah, elle peut se pavaner avec sa terrasse toujours impeccable, ronchonner sur les jeunes qui dévalent la pente comme des diables sur leurs « patins à roulettes », les voilà rassérénés en pensant mesquinement qu’elle se moque éperdument de l’avenir de la planète, voire que cette vieille folle n’est même plus capable différencier le carton et de ses oranges !

Voilà ce qui terrorise la septuagénaire se battant bec et ongles contre l’implacable adhésif, et voilà ce que le gentil employé ne semble pas comprendre lorsqu’il tente de la calmer par un mielleux « m’enfin Madame ce n’est pas grave ».

Mais si, c’est grave, Madame Chuchemahue panique car l’opinion du voisinage lui importe à ce point qu’elle en mourrait si ce malheureux posait le glutineux, c’est tout ce qui lui reste son image de parfaite petite voisine elle ne va pas y renoncer pour un malheureux polystyrène… Alors dans un sursaut de fierté, l’instinct de survie  décuplant les forces de notre héroïne du quotidien, oubliant soudainement les badauds, elle plonge la tête et le bras fripé au fond de la profonde boîte à ordures et en extirpe l’objet du délit, sauvant ainsi sa benne du capsulage et  sa dignité…

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Le Mille-feuilles Belge

décembre 21, 2007 · 1 Comment

C’est toute bouillonnante, et sans même jeter un œil profond sur le programme, que j’ai réservé ma table pour le dernier dîner Mille-feuilles. J’avais bien noté qu’il s’agissait d’un spécial Belgique, absente je l’avoue de ma culture littéraire, mais peu m’importait, j’avais enfin un créneau dans mon agenda qui compenserait la frustration de mes dernières absences à ces réjouissantes soirées. De plus, par expérience de ces dîners, je savais pertinemment que peu importe la connaissance que l’on possède des invités, ils sont toujours de qualité et permettent de belles découvertes (voir http://lavilaine31.wordpress.com/2007/06/02/thierry-jonquet-ou-les-decouvertes-des-diners-mille-feuilles/ ).

C’est Jean-Luc OUTERS (pour « Le voyage de Lucas ») qui a ouvert le bal. Et s’il semblait regretter que son livre ne soit encore qu’à l’état d’épreuve, lorsqu’il a commencé à fureter dans les feuilles volantes afin de trouver le passage le plus significatif à nous lire, un frisson de plaisir et d’excitation m’a parcouru l’échine. Privilégiée ! Voilà ce que j’étais à ce moment précis, une sensation exquise que d’être parmi les premiers à entendre ces lignes, de la bouche même de l’auteur, et quelle saveur que de contempler avidement ce manuscrit qui me paraissait si secret en cet instant.

A peine remise de cette intervention, l’incroyable voix de Marcel MOREAU (pour « Une philosophie à coups de rein ») s’est élevée. Une voix si profonde, si transpirante de l’émotion de sa lecture, que je voulais l’emmener chez moi, l’asseoir près de mon lit, m’installer confortablement sous mon édredon et l’écouter toute une nuit durant. Bien sûr, la voix seule n’aurait sans doute pas suffi si les extraits lus, ayant pour sujet la fièvre de l’écriture ; le rythme de cette écriture, n’étaient pas d’une incroyable poésie, une symphonie de mots. Le temps s’est arrêté au restaurant le Candide et ma respiration avec.

Enfin Jean-Caude BOLOGNE (pour « Histoire de la conquête amoureuse de l’antiquité à nos jours ») a refermé la première partie de la soirée sur une note légère et humoristique. Cet homme a tant étudié l’art de la séduction que l’on en vient à penser en l’écoutant qu’il est heureux qu’il soit marié sans quoi il serait dangereux !

Et puis parallèlement à ces bonheurs littéraires, un petit bonheur personnel, la seconde partie, Frédéric Fredj à ma table, dont la générosité au-delà de la mission culturelle qu’il s’est choisie, en fait un être rare qu’il est précieux de rencontrer.

Le prochain Mille-feuilles aura lieu le 16 janvier, ce sera le tout dernier au Candide, les propriétaires n’ayant pas conscience du privilège d’héberger de tels dîners. Puissent-ils lire ces quelques lignes pour en entrevoir toute la portée…

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Le Kindle

novembre 27, 2007 · 5 Comments

On se réjouit (ou pas) de cette nouvelle technologie qui, nous promet-on, est l’avenir du « livre ». On lit un peu partout sur les forums des commentaires enthousiastes sur ce nouveau joujou qui devra se trouver une place dans les sacs entre le lecteur MP3, le téléphone portable et le pad. Même les maisons d’édition et les auteurs se frottent les mains, voyant là un objet complémentaire au livre, qui attirera sans nul doute de nouveaux lecteurs jusqu’ici récalcitrants. Soit, peut-être, qui sait ?

 Au-delà de l’évidence de l’isolement exacerbé qui est une des conséquences de la multiplication de ces gadgets numériques, au-delà des questions écologiques, au-delà des arguments financiers (il est certain qu’à 400 $ le Kindle, l’accès à la culture pour tous, face à des livres que l’on peut dénicher pour 1 €, c’est pas gagné !), et au-delà de la vision esthétique de « la chose » (un design sincèrement loupé pour ce nouveau bidule), je souhaite juste vous ouvrir mon point de vue purement viscéral d’une amoureuse de la littérature, et rappeler par le truchement de ce sujet le bonheur de flâner dans une librairie, l’échange avec le commerçant passionné, la sensualité de toucher du bout des doigts les piles de livres, le frottement de la paume sur une couverture, le doux petit vent parfumé qui s’échappe des pages feuilletées, le plaisir de mirer une bibliothèque remplie des ouvrages qui nous ont fait frémir. La joie de passer ce livre à un être qui vous est cher, parce qu’il vous a ému et que vous souhaitez transmettre cette émotion, avec quelques griffouilles en marge pour attirer son attention. Le livre est aussi un contenant à mes yeux c’est là que commence le charme de la lecture. Et que dire d’un livre ancien ? On peut trouver tant de choses dans un livre. 

Mon grand-père m’a remis une anthologie de la poésie, livre de chevet de ma grand-mère disparue il y a quelques mois. Au fil des pages j’y ai trouvé des fleurs séchées (des roses de son jardin), des lettres que je lui avais écrites, des cartes postales de fleurs (sans doute en vue de s’exercer à son aquarelle), des petits morceaux de papier sur lesquels elle avait recopié des textes qui de toute évidence méritaient à ses yeux d’être conservés. J’ai appris beaucoup sur elle en feuilletant ce gros ouvrage sur mon lit, moi qui pensais tout connaître d’elle, j’ai pénétré une part de son monde intime. J’ai touché toutes ces pages avec émotion en pensant à ses mains qui les avaient effleurées, un peu comme si à travers elles nous reprenions ce contact coupé trop brutalement sur un lit d’hôpital. J’ai serré dans mes bras ce volumineux ouvrage aussi fort que j’ai pu, j’aurais voulu y pénétrer toute entière et qui sait, la voir se matérialiser soudain au détours d’une page.

 

 Alors, je les glisse où mes petits souvenirs dans mon gros Kindle ?

 

 

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Grève SNCF, La Vilaine immergée.

novembre 19, 2007 · 4 Comments

Il est 18h40, je pointe mes petits petons gare Saint-Lazare, mon nez en l’air prête à flairer l’hypothétique train dans lequel je pourrais hypothétiquement monter en jouant des coudes pour, folle idée, rentrer chez moi. Je suis bien préparée par les grèves précédentes, même si celle-ci traîne en longueur, je connais les règles du jeu : se faire petite (facile), se faufiler, se glisser, laisser sa part humaine devant les escalators pour mieux supporter l’animalité ambiante, le chacun pour soi. Car il n’est pas beau à voir l’usager privé de train, il écrase les femmes enceintes, pousse les grand-mères et les malvoyants. Bien sûr parmi ces loups, quelques agneaux encore aptes à regarder autour d’eux et à prêter leur main à la victime d’un malaise, mais plus la grève dure et plus ils se raréfient.

Mais revenons à ce soir 18h40 gare Saint-Lazare. Un brouhaha hors du commun parvient à mes oreilles avant même que je puisse apercevoir le haut des escaliers. De mon pas pressé, j’avale goulûment la distance qui me sépare de la salle des pas perdus pour gagner le passage vers les quais 9 à 14, je relève la tête pour apercevoir une marée humaine stagnante, impossible de se faufiler, les pompiers débordés, les rares agents SNCF chargés d’aiguiller le passager perdu ont des airs de lapin terrorisé.

Je me colle contre le mur, je tente de m’y fondre, je rêve de passe muraille pour ne pas être piétinée par la foule qui cherche à s’échapper de la gare, défilent devant moi des gens en larmes, des femmes au visage violacé cherchant leur air, en proie à des crises de nerfs, j’entends des hurlements venant de la place devant les quais, des hurlements qui montent de plus en plus désespérés, les pompiers tentent de s’approcher mais en vain.

Je ris, oui, je ris, nerveusement, bêtement, comme une poule caquette par réflexe, incrédule que je suis face à ce spectacle qui semble si peu approprié à une simple grève. Je m’inquiète, je pense aux militaires qui déambulent quotidiennement dans la gare mitraillette au poing, n’est-ce pas dangereux avec ce tohu-bohu et cet affolement général ? Je décide de faire demi-tour, aller boire un verre et laisser couler une heure loin de ce chahut, revenir dans un moment plus calme. Mais non, impossible d’exécuter le moindre mouvement, je suis coincée…

Et puis deux visages souriants, deux femmes à mes côtés, attendant le même train m’entraînent vers le quai 9, il y a un passage sur la gauche, vite, vite nous nous faufilons, j’entraîne à mon tour une dame âgée et paniquée souhaitant sauter dans n’importe quel train qui l’emmène loin de Saint-Lazare. Nous voyagerons debout après 30 minutes, le train partira bondé, les voyageurs silencieux, éberlués. Certains se moqueront de ces usagers qui expriment leur ras-le-bol, d’autres iront jusqu’à les mépriser, les taxer d’égoïstes pour avoir osé se plaindre, ils diront que le journal de Jean-Pierre Pernault leur a lavé le cerveau, non, cela n’a rien de politique, non cela n’a rien d’une lobotomie, est-ce égoïste que de penser à ces hommes et ces femmes qui auront fait un malaise cardiaque, vagal ou nerveux ce soir ?

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Homme de Ménage Nu !

novembre 9, 2007 · 4 Comments

Même avec la meilleure volonté du monde, je dois l’avouer, il devient de plus en plus difficile de conserver ma maisonnette proprette tout en m’aménageant un minimum de temps pour des fioritures jouissives, vitales et salvatrices. Fortement réticente à l’idée de confier une part de ce que je me faisais un devoir de réussir à concilier, j’ai finalement laissé l’idée tapoter à la porte de mon cervelet fatigué et me suis mise en quête de la perle rare, celle qui me permettrait de ne plus dépenser mon énergie de fin de semaine dans ce que l’on nomme communément : les tâches ménagères…

 

Mais voilà, pour me procurer ce luxe (car admettons-le, le luxe c’est le temps disponible non pas pour la publicité, n’en déplaise à Monsieur Lelay, mais pour la vraie vie) inconnu, il me fallait me forger une culture sur le sujet. Tarifs, expérience recommandée, nombre d’heures possibles sans que mon banquier s’étouffe, mode de règlement, j’avais tout à apprendre. Et quoi de mieux qu’Internet pour avaler goulûment ces informations ?

 

Passées les premières minutes d’hystérie joyeuse en découvrant les facilités offertes par les sites professionnels, les tarifs proposés ont vite eu raison de mon optimisme… 21 € de l’heure en moyenne, ce n’était aucunement le budget qu’escomptait mon naïf raisonnement. Fi donc des sites professionnels, vive les moteurs, cherchons, cherchons, les tarifs en vigueur…

 

Et là, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir l’existence de l’Homme de Ménage Nu ! Oui mesdames et messieurs, la particularité de l’Homme de Ménage Nu est qu’il vient chez vous GRATUITEMENT à la seule condition de pouvoir s’acquitter de son travail en tenue d’Adam sous vos yeux ébahis ! Pensant d’abord à un cas isolé, un exhibitionniste en mal de voyeuriste, j’ai rapidement constaté d’un clic à l’autre, que cette pratique est fort répandue et que la ménagère est ravie des services offerts ! Je dois confesser la tête baissée sur mes souliers 35 fillette, que devant la liberté tarifaire (je dis bien tarifaire, croyez quoi ?) de ce service, je n’ai pas rejeté immédiatement l’idée… Oui j’assume avoir pensé que les bourses déliées de cet homme de ménage soulageraient la bourse du mien (de ménage) et raviraient par conséquent mon banquier.

 

Et puis la raison est revenue, et pensant à cet homme tout nu portant des gants Mapas et jouant du plumeau dans les recoins de ma maisonnée, j’ai eu les plus grands doutes sur ma capacité à ne pas décéder des suites d’une fulgurante crise de rire (ou de panique) si ma voisine octogénaire venait à passer chercher sel ou œufs durant les heures de travail de mon homme de ménage et ai finalement renoncé à cette drôle d’idée.

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Mais que fait la Vilaine ?

octobre 20, 2007 · 2 Comments

Est-elle partie s’exiler dans un recoin de la planète, de plus en plus rare, où Internet n’existe pas ? A-t-elle cessé de lire, de s’intéresser au monde qui l’entoure avec son cynisme habituel ? Ses consultations auprès de son Docteur du cervelet ont-elles vidé son esprit de son joyeux venin ?

Bah non, La Vilaine a honte, mais elle est bien présente, elle lit bel et bien, regarde toujours le monde, s’encombre le cervelet de réflexions inutiles, consulte son blog et rit des termes recherchés qui lui ont amenés des visiteurs perdus (j’en ferai un résumé, promis !) mais ne s’est pas épanchée virtuellement depuis trop longtemps ! Et on ne peut le nier, c’est comme pour le reste, moins on mange, moins on a faim (ceci est valable aussi mesdames pour la bagatelle, gardez bien cela à l’esprit et mangez !).

Donc j’ai lu, car je ne saurais m’en passer, de bons et mauvais ouvrages, mais ne vous citerai que les bons,: Last Exit to Brooklyn de Hubert Selby Jr, pourtant peu amoureuse des nouvelles, mon vieil ami Hubert m’a encore régalée de son phrasé incomparable, de sa violence poétique (un comble), de son rythme essoufflé ; Le liseur de Bernhard Schlink, qui a répondu à quelques unes de mes réflexions sur l’illettrisme et les enfants des Nazis ; La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel m’a plus que touchée par son histoire  mêlant immigration, filiation, Alzheimer et don de soi ; Mr Vertigo de Paul Auster ou l’apprentissage de la confiance envers les autres pour s’élever soi-même (depuis je médite !) ; Lumière d’août de William Faulkner, vous ai-je dit que j’adore cet auteur ? Ah oui…

Donc j’ai regardé le monde qui m’entoure, ai pleuré sur les bonzes Birmans sans trouver les mots qui se précipitaient dans mon cervelet pour exposer ma haine de ces hommes qui sacrifient la quintessence du pacifisme pour quelque argent de plus. D’ailleurs, peut-être est-ce là la raison de mon silence, trop petite, trop rien pour oser l’ouvrir face à ce qui me brûlait les yeux.

Donc j’ai peint, deux toiles, certes, mais il y avait longtemps que je n’avais retrouvé les gestes apaisants du peinturlurage, senti l’odeur de la térébenthine, du fusain, éprouvé la texture de la peinture à l’huile sous mon pinceau (et mes doigts…), cherché le mélange parfait et croisé mon reflet portant les traces d’une peinture un peu trop enthousiaste (héhéhéhé…).

Une leçon personnelle quoiqu’il en soit, à ne pas les mettre assez rapidement par écrit, mes pensées idiotes finissent par s’envoler, navrée d’en avoir privés mes visiteurs, je promets de ne plus m’y faire prendre !

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Attention, chiens méchants !!!!

septembre 23, 2007 · 2 Comments

Attention chien méchant. Voilà que l’on stigmatise à nouveau certaines races canines à la suite de faits divers fortement médiatisés. Pour exemple, ce nouveau cas tragique d’une enfant tuée par les deux dogues allemands de la maison. Tragique, oui, personne ne dira le contraire. Là où je m’agace, c’est parce qu’on stigmatise, on diffuse de terribles images de chiens catégorisés tous crocs dehors, on nous montre dix policiers arme au poing attendant que les pompiers mettent le chien (anesthésié) dans le vari-kennel, un déploiement digne d’une prise d’otages pour effrayer la ménagère ?

Et on s’agite, on décide vite vite de lois dénuées de bon sens, pour que cette même ménagère se rassure, le gouvernement veille à sa protection. On oublie qu’il ne s’agit pas de chiens catégorisés, on oublie que statistiquement les chiens responsables des plus nombreux accidents sont de gentils labradors et autres goldens. D’ailleurs cette pauvre femme qui fut greffée d’un visage complet, peut-on nous rappeler de quelle race était son molosse ? Ah oui, un labrador messieurs, dames !

On oublie que plus on stigmatise une race, plus on l’isole, on la muselle, moins elle se sociabilisera et plus elle sera dangereuse.

Cet homme, champion du monde d’obérythmée (Dog Dancing) se produit avec un adorable Border Collie (voyez plutôt la vidéo : http://www.dogdance.net/clips/chaplin.WMV ). Cette merveille d’animal devait être euthanasiée car mordeur… A se demander où est vraiment le problème non ?

On oublie que traiter les symptômes ne guérit pas la cause. Mais il faut croire que travailler en amont n’est pas le fort de notre gouvernement (ni des précédents). Si l’on commençait par interdire les animaleries, où l’homme achète un chien comme un sac Channel, sans réfléchir, sans connaître le « mode d’emploi » du canin, parce qu’il est siiiiiiiii miiiiignonnnnnn !!!! dans la vitrine et qu’il a l’air siiiiiiiiiiiiiiii triiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiste !!!!! Si l’on éduquait les maîtres (comme dans certains pays) en leur apprenant ce qu’est un chien, comment agir et le traiter, l’éduquer, en prendre soin et faire preuve de civisme lorsqu’on le promène. Si l’on apprenait aux enfants également comme dans certains autres pays, en invitant des comportementalistes canins dans les écoles, à agir avec un chien, ce que le chien supporte et craint, à lire le langage corporel du chien (je baisse les oreilles car tu m’ennuies, laisse-moi, j’en ai assez), comment réagir en cas « d’attaque » (se coucher en boule en se protégeant le visage de ses bras).

Et de ces propriétaires de chiens qui s’insurgent mais ne travaillent pas plus en amont que leur gouvernement, et cautionnent les animaleries (« mais si, y’en a des biens !!! »), font reproduire leurs chiens en croisements incertains, achètent des chiens issus d’origine inconnue (parce que c’est moins cher), laissent courir librement leur toutou adoré en ville et qu’importe si des passants ont leur phobie (« sont cons ! Il est gentil mon chien, ahahahahaha ! »), les traitent comme leurs bébés, se font appeler « papa » et « maman » et s’amusent de leurs petits défauts de comportement…

Et ces parents que je croise régulièrement en sortant mes bouledogues français, qui jettent littéralement leurs enfants (de deux/trois ans à peine) sur eux pour qu’ils les caressent, parce que ce sont de petits chiens et qu’ils ont l’air gentil ? Ou d’autres (et je vous jure que c’est du vécu) qui en nous voyant passer menacent leurs enfants en plein caprice d’un « arrête de pleurer ou ce chien te mangera !!! », bravo !

Oui La Vilaine est en colère, car tout pourrait être si simple avec un peu d’intelligence et de réflexion….

Petite mise à jour suite à la parution dans LE MONDE d’un article enfin sensé : @import url(http://medias.lemonde.fr/mmpub/css/blog.css);

Le dressage d’un chien est indispensable
LE MONDE | 02.10.07

© Le Monde.fr

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De l’illogisme gouvernemental

août 22, 2007 · No Comments

Je m’étais jurée d’attendre et de voir. D’attendre et de voir ce que notre nouveau Président allait accomplir. Je ne voulais en aucun cas faire de procès d’intention, j’espérais même en mon for intérieur qu’il me surprendrait heureusement, car je suis belle joueuse. Je me suis exprimée, j’ai voté, j’ai donc attendu un peu, mais là, je palpite, je sautille, je trépigne, il faut que je l’ouvre…

 Sacrifier à l’économie l’éducation de nos enfants (oui, bon, je sais, je n’en ai pas, et alors ?) ? Je ne suis pas une fervente admiratrice de la fonction publique, des fonctionnaires dont l’utilité de certain est plus que discutable, à mon sens, nous n’en manquons pas. Mais les profs ?! Leur utilité est plus qu’évidente, les besoins ne sont déjà pas comblés, les classes surchargées (déjà en mon temps) où il n’est même plus possible de parler de sacerdoce tant il devient impossible de dispenser une éducation valable, le taux de l’illettrisme français est plus qu’honteux pour un pays développé (je m’arrache les nattes tous les jours rien qu’en lisant certains posts sur mon forum), les lycées et collèges manquent de profs, de surveillants et j’en passe. Et on supprime des postes dans cette branche ? Joyeuse tartufferie !  Sans doute que ces « messieurs les Ministres » n’ont-ils jamais essuyé leurs fonds de culotte sur les bancs de l’éducation publique, sans doute payent-ils de charmantes écoles privées à leurs chérubins dans des quartiers huppés, et ignorent-ils tout de la réalité ? Et en filigrane, dans un coin de ma tête ressurgit « Entre les murs » de François Bégaudaud, ils devraient le lire, nos hauts fonctionnaires, peut-être comprendraient-ils (quoique) un peu mieux ce qu’est une journée de prof, ce qu’est un collège, un lycée de la vraie vie des vraies petites gens…  

On tente d’effrayer la mémé du quartier en lui montrant de méchants délinquants au treize heures, on lui met de jolis hommes en uniforme saillant pour qu’elle comprenne qu’on s’occupe de protéger son sac à bandoulière en croco, on contrôle, on arrête, on sanctionne, et pis c’est tout. Rien en amont et on s’étonnera, on s’offusquera de cette délinquance. Et on revotera sur la base de la peur. 

Et pendant ce temps-là, au Venezuela, un programme d’éducation par la musique (l’Orchestre des Jeunes Simon Bolivar)rsauve les jeunes de la délinquance, jeunes qui viennent de s’envoler pour Londres avec des étoiles plein les yeux, afin de se donner en concert comme des grands. Parce qu’au Venezuela il n’y a pas beaucoup de sous mais qu’il y a la compréhension du monde, ils savent que c’est par l’éducation que naît l’espoir.    

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Bonne fête Rose !

août 22, 2007 · No Comments

« Demain nous fêterons les Roses ! » annonce d’une voix enjouée la présentatrice à la fin de son bulletin météorologique (pluvieux). Tressaillement ! Coïncidence ultime ! Je viens tout juste de quitter Rose, petite narratrice de quinze ans qui en paraît la moitié, toute petite chose à l’esprit torturé, qui s’occupe de ses lapins élevés sur le toit de son immeuble.

J’ai rencontré Rose par hasard, en flânant dans ma librairie favorite. Le titre du livre (« Déloger l’animal »), l’illustration choisie par l’éditeur (Babel), m’ont convaincue d’emmener ce petit bouquin dans l’antre de ma gibecière. Je ne connaissais pas l’auteur (Véronique Ovaldé), je n’ai pas lu le résumé (en même temps, je ne lis plus les résumés depuis « Belle du Seigneur » et la révélation que j’ai eu en découvrant que le résumé ne résumait absolument pas le livre, et même le desservait), je n’ai pas feuilleté les pages pour en extraire quelques lignes au hasard du vent créé par mes doigts agiles, je n’ai pas lu la première page pour qu’elle me livre l’essence du roman. Comme on pourrait se jeter sur un beau gosse plein de promesses de luxure, j’ai acheté ce livre animalement, c’est son physique qui m’a attiré. Ouhhh ! Voilà un achat bien superficiel ! Certes mais quelle heureuse décision !

Rose fait tourner son imagination au départ de sa mère (Rose aussi), elle virevolte entre fantasme et réalité, entre imagination enfantine et grandiloquence adulte, entre mensonge et vérité.

Parce que Rose mange parfois ses lapins et s’en délecte (« ne croyez pas que cela me rendît triste. Ca me permettait de rester pour toujours avec eux »), parce qu’elle est paranoïaque, un peu schizophrène et qu’elle est soignée dans un institut, parce qu’elle ressemble à une enfant de sept ans, elle est attachante. Les pensées de cette petite héroïne sont truculentes. Parce que son imaginaire est surdéveloppé, parce qu’elle est futée, son récit est allégorique et spirituel. Rose écoute le sable fabriquer les dunes et se brûle à la lumière de la vérité et grandit.

Et moi, je quitte Rose avec une once de regret, comme on quitte une amie avec qui on aurait bien cheminé encore quelques kilomètres… Alors merci et bonne fête Rose !

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